Présentation
Petit-Fayt est un village de l’Avesnois, situé sur les bords de l’Helpe Majeure, à quelques kilomètres au sud-est d’Avesnes-sur-Helpe. Anciennement appelé Fayt-le-Château, il formait avec Grand-Fayt (Fayt-la-Ville) une seule commune jusqu’à leur séparation en 1845. C’est à Petit-Fayt que Wedric-le-Barbu, seigneur et fondateur d’Avesnes, bâtit un château au XIe siècle.
Étymologie
Le toponyme Fayt dérive du latin fagetus, formé sur fagus (le hêtre) — c’est un lieu-dit désignant un terrain récemment défriché dans une hêtraie. Le nom apparaît dès 921 dans un diplôme de Charles le Simple, qui affecte le village au service de la table des frères du couvent de Maroilles. L’appellation Fayt-le-Château distingue le site du château seigneurial (Petit-Fayt) de Fayt-la-Ville (villa = exploitation agricole, Grand-Fayt).
Géographie
Le village occupe un site bocager sur les bords de l’Helpe Majeure, dans le Parc naturel régional de l’Avesnois. Le château seigneurial se dressait sur une éminence entourée de bois, près de la rivière. Deux forts existaient sur le territoire des Fayts — un à Grand-Fayt, l’autre à Petit-Fayt — dont les ruines étaient encore visibles en 1789 ; les dernières traces ont depuis disparu.
Histoire
Des défricheurs de Maroilles au château de Wedric-le-Barbu
Le village de Fayt doit probablement son origine aux défrichements dirigés par saint Humbert, fondateur et abbé du monastère de Maroilles, ou par ses successeurs. En 921, Charles le Simple affecte à perpétuité au couvent de Maroilles le village de Fayt, où se trouvaient alors cinq manoirs avec leurs dépendances.
Le monastère ne conserve pas longtemps cette terre : vers le milieu du XIe siècle, elle est en possession de Wedric-le-Barbu, seigneur et fondateur d’Avesnes, qui y bâtit un château sur une éminence entourée de bois, près des bords de l’Helpe. C’est ce château qui donne au lieu son nom de Fayt-le-Château, futur Petit-Fayt.
Seigneurs et paroisse
En 1131, une charte de l’évêque Liétard de Cambrai confirme au monastère de Maroilles la possession de toute l’église de Fayt, avec neuf manses et cinq bonniers de pré. En 1186, Petit-Fayt (Fait-Villam) est une paroisse du décanat d’Avesnes — mais elle ne tarde pas à devenir une simple annexe de celle de Grand-Fayt.
Au XIIIe siècle, la terre de Fayt appartient à Philippe de Hainaut, seigneur de Sebourg et d’Angre, petit-fils de Baudouin l’Édifieur, comte de Hainaut. En 1333, le comte Guillaume de Hainaut signe le déshéritement d’un fief situé au Fayt, venant de Hue dit Allemans, et son adhéritement au profit du sire de Chin et de Busigny.
La séparation des deux Fayts
Pendant des siècles, Grand-Fayt et Petit-Fayt ne forment qu’une seule commune. Ils ne sont séparés qu’en 1845. Une ordonnance du 20 décembre 1847 érige Petit-Fayt en succursale paroissiale, mais la direction spirituelle reste confiée au desservant de Grand-Fayt.
Patrimoine
Du château de Wedric-le-Barbu et du fort de Petit-Fayt, il ne reste aucune trace visible — les dernières ruines avaient disparu après 1789. Le village conserve son église et son monument aux morts, témoins des conflits du XXe siècle.
Sources
« Ce lieu formait autrefois deux villages, l’un nommé Fayt-la-Ville ou Grand-Fayt, et l’autre Fayt-le-Château ou Petit-Fayt. » — Bulletin de la Commission historique du département du Nord, 1866
Illustration photo Chatsam