Jean Mermoz, le célèbre aviateur, né à Aubenton le 9 décembre 1901 et disparu dans l’océan Atlantique le 7 décembre 1936, était une figure légendaire de l’Aéropostale et surnommé l’« Archange ». Christian Libes-Mermoz, petit cousin de Jean Mermoz et président de l’association « Mémoire de Mermoz » retrace son histoire.
Les origines thiérachiennes
Jean Mermoz était un enfant et homme de Thiérache, descendant d’une branche savoyarde venue dans les années 1780 pour travailler le bois dans nos forêts. La famille Mermoz, dont est issu Jean Mermoz, a fait souche à Mont-Saint-Jean (02) et son environnement. Jean naquit le 9 décembre 1901 dans une chambre du Lion d’Or, relais pour voyageurs de commerce à Aubenton (02) dont ses parents sont les propriétaires et gestionnaires. Il est conduit, deux ans après sa naissance, chez ses grands-parents maternels, Mr et Mme Gillet retraités vivant à Mainbressy (08) : à 15 kms d’Aubenton. Dans l’environnement paternel direct se trouvent deux oncle et tante instituteurs comme le sont aussi, du côté maternel, le couple de la sœur de sa mère. L’École Primaire terminée, Jean Mermoz est inscrit au Collège Professionnel d’Hirson (02) car il est intéressé par la mécanique.

La Grande Guerre et ses bouleversements
Lors des vacances de 1914, les grands-parents Gillet, sur une carriole chargée au maximum, rejoignent Reims en catastrophe pour prendre le dernier train et se retrouver à Paris. Ils ont à choisir entre la Bretagne et le Cantal. Aurillac est leur choix ; ils y retrouveront quelques Ardennais et vivront, là, plus de quatre ans dans des conditions matérielles difficiles. Entré au lycée local, Jean fera une bonne scolarité.
À l’été 1917, sa mère, qui était restée à Charleville ou Mainbressy occupées, réussit à revenir en France grâce aux accords passés par la Croix-Rouge (les Ardennes étant un département entièrement occupé par les troupes allemandes). Elle retrouve son fils et ses propres parents à Aurillac ; puis revient, avec Jean, à Paris où elle a trouvé un travail comme infirmière à l’Hôpital Laënnec. Jean est inscrit au Lycée Voltaire et y laissera le souvenir d’un bon élève doué pour les lettres. Il est reçu au baccalauréat 1ère partie ; et échoue à la seconde en juillet 1919.

L’expérience militaire en Syrie
Après quelques hésitations, recherches et échecs, Jean opte, sur le conseil d’un blessé de guerre soigné par sa mère, pour un Devancement d’Appel. Incorporé en juillet 1920 au 34e Régiment d’Aviation du Bourget, ses « classes » terminées, il est envoyé à l’École Militaire d’Istres le 29 octobre. Sont bien loin les belles vallées arrondies de Thiérache tachetées de prés et verts bosquets comme les croupes plus vives et dures d’Aurillac ! La Crau lui semble un désert de galets attristé par les îlots noirs des cyprès. Là, sur vieux Caudron réformés, il assiste, au cours de sa formation, à la chute mortelle de plusieurs autres élèves ; lui-même verra son avion s’écraser deux fois et s’en sortira avec quelques fractures.

Breveté — N° 18096 — le 21 février 1921, Jean Mermoz est muté à la 54e Escadrille et débarque à Beyrouth en Syrie. Changement total de vie, d’actions et d’amitiés ; et première aventure. En mars 1922, pilotant un Bréguet 14 secondé par un mécanicien, Mermoz doit se poser suite à un début d’incendie. Bertrand le mécanicien est blessé à l’atterrissage. 4 jours de souffrances dues à la soif, aux douleurs, à l’angoisse et à l’aide à apporter au mécanicien blessé ! Écroulés l’un sur l’autre dans le sable aride, ils sont sauvés par un peloton de méharistes ! Au contact des réalités, le Caporal Mermoz va beaucoup apprendre et se perfectionner. Après 18 mois de présence et avoir obtenu le grade de Sergent et une citation « Très bon pilote plein d’allant et toujours volontaire pour les missions difficiles ; s’est particulièrement distingué en effectuant avec succès de nombreuses et difficiles évacuations sanitaires » ; il rentre, atteint de paludisme, pour terminer son temps à la Base de Nancy et sera libéré le 25 juin 1924. Après quelques mois de chômage et vie heurtée et difficile à la recherche d’un emploi à Paris, une nouvelle tranche de vie va commencer.
L’Afrique : le baptême du désert
Le 25 mars 1924, Jean Mermoz est libéré de son engagement militaire et rendu à la vie civile. Fort du dynamisme et de l’enthousiasme de la jeunesse, nanti de son expérience des vols en territoire insoumis et d’un pécule de libération, il pense trouver, de droit et rapidement, un poste de pilote dans l’une des compagnies aériennes qui, au lendemain de la Guerre, tentent leur chance. Or il traversera un peu plus de trois mois en de vaines recherches d’emplois au travers de la solitude et de la précarité après l’épuisement de son pécule (confection d’enveloppes — cascade sur avion Sopwith sur l’Oise…) cela jusqu’au 14 octobre, date où il reçoit un courrier de la CGEA/LAL le convoquant à Toulouse pour une éventuelle embauche. Reçu par Didier Daurat, ancien As de la Guerre et Directeur de l’Exploitation, il doit faire montre de ses qualités de pilote par un essai conventionnel qu’il émaille de figures acrobatiques et de réponses vaniteuses lui attirant l’opinion de Daurat : « Mauvais caractère : on vous dressera. »

Les Lignes Latécoère
Embauché, il est affecté plusieurs mois à la mécanique pour apprendre les moteurs, leur montage, démontage, réglage et entretien. Et c’est le véritable envol en janvier 1925 par une affectation sur la ligne Toulouse-Barcelone. Vols par tous les temps sur de robustes Bréguet 14, lents, sans aucun des appareils élémentaires d’aujourd’hui et ouverts aux vents et pluies. Très rapidement, Mermoz se fait remarquer par son audace, son courage et sa conscience professionnelle.
Le 25 mai, à Alicante, une forte tempête balaie le ciel ; le pilote chargé du courrier refuse de partir. R. Berjaud, Chef d’Escale, le remplace ; accompagné de son mécanicien et d’un passager, il s’envole et s’écrase immédiatement en flammes. Mermoz prend la suite, décolle et rejoint Malaga. À Barcelone où il vit, il devient rapidement un pilote exemplaire au sens aigu du devoir tout en étant, en même temps, bon vivant joyeux et sportif ! Retrouvant son ancien camarade de régiment Guillaumet, il lui conseille de rejoindre, en 1925, les Lignes Latécoère. Il est nommé le 2 mars 1926 à Casablanca et décide de s’y installer. Là, il revoit les horizons, la chaleur, et le sable de Syrie.

Cap Juby et les dangers du désert
Sa première aventure africaine a lieu le 27 mai ; parti de Casablanca le 22 pour Dakar, le Bréguet de Mermoz et Ataf son interprète Chleuh, vole normalement jusque Agadir. Il est accompagné par un second Bréguet piloté par Eloi Ville. Après trois heures de vol de concert, les deux avions pénètrent dans un banc de brume épaisse. Ils s’écartent et se perdent. Le moteur du Bréguet de Mermoz tombe en panne et oblige le pilote à se poser en bord de mer. Après une nuit d’attente de secours qui ne viendront pas, les deux hommes prennent la direction du sud croyant rejoindre Cap Juby ; après 30 kms, ils font demi-tour et repartent vers le nord, sans plus de succès jusque retour à leur avion. Assoiffés et déshydratés, ils boivent l’eau du radiateur de l’avion qui leur déclenche d’atroces douleurs abdominales ; nouveau départ et choc avec une tribu Maure qui les fait prisonniers et les libérera le 27 contre rançon. Retour en France pour un premier congé chez sa mère infirmière à Lille.

Tragédies sur la Ligne
Fin août 1926, Mermoz, remis de sa convalescence, est affecté à Cap Juby, petit poste perdu sur la côte du Rio de Oro entre Agadir et Villa Cisnéros. Vie aride, confort inexistant mais vols fréquents. Un peu d’ennui donne envie d’aller voir ailleurs ; aussi propose-t-il ses services à la CIDNA pour un éventuel poste sur l’Orient. Le courrier est glissé, par étourderie, dans une enveloppe adressée à Daurat ! Celui-ci, compréhensif, passe l’éponge ; et se noue, entre les deux hommes, une estime mutuelle fort utile. Le 17 octobre, Georges Pivot et Marcel Reine tombent aux mains des Maures pour une semaine de captivité. Le 11 novembre, deux autres Bréguet (Eugène Gourp/Lorenzo Pintado et Henri Érable/Ataf) sont contraints de se poser. Assaillis par une bande de Maures, Érable et Pintado sont tués ; Gourp, blessé gravement à la cuisse, est ligoté sur un chameau et emmené jusque Casablanca où il décèdera dans d’atroces souffrances en arrivant. Mermoz et Ville, partis de Cap Juby à leur recherche, auront plus de chance ; car bien que posés en raison d’une panne de l’avion de Ville, celui-ci a le temps de sauter dans l’avion de Mermoz ; et c’est sous les balles qu’ils redécollent. Cette tragédie a marqué les pilotes de la Ligne d’autant plus que les cadavres d’Érable et Pintado gisent toujours dans les sables près la carcasse de leur avion. Ordre a été donné par le colonel espagnol, responsable du territoire, de ne pas tenter de les récupérer. Ayant obtenu dérogation à cet ordre, Mermoz, le 15 octobre 1927, découvre le site du drame, s’y pose ; et ne retrouve rien sauf une mèche de cheveux d’Érable. Il la récupère et ira, plus tard, la remettre à la mère du pilote.
L’année 1927 se termine bien pour Mermoz car il sait que Daurat l’enverra bientôt en Amérique du Sud. Il est revenu à Toulouse et a en charge les essais des nouveaux modèles de la Sidal. L’idée de la traversée de l’Atlantique Sud est dans l’air. Et, pour cela, Mermoz doit se familiariser avec le nouveau Laté 26-2R baptisé « Spirit of Montaudran ». Accompagné par Élisée Négrin, copilote, Mermoz réussit, le 11 octobre, une belle et grande performance : 4 270 kms en 22 h 30 !

L’Amérique du Sud et la conquête des Andes
Le 15 avril 1927, Pierre-Georges Latécoère vend 93 % des parts de la CGEA à Marcel Bouilloux-Lafont, homme d’affaires, banquier, installé au Brésil et à la vision géopolitique hors du commun (grands programmes de construction au Brésil et en Argentine — liaisons ferroviaires — routes — ports). La Ligne France-Amérique du Sud et Amérique du Sud-France est officiellement ouverte le 17 mars 1928 par Mermoz et consiste en des tronçons successifs courus par avion, par hydravion et par aviso. 14 jours pour le premier parcours total ! Mermoz, qui n’a accepté le titre de Chef Pilote sous les ordres de Pranville qu’à la condition de pouvoir voler, impose le vol de nuit le 16 avril 1927 en faisant Rio-Buenos Aires de 04 à 20 h ! Il rencontre le 28 juin à Buenos Aires Gilberte Chazottes, sa future épouse, et en tombe amoureux. Le projet de traverser l’Atlantique Sud par voie aérienne est dans l’air du temps ; mais un débat entre Mermoz, partisan des « avions à roulettes » plus rapides et légers, et les Services Officiels, ainsi que quelques constructeurs, fait pencher la balance pour l’hydravion ; et un des premiers décrets du Ministère de l’Air nouvellement créé est d’interdire la traversée de l’Atlantique aux avions !

Un parcours semé d’embûches
En août 1928, Mermoz, Collenot et Pranville, sur Laté 26, subissent une panne de moteur au-dessus de la forêt tropicale du Paraguay ; ils réussissent à se poser dans une clairière ; mais, pris pour des espions, ils sont arrêtés ! Libérés, il faut démonter le moteur, retourner en chercher un autre par transport en chariot à bœufs au travers la forêt et bateau à fond plat sur rivières. 14 jours et 150 arbres à couper et déraciner pour faire une piste d’envol sommaire ! Le 19 octobre, le vol de nuit dans le sens Rio-Natal est instauré par Mermoz et A. Bédrignans. Le 21 novembre, c’est l’ouverture de la route de Santiago : accompagné de A. Collenot son mécanicien, Mermoz sur Laté 25, s’envole de Buenos Aires et rejoint d’une traite réussie Mendoza au pied des Andes. Ils repartent le lendemain matin et atterrissent sur l’aérodrome militaire de Santiago. Retour plus rapide puisque décollage de Santiago à 05 h 15, arrivée à Mendoza à 07 h 05 pour finir à Buenos Aires à 16 h 50 ! D’où la note du rigoureux et exigeant Daurat : « Excellent Chef d’Aéroplace, très intelligent et équilibré. Pilote d’élite, modèle de courage, de dévouement et modestie. Fait ses étapes régulièrement et simplement, parfaitement discipliné. Par son exemple, a su entraîner les autres pilotes pour vaincre les difficultés de la Ligne. Nous lui devons notre régularité. »

Aventures au Chili
Le 3 mars, Mermoz et Collenot emmènent un passager illustre — le Comte de la Vaux, Président de la Fédération Internationale — de San Antonio Oeste à Plaza Huincul pour préparer le saut des Andes. Et c’est la catastrophe ; une nouvelle brutale est transmise : Mermoz a disparu dans les Andes depuis trois jours ! Or, partis le 3 de Plaza Huincul, Mermoz et ses deux compagnons, sur Potez 25, ont pris la direction de Valdivia pour rejoindre le Pacifique. Engouffrés dans les cols andins, leur moteur s’arrête. Mermoz repère un faux plat et atterrit. L’avion ne s’arrête pas et continue vers le précipice. Mermoz sort de la carlingue, saute au sol et réussit, à bout de bras, à faire dévier et bloquer l’avion. Collenot répare le moteur.
Après un gros effort physique pour aménager une piste sommaire, c’est l’envol pour le Chili. Pour le retour, le 9 mars, sans le Comte de la Vaux, Mermoz et Collenot optent pour la recherche d’une route par le nord. Pris dans des vents contraires, l’avion, à 4 000 m, ne peut leur échapper et se trouve plaqué brutalement sur le sol d’un plateau de pierres. Constatant les graves détériorations du train d’atterrissage et de l’empennage, les deux hommes décident l’abandon de l’appareil et de tenter la descente à pied. Au bout de quelques centaines de mètres, confrontés aux difficultés, aux chutes dans les trous de neige, harassés, Mermoz et Collenot retournent à l’appareil et décident de tenter la réparation. Trois jours d’efforts par l’habile Collenot aidé de Mermoz, de difficultés, d’opérations de fortune, de saignements de nez et aussi l’obligation de hisser l’avion au sommet du plateau. Mermoz lance le moteur et, le plateau étant trop court, l’avion doit sauter une crevasse, continuer de rouler sur le plateau suivant et s’envoler au troisième rebond ! Les durites éclatent à nouveau obligeant un long vol plané pour arriver, enfin, sur le terrain de Copiapó.
À la mi-juillet 1929, le courrier est assuré entre Buenos Aires et Santiago. Daurat est arrivé pour une inspection le 14 juin ; il embarque, en tant que passager, sur un Potez 25 piloté par Mermoz. L’appareil avec un plafond de 6 000 m est supérieur aux Laté 25 et c’est un vol sans histoire. Daurat donne mission à Mermoz de former Guillaumet, lequel aura, ensuite, la responsabilité de cette Ligne nouvelle. L’amitié, l’estime et le respect liant les pilotes sont démontrés le 16 août par l’accident mortel frappant le pilote argentin Pedro Ficarelli, ami de Mermoz. P. Ficarelli, aux commandes d’un Laté 26, heurte une colline et se tue près d’Asuncion. Mermoz se fait prêter un avion par Aéroposta Argentina, va chercher le cercueil de son ami et le ramène à Buenos Aires. Arrive, enfin, l’année 1930 illustrée dans l’histoire de l’aéronautique par les exploits de Mermoz, de l’Aéropostale et par les débuts d’Air France…
La traversée de l’Atlantique Sud
Le record du monde
L’année 1930 commence par un succès français. Marcel Bouilloux-Lafont, le patron de l’Aéropostale, charge le pilote Paul Vachet d’organiser l’annexe vénézuélienne de l’Aéropostale. Et le décret d’application du contrat paraît à Caracas le 30 janvier. Jean Mermoz, lui, revient de Buenos Aires à Bordeaux par le paquebot Lutétia où il se lie avec un prêtre pendant la traversée. Arrivé le 10 février, il reçoit, en mars, le nouvel Laté 28 monomoteur de 600 chevaux auquel on a ajouté deux flotteurs et élargi la surface alaire. Il passe brillamment son Brevet de Pilote d’hydravion sur l’étang de Berre et teste son hydravion. Formidable démonstration puisqu’il s’adjuge, le 13 avril à Marignane, le Record du Monde de distance pour hydravion : 4 308 kms ! Cela avec le navigateur Jean Dabry et le radio Géo Gimié. L’hydravion Laté 28, baptisé Comte de la Vaulx en hommage au Président de la Vaulx disparu en vol, est prêt pour la grande traversée et, avec son équipage du Record, rejoint le 4 mai Saint-Louis du Sénégal. Envolé le 12 mai à 10 h 56, le Comte de la Vaulx, Mermoz, Dabry et Gimié et le courrier arrivent à Natal au Brésil le lendemain 13 mai à 09 h 20 après 3 173 km ! Cette traversée, racontée d’une façon magistrale par Kessel, puis reprise par tous les auteurs ayant écrit sur Mermoz, était suivie par le Phocée et le Bemtevi équipés de postes de radio à ondes courtes et de radiogoniomètres ; ce qui constitue un exploit technique.

Un accident tragique
La presse française, dont Match, et la presse sud-américaine chantent à l’unisson la réussite et louent sans retenue les trois hommes. D’autant plus que l’aventure continue pour les sacs de courriers car, repris par Guillaumet et son Potez 25, ils sont emmenés jusque Santiago au Chili. Malheureusement, un accident tragique endeuille l’enthousiasme et illustre l’esprit chevaleresque des pilotes français de l’Aéropostale. En effet, le pilote Élisée Négrin, ancien du désert, le radio Pruneta et le Directeur Julien Pranville, suivis de deux passagers brésiliens, décident de s’envoler de Buenos Aires pour rejoindre Mermoz sur la route de Natal. Pris dans le brouillard, ils sont précipités dans le Río de la Plata. Tous meurent noyés sauf l’un des deux passagers à qui les pilotes ont remis, spontanément, les seuls deux coussins pneumatiques de survie !
Le retour de l’hydravion chargé de courrier et son équipage sera, lui, beaucoup moins brillant. Fixé le 8 juin, l’hydravion, en 3 jours et 35 tentatives d’envol, refuse de quitter le plan d’eau ! À l’injonction du Ministère de l’Air, un ingénieur est envoyé de Paris pour renforcer les flotteurs ; l’un d’entre eux ayant tendance à s’enfoncer. Et au 53e essai (!), l’hydravion déjauge et s’envole enfin, en direction de l’Afrique. 900 km après l’envol, une fuite d’huile amène une chauffe anormale du moteur et oblige à la pose de l’appareil sur un océan fort agité. Prévenu par radio, l’aviso Phocée est arrivé sur les lieux ; il recueille les trois hommes et le courrier. Malheureusement, le Comte de la Vaulx s’enfonce du côté du mauvais flotteur et disparaît dans l’océan.

Le Laté 28-8 et le mariage
L’année, avec ses bonheurs et malheurs, n’est pas terminée pour Jean Mermoz. Il se marie le 25 août à Paris avec Gilberte Chazottes, jeune fille rencontrée en Argentine. Bouilloux-Lafont est son témoin. Cinq jours après — oui, cinq jours après son mariage — Mermoz est à Toulouse où il poursuit les essais du Laté 28-8, avion construit dans le but de battre des records de distance et de durée de vol. À 1 100 mètres d’altitude au-dessus de Capens, village de Haute-Garonne, l’avion se disloque ! Mermoz, trop large d’épaules, ne peut sortir du cockpit ! Il lui faut attendre la destruction complète de la cabine pour être éjecté et pouvoir ouvrir son parachute ; chute rapide car les débris de l’appareil en tombant crèvent la voilure du parachute et l’arrivée au sol est brutale. Fort heureusement, c’est un oncle de sa jeune femme qui passait par Capens en voiture qui le recueille et l’emmène à la clinique de Toulouse !
L’automne sera meilleur puisque, aidé de son ami Vova de Martinoff, ancien officier de la garde impériale russe avec qui il a noué amitié lors de son voyage en paquebot vers le Brésil, Mermoz achète une petite merveille : un Potez 36 fabriqué à Méaulte en Picardie. Ce qui va lui permettre de faire des visites surprises à ses amis et aux aéroclubs régionaux sans oublier ses grands-parents de Mainbressy et amis de Rocquigny.
1932 sera l’année de l’Arc-en-Ciel de l’ingénieur René Couzinet.
Christian Libes-Mermoz
Chers Amis de Terascia,
Originaire de Thiérache, j’ai été élevé à Mainbressy, ai fréquenté l’École publique jusque l’Exode de 1940 et suis revenu à chaque vacances scolaires. Plus tard, j’ai repris la maison familiale jusqu’à sa revente dans les années 70. Permettez-moi aujourd’hui de vous présenter l’association « Mémoire de Mermoz » dont les buts principaux sont de défendre et illustrer le souvenir de Jean Mermoz et ses Compagnons des Lignes Aériennes Latécoère et Aéropostale.
Composée par quelques membres des familles des pionniers, des passionnés de l’histoire aéronautique française, des pilotes actifs et en retraite, des historiens et chercheurs, l’association « Mémoire de Mermoz » rassemble une équipe dont les liens principaux sont : la composition d’un Bulletin mensuel de liaison et informations — l’organisation de voyages commémoratifs sur les sites de l’histoire de Jean Mermoz — la présentation et tenue d’expositions avec conférences — les recherches sur le respect de l’histoire des Lignes Latécoère et Aéropostale et la transmission du vrai.
Elle est ouverte à tous les Amis de Thiérache qui peuvent, facilement, y adhérer en retournant le petit bulletin joint accompagné d’un chèque de 20 € à :
Mémoire de Mermoz — 15 allée A. Marquet — 95560 Montsoult.
Un accusé de réception, accompagnant le dernier Bulletin publié, sera retourné immédiatement.
Et, pour illustrer le Bulletin mensuel, informer et enrichir les connaissances de nos adhérents et amis, nous recherchons toutes pièces, photos ; tous documents ; et toutes archives concernant Jean Mermoz qui pourraient être retrouvés dans quelques greniers, armoires, ou archives oubliées. Photocopiés, ces documents publiés dans le Bulletin en citant leurs origines, vous seront immédiatement retournés.
Au plaisir de continuer à vous informer de l’histoire de Jean Mermoz.
Christian Libes-Mermoz
Président de « Mémoire de Mermoz »
Exposition itinérante Jean Mermoz proposée par l’association Mémoire de Mermoz.
Contact : c.libes@orange.fr