Présentation
Sémeries est une commune du département du Nord, située dans l’arrondissement d’Avesnes-sur-Helpe et le canton de Fourmies. Le village se trouve en Avesnois, dans le parc naturel régional, traversé par l’Helpe Majeure, à une altitude variant de 148 à 222 mètres. Il comprend un important hameau, Zorées, situé à quatre kilomètres et demi du centre. Ses habitants sont appelés les Sémerisiens.
Étymologie
Le nom apparaît sous la forme Semeries en 1095 dans un acte de l’évêque de Cambrai Gaucher, puis Semeriis en 1151 dans le cartulaire de l’abbaye de Liessies, Emmeries en 1186 dans la liste de Jacques de Guise, et Semeries en 1203 dans le cartulaire de l’abbaye d’Alne. On relève aussi les formes Semery et Simry. La finale -ies est issue du suffixe gallo-roman -iacas, marqueur de propriété. Le hameau de Zorées, né vers 1200 du défrichement de la forêt, tire son nom des orées du bois.
Histoire
Dès 1069, Amaury de Croisilles, seigneur de Sémeries, donna divers biens à l’abbaye de Saint-Aubert, du consentement de sa femme Ermentrude. En 1095, l’alleu de Sémeries fut donné par Thierry d’Avesnes à l’abbaye de Liessies, qui conserva dans le village une ferme, un moulin et des droits féodaux jusqu’à la Révolution. En 1186, Sémeries formait une paroisse du décanat d’Avesnes.
En mars 1313, Perceval, sire de Sémeries, chevalier, figura parmi les témoins d’un acte par lequel Jean de Fossens cédait au comte de Hainaut la ville, le château et la terre d’Escaudœuvres. Sémeries était un lieu de haute et basse justice.
En 1340, le duc de Normandie, fils du roi Philippe de France, n’ayant pu prendre Le Quesnoy, se retira et brûla le village de Sémeries avec plusieurs autres. Le château fortifié du village, visible sur les Albums de Croÿ à la fin du XVIe siècle — un bâtiment à trois niveaux couvert d’un toit en pavillon, flanqué d’une tourelle et d’un corps de logis —, fut totalement détruit en 1757.
Au XIXe siècle, Sémeries devint un petit centre industriel. En 1847, la filature Meurisse Frères comptait 2 000 broches. Vers 1852, l’industriel Fostier y perfectionna les métiers continus alors en usage dans l’industrie textile. La commune disposait de cinq carrières de moellons et de deux moulins à eau, l’un sur l’Helpe Majeure, l’autre sur le ruisseau de Bacquit.
Patrimoine
L’église Saint-Rémy possède une tour fortifiée bâtie en 1617. L’intérieur conserve des fonts baptismaux en grès de 1585, de belles stalles du XVIIe siècle et un buste reliquaire de saint Rémi du XVIIIe siècle.
En face du portail, le « Dieu de pitié », érigé en 1543, abrite sous un toit hexagonal soutenu par quatre colonnettes une statue en pierre bleue représentant un ecce homo assis, couronné d’épines, les mains liées. Les inscriptions en caractères anciens indiquent : « Chi gisent vénérables Hubert Ducarne qui trespassa l’an 1543, le 23 août, et Pasque Demanet, sa femme. » Restauré en 1988, il est considéré comme l’un des plus beaux Dieu de Pitié de la région.
Héraldique
Les armes de la commune se blasonnent : d’argent à une hure de sanglier défendue du champ et lampassée de gueules.
Illustration photo Havang(nl)