Présentation
Wimy s’étend dans l’ancienne Thiérache, à une quinzaine de kilomètres de Vervins. Le village a longtemps relevé de la châtellenie d’Hirson, dont il suivait la justice par la prévôté. Ses seigneurs, de tout temps vassaux de Guise, ont marqué son histoire jusqu’à la Révolution.
Étymologie
Le nom apparaît en 1138 sous la forme Wimi, dans le cartulaire de l’abbaye de Saint-Michel, puis Vuimi (1142), Wymi (1241, cartulaire de la seigneurie de Guise), Wimiacum (1244), Wymiacum et Wymy (1335), avant de se stabiliser en Wimy. Morlet propose une origine en *Vimiacus, formé sur le gentilice Vimius, lui-même non attesté par ailleurs.
Antiquité
En contrebas du village, au lieu-dit les Warennes, sur une terrasse de l’Oise, des sondages archéologiques menés à l’automne 2000 — à l’occasion des travaux du gazoduc reliant La Flamengrie à Logny-les-Aubenton — ont mis au jour des structures gallo-romaines : des murs en calcaire taillé, disposés à angles droits en assises régulières, ainsi qu’une cavité au sol aménagé. Le calcaire taillé, selon la clé de lecture établie pour la région, signe des constructions exclusivement romaines ; l’ensemble évoque une villa rustica ou une dépendance agricole, sans que cette interprétation soit définitivement tranchée. Le rapport d’opération n’a jamais été publié — seul le bilan scientifique du Service régional de l’archéologie de Picardie (2000) en atteste. Cette occupation antique de la terrasse fluviale, antérieure de plus d’un millénaire aux premières mentions écrites du village, suggère que Wimy, établi en position haute, pourrait succéder à un habitat plus ancien installé près de l’eau.
Histoire
En 1241, Gauthier, sire d’Avesnes et seigneur de Guise, affranchit les habitants de Wimy des tailles et corvées, moyennant une rente annuelle de 34 livres. Ce même Gauthier avait fondé une chapelle à Hirson en 1234 : l’affranchissement de Wimy s’inscrit dans une politique seigneuriale plus large, documentée par plusieurs sources indépendantes.
Le village est le berceau d’une lignée d’ecclésiastiques remarquable. Raoul de Wimy est mentionné comme seigneur dès 1166. Gobert de Wimy devient abbé de Bucilly vers 1273-1274 ; il y défendit les droits de son abbaye face à Jean de Châtillon et fut inhumé dans le chœur, près de la stalle du prieur. Un second Gobert de Wimy, probablement de la même famille, dirigea l’abbaye de Foigny de 1380 à sa mort en 1416, y rétablissant la discipline et réduisant la taxe abbatiale. Jean de Wimy, enfin, devint abbé de Belval en 1439. Trois natifs d’un même petit village élevés à la tête de trois abbayes : la coïncidence dit quelque chose de la vitalité de Wimy au bas Moyen Âge.
Les seigneurs de Guise restèrent suzerains de Wimy sans interruption jusqu’à la Révolution, où ils semblent avoir directement repris la seigneurie en main.
Patrimoine
L’église Saint-Martin, patron confirmé par Melleville, compte parmi les églises fortifiées de la bande nord de la Thiérache, en lisière du Hainaut — une architecture propre à la région qui mérite un traitement à part entière plutôt qu’un simple repère ici.
Elle doit beaucoup à un homme : Pôl Verschaeren, curé de Wimy du 7 août 1955 jusqu’à sa mort en 2001, qui assura simultanément les paroisses d’Effry, Mondrepuis, Luzoir et Ohis. Passionné d’histoire locale et de toponymie, il conduisit avec la municipalité la restauration de l’église fortifiée en 1964, ce qui lui valut son inscription à l’Inventaire des Monuments Historiques. Il publia plus d’une vingtaine d’ouvrages sur la Thiérache, le dernier consacré à Wimy même.
Le hameau de Quiquengrogne accueillit l’une des plus anciennes verreries connues de la région : fondée vers 1293, elle jouit d’une réputation — que la tradition orale elle-même reconnaît comme non sourcée avec précision — d’être la plus ancienne mention de verrerie à bouteilles en France. Elle ne connut, dit-on, aucune interruption de production jusqu’à sa fermeture peu après 1910, malgré une tentative de relance en 1894 par la verrerie Schmitt de Valenciennes. Ses bâtiments furent rasés dans la seconde moitié du XXe siècle ; il n’en reste rien aujourd’hui.
Personnalités
Gobert de Wimy, abbé de Bucilly (v. 1273-1274) puis, sous le même nom, abbé de Foigny (1380-1416) ; Jean de Wimy, abbé de Belval (1439) ; Pôl Verschaeren (1919-2001), curé de Wimy pendant plus de quarante ans et historien de la Thiérache.
Sources
- MATTON, Auguste, Dictionnaire topographique du département de l’Aisne, Laon, Société académique de Laon.
- MELLEVILLE, Maximilien, Dictionnaire historique du département de l’Aisne, 1865.
- MORLET, Toponymie de la Thiérache.
- PAINCHART, Benoît, « La Thiérache : terre industrieuse, mémoire verrière », Éclats de Verre, n°8, GENVERRE.
- « Pôl Verschaeren curé de Wimy en Thiérache », Terascia, 2012 (renseignements André Delabre, maire honoraire de Wimy).
- « Le réseau routier gallo-romain en Avesnois Thiérache », Terascia (O. Laffitte), citant le Bilan scientifique SRA Picardie 2000, p. 47 — sondages Wimy « Les Warennes », resp. P. Le Guen, dir. technique G. Billand (AFAN).