Présentation

Fourmies est la capitale industrielle de l’Avesnois, traversée par l’Helpe Mineure dans un territoire à l’hygrométrie exceptionnelle. Village médiéval de la pairie d’Avesnes, dont le secteur était défendu par le fort du Trou de Féron et le fort de l’Écluse, elle connut une croissance spectaculaire au XIXe siècle — de 2 000 habitants en 1830 à 15 000 en 1890 — pour devenir le premier centre mondial de la laine peignée fine. Le 1er mai 1891, une fusillade lors d’une manifestation ouvrière fit dix morts et quarante blessés — épisode fondateur du mouvement social français.

Étymologie

Le nom de Fourmies apparaît dès le XIe siècle sous les formes Formeias, Formies, Furmies, avant de se fixer en Fourmies au XVIIIe siècle. L’étymologie précise reste discutée.

Histoire

Des origines médiévales à la domination espagnole

Des traces d’occupation gallo-romaine sont attestées à Fourmies. Au Moyen Âge, le village fait partie de la pairie d’Avesnes et est donné à l’abbaye de Liessies au début du XIIe siècle. Après les partages carolingiens, il suit le destin du Hainaut : domination bourguignonne (1436–1477), autrichienne (1477–1556) puis espagnole à partir de 1556.

Situé à l’extrême frontière du Hainaut, le secteur de Fourmies est défendu aux XVIe-XVIIe siècles par le fort du Trou de Féron, tenu par une garnison espagnole. En 1590, des protestants massacrent des ligueurs au lieu-dit la Tuerie, entre Mondrepuis et Fourmies. En mars 1638, Lambert, gouverneur de La Capelle, s’empare du fort et le bourg est incendié pendant le combat. La misère et la ruine sont le lot des habitants durant tout le XVIIe siècle. En 1659, le traité des Pyrénées rattache Fourmies à la France.

La verrerie, les étangs et les premières filatures (XVIIe–XVIIIe s.)

En 1599, la première verrerie du département du Nord est fondée au hameau de Monplaisir, sous la protection des princes de Croÿ-Chimay. En 1694, trois étangs sont creusés — les Étangs des Moines — pour alimenter les forges. En 1774, la première filature de lin est créée par Jean Staincg et Nicolas Legrand. Les fabriques de fil à dentelle puis les filatures de coton s’installent à la fin du XVIIIe siècle.

L’essor industriel du XIXe siècle

L’hygrométrie exceptionnellement élevée de la vallée de l’Helpe Mineure — régulièrement balayée par les pluies océaniques d’ouest en est — attire les industriels du textile. En 1825, Théophile Legrand fonde la première filature de laine. En 1828, la machine à vapeur fait son entrée. En 1869, le chemin de fer arrive. À la fin du XIXe siècle, Fourmies compte 37 filatures et est devenue la seconde ville française de la laine après Roubaix — voire le premier centre mondial de la laine peignée fine.

Le 1er mai 1891 — la fusillade de Fourmies

Le 1er mai 1891, lors d’une manifestation syndicale ouvrière pour la journée de huit heures, l’armée tire sur la foule : dix morts (dont plusieurs très jeunes) et quarante blessés. Cet épisode devient immédiatement un symbole du mouvement ouvrier et de la lutte pour les droits sociaux. Il reste l’un des événements fondateurs de la mémoire du 1er mai en France.

Le XXe siècle — du textile à la diversification industrielle

La fin de la Première Guerre mondiale amorce le déclin du textile. Fourmies se tourne vers la métallurgie, la plasturgie et l’électronique. Quelques jalons :

  • 1922 — Paul Genestin fonde les Automobiles Paul Genestin
  • 1957 — Bendix crée une unité de production de machines à laver et réfrigérateurs
  • 1976 — Eurocave (descendante de Bendix) produit caves à vin et climatiseurs
  • 1979 — Medtronic produit des électrodes de stimulation cardiaque externe
  • Agrati (visserie automobile), remorques Hubière, MNC…

Patrimoine

Étangs des Moines

Creusés en 1694 pour alimenter les forges, les Étangs des Moines sont aujourd’hui un espace de loisirs et de nature au cœur de la ville.

Musée du Textile et de la Vie sociale

Le musée de Fourmies conserve la mémoire de l’industrie textile et du mouvement ouvrier, avec une collection liée au 1er mai 1891.

Maison forestière de la Fontaine Al’Tuerie

En souvenir du massacre de 1590, la maison forestière de la Fontaine Al’Tuerie perpétue la mémoire de cet épisode sanglant.