Empreinte du dernier acte

Le 2 août 1983, Charles Eyck à l’âge de 86 ans s’éteint en la demeure familiale de Ravenbos. Ses obsèques se déroulent dans l’église saint Joseph des travailleurs à Meerssen. Il a été pour cet édifice cultuel “l’architecte” qui en a dessiné les plans. Sur le pourtour de l’église en brique, on remarque plusieurs signes distinctifs de la main du maître : poisson, agnelet et autres figurines. Sur l’espace d’enceinte, une sculpture de femme serrant un enfant dans ses bras.

Charles Eyck repose en paix ainsi que son épouse Karin dans le cimetière proche, Sur la stèle de marbre noir aucun artifice, seulement sa signature en lettres d’or. Une empreinte qui marque d’un signe le dernier acte.

En conclusion : C’est intentionnellement que j’ai évité de faire comparaison à d’autres Ecoles de peintures ou sur les techniques de grands maîtres, contemporains ou non. Je laisse le soin à plus érudits d’assurer cette relation.

Charles Eyck avait une école et une technique : Celle d’être lui-même, marginal parfois et rebelle à ses heures. Il avait son style. Il ne recherchait pas les honneurs mais une toile vierge sur laquelle il exprimera ses émotions, celles qui viennent du cœur et de l’esprit voire par sa croyance du Créateur qui conduit sa main : “Je suis un non-initié à la conversation. Dans une pareille situation, je joue un rôle passif.”

Lors d’une tournée de conférences audiovisuelles en hollande en 1976 sous la houlette de l’Alliance française à Paris, Marc Blancpain (natif de Nouvion en Thiérache), j’ai eu cet honneur à Maastricht de compter à la projection privée : Charles Eyck. Il était bon spectateur mais à regret, pas auditeur. Il dira : “J’ai appris à écouter le son des couleurs.”

Je terminerais avec l’article d’Alain Fournier, journaliste à Hirson et sa pipe légendaire entre les dents qui écrivait en 1973 à propos de mon montage audiovisuel sur les peintures de Charles Eyck: “On peut être croyant ou incroyant, on peut être athée ou pratiquant, on peut être ” snob ” ou ” collet monté “, bref de tous les milieux, de tous les âges et de toutes opinions philosophiques ou religieuses, comme de toutes classes sociales. On n’aura à la fin de la projection qu’une seule et même opinion : cela vaut d’être vu et entendu. Cela sort de l’ordinaire.” Merci Alain, toi qui recherche l’information dans un autre univers.

Jacky Billard

La suite en images avec la Galerie photo de Jacky Billard sur les fresques et peintures murales de l’église de Jeantes