Il est des hommes qui ont marqué l’histoire de l’aéronautique en inscrivant à leur palmarès des raids et des records mondiaux. 

Paul Codos, dans les années 30, au sommet de la gloire, est adulé par les autorités de notre planète, civiles ou militaires et des hirsonnais. Très vite, il passe dans l’oubli. Défaillance de la mémoire ?

Paul Joseph Codos est né le 1er mai 1896 à Iviers (Aisne) du déclarant Paul Charles Oscar Codos, originaire de Morgny-en-Thiérache, cultivateur, et de Marie Marthe Varlet d’Iviers. Dans les années 20, Mme veuve Marie Marthe Codos quitte son exploitation agricole d’Iviers. Elle s’installe à Hirson. Sa fille Thérèse ouvre une boutique de lingerie-mercerie 94, rue de Charleville [Charles de Gaulle]. Paul Codos est, selon sa fiche de recensement en mairie, un citoyen hirsonnais de 1919 à 1946. Dans un premier temps, il demeure 38 rue de la Capelle [8 mai 1945] face à l’Ecole Supérieure Professionnelle des garçons, puis chez sa sœur Thérèse et son pied à terre, à Paris 18ième.

Portrait de Paul Codos

© Jean-Paul Arnoul

En 1947, Mlle Thérèse, femme effacée, très estimée mais combien frêle, abandonne son commerce. Sur les conseils de son frère Paul, elle se retire à l’âge de 54 ans, à l’orphelinat de la fondation Savart à Saint-Michel-en-Thiérache. En 1960, l’Institution ferme ses portes. Thérèse n’a pas le choix, elle s’installe à Paris 16ème. En 1981, elle ferme les yeux.

© Jean-Marie Gérard

Engagé sur tous les fronts

Quant à Paul Codos, le cadet d’une fratrie de cinq enfants, fils de paysan Thiérachien, il exerce un premier métier, celui d’ouvrier typographe à la Fère. Cet emploi est de courte durée. Le 8 septembre 1914, à ses 18 ans, il passe par le bureau de recrutement de Saint-Quentin. Il s’engage [matricule 338] pour la durée de la guerre 14-18. Il est incorporé dans le 24ème régiment d’artillerie comme 2ème canonnier-servant. Le 14 novembre 1914, il se retrouve en première ligne sur le front de Verdun et de la Somme. Il reçoit une citation à l’ordre de l’armée : “Brigadier téléphoniste plein de zèle et d’entrain dans son service. Le 17 mai 1916, au moment d’un réglage par avion, son poste ayant été bombardé par deux obus s’est mis de suite à l’œuvre pour rétablir, sans souci des projectiles qui tombaient autour de lui, donnant ainsi un bel exemple d’initiative, de sang froid et du mépris absolu du danger.”

Les pieds dans la gadoue, la tête dans les nuages, une idée le poursuit : Il sera aviateur. “J’avais assisté, dit-il, aux prouesses des avions de commandement, de réglage, de chasse. Je savais que lorsque les équipages revenaient de leur mission une vie humaine, douce et chaude, les attendaient. Certes, des risques. Notre sort n’était pas plus favorable. De plus, j’étais cloué au sol, à demi asphyxié par les gaz, dégoûté de cette terre qui envahissait et qui sentait la mort. Vivre ou mourir en plein ciel me paraissait facile. Quelle tentation pour une âme ardente que le combat singulier !”

© Bruno Parmentier

Il fait une demande de mutation. Il essuie un refus de sa hiérarchie. Les jours, les mois passent, notre thiérachien ne baisse pas les bras. A la huitième tentative, il obtient un avis favorable. Le 25 novembre 1917, Paul Codos est appelé à se transporter à la Division. Il est détaché au 1er groupe d’aviation. En passant l’examen de culture générale, il annonce à l’examinateur qu’il est typographe. – Ah ! Vous êtes topographe. Parfait, mon ami, les cartes n’auront pas de secret pour vous.

Le commandant confond typographe et topographe… Peu importe, une carrière de pilote-aviateur se dessine. Le 30 novembre 1917, Paul Codos rejoint Istres, puis l’école d’aviation de Nieuport à Miramas où il s’initie au pilotage acrobatique sur “la Grosse Julie”. En janvier 1918, son brevet de pilote en poche, il espère passer en escadrille. En vain ! L’Armistice du 11 novembre est signé. L’occasion de montrer ses aptitudes ne se présente pas. Le 29 août 1919, le Maréchal-des-Logis Codos, est démobilisé et c’est l’attente.