Jean-Baptiste-André Godin 1817 – 1888

Jean-Baptiste-André Godin

Grand industriel et sociologue. Né à Esquehéries, fils d’un modeste maréchal-ferrant de village, il entreprit à l’âge de 15 ans de faire son tour de France selon l’usage chez les fils d’artisans à cette époque.
Il commença par l’atelier de son oncle Moret, serrurier à Crécy en Prie près de Meaux. Il travaille ensuite dans différents ateliers à Meaux, Paris puis Bordeaux. Arrivé avec deux sous en poche à Toulon, reprend la route pour Montpellier, Marseille, Saint-Gaudens, Nimes, Lyon. Ouvrier accompli, il rentre à l’atelier paternel. Puis il s’établit à son compte comme fabricant de poêles.

Au lieu de les construire en tôle selon l’usage du temps, il les coule en fonte, et prend un brevet de fabrication. Le premier poêle Godin de ce genre fut vendu à Monsieur BERTRAND quincaillier à Etreux. Après un an, il en avait vendu une centaine et possédait 13 000 francs. Il commença à s’intéresser aux travaux d’un sociologue du nom de FOURRIER qui avait écrit un livre dans lequel il exprimait sa conception mutualiste du travail. Il envisageait la vie ouvrière comme une communauté de travail et de vie, tant à l’usine que pour la famille, chacune possédant ses appartements dans un immense complexe.

L’usine d’Esquehéries prospérait mais les communications avec ce village étant incommodes, Godin achète du terrain au Nord de la ville de Guise et y installa sa fabrique. Celle-ci prit de l’extension et ce n’était plus en une année qu’on vendait cent appareils de chauffage mais en un jour!

La fortune de son propriétaire devenait considérable. Bientôt son esprit positif constatant l’impossibilité de réaliser pleinement ce qu’avait conçu Fourrier, il retînt ce qui était réalisable, élimina ce qui n’était pas possible à l’ouvrier du 19° siècle et conçut les plans du Familistère. le premier pavillon débuta en 1859 pour loger 150 familles.

En 1865 un second pavillon fut terminé, puis un troisième et un quatrième ce qui porta le nombre de familles logées à 850 en ces bâtiments. C’était selon ses vues un palais social, avec boulangerie, épicerie, chantier de charbon, boucherie et même cuisine commune.

Celle-ci échoua bien vite devant le particularisme alimentaire des ménagères, celle-ci voulait des pâtes quand 1’autre désirait la soupe ! Pour les enfants on créa une école, plusieurs classes Pour les loisirs: Théâtre, harmonie, société de gymnastique, bibliothèque, jardins individuels. Un journal même avait été envisagé, mais il dut bientôt suspendre son tirage, la polémique ne faisait pas bon ménage avec les idées de Godin.

Mais le grand projet de celui-ci fut d’associer en 1880 le capital au travail de diverses manières. Homme de cœur, son oeuvre n’est pas parfaite, mais il a eu l’immense mérite de la faire naître et d’assurer un meilleur bien-être à une grande quantité d’ouvriers travaillant dans ses ateliers.

Transmission du capital aux membres actifs de la société

La répartition des bénéfices se fait au moyen des «parts d’épargne» ou parts de Capital distribuées à la fin de chaque exercice, proportionnellement aux bénéfices réalisés au cours de l’exercice et suivant les règles fixées dans les statuts. Ces parts sont des titres de commandite constatées par des certificats nominatifs. La cession même partielle d’un titre d’épargne est, en règle générale, interdite à tout membre de l’ Association tant qu’il y travaille. S’il quitte la Société, la cession peut être autorisée par le Conseil de Gérance. Le capital social, à l’origine propriété exclusive de GODIN, est passé progressivement entre les mains du personnel;

cette transformation s’est opérée de la manière suivante : Les apports statutaires du Fondateur (bâtiments, matériels, marchandises, brevets, etc…) furent, à la création de l’Association, évalués à quatre millions six cent mille francs et constituèrent le capital social originaire ; GODIN reçut un certificat d’apports du même montant. Supposons qu’après avoir défalqué les bénéfices du premier exercice, les amortissements et charges sociales, il soit resté un dividende de quatre mille francs environ. Ce dividende fut payé en espèces au Fondateur, mais son certificat d’apports fut diminué d’autant, et la somme ainsi remboursée fut transformée en titres d’ épargne distribués, suivant les statuts, entre les membres de la Société. Le capital se décomposait alors à la fin du premier exercice : En quatre millions deux cent mille francs d’apports de GODIN et en quatre cent mille francs de parts d’ épargne, soit au total quatre millions six cent mille francs.