Présentation

Dimechaux est un village ancien de l’Avesnois, situé au nord-ouest de Solre-le-Château et à une dizaine de kilomètres au nord-est d’Avesnes-sur-Helpe. Attesté dès 921 sous la forme Didincicas, traversé par la Solre, il conserve une église antérieure à 1600 et une pierre tombale de 1317. Le plateau de Souvergeaux, sur son territoire, a servi de camp militaire à plusieurs reprises entre 1793 et 1832.

Étymologie

La plus ancienne forme connue, Didincicas (921, diplôme de Charles le Simple), ne se laisse pas interpréter aisément. Les formes médiévales — Dimencel (1202), Dimeneeal (1208), Dimenchial (1211), Dymenchial (1226), Dimecial (1299), toutes relevées dans le cartulaire de l’abbaye d’Alne — pourraient évoquer un diminutif de Dimont, commune voisine. Jacques de Guise donne la forme Dimechiel. L’évolution vers Dimechaulx puis Dimechaux est régulière.

Géographie

Le village est traversé par la Solre, dans un paysage de vallons boisés et de prairies humides typique de l’Avesnois. Il est desservi par le chemin vicinal de grande communication n° 27 (Maubeuge à Solre) et le chemin d’intérêt commun n° 106 (Dimechaux à Solrinnes). Le plateau de Souvergeaux, au nord du village, offre un vaste espace plat qui en fit un site de campement militaire naturel. Les lieux-dits recensés en 1866 comprenaient Souvergeaux, les Champs de la Vamelle, le Tilleul, Fontenelle, la Ferme de la Couture et le Pont des Bêtes.

Histoire

Une donation carolingienne (921)

En 921, Charles le Simple, roi de France, fit don à l’abbaye de Maroilles d’une manse avec ses dépendances située dans ce village. C’est la plus ancienne mention connue de Dimechaux. En 1186, le village formait une paroisse du décanat de Maubeuge ; il fut administré plus tard par le curé de Dimont. L’abbaye d’Alne y possédait des biens et le droit de morte main. La seigneurie directe appartenait aux seigneurs d’Avesnes. Avant la Révolution, Dimechaux relevait de la prévôté de Maubeuge.

Le plateau de Souvergeaux — de Wattignies au siège d’Anvers

Le plateau de Souvergeaux a servi de camp militaire à plusieurs reprises. Le 16 octobre 1793, il fut le théâtre de combats intenses lors de la bataille de Wattignies. Vers 13 heures, les Français y bousculèrent les Autrichiens, gravissant les escarpements sous une pluie de balles et de boulets. La victoire fut acquise grâce à trois colonnes convergentes — celle de Jourdan par le sud, celles du général Duquesnoy par l’est — et Souvergeaux se trouvait précisément sur l’axe oriental tenu par Duquesnoy. Pendant l’occupation russe de 1815-1818, les troupes russes y établirent un camp, visité par plusieurs souverains. En 1832-1833, une partie de l’armée française commandée par le maréchal Gérard — celle qui prit part au siège de la citadelle d’Anvers (décembre 1832) — y séjourna sous des baraques, sur un terrain alors encore inculte. Les ducs d’Orléans et de Nemours, fils de Louis-Philippe, assistèrent à plusieurs reprises aux manœuvres et passèrent les troupes en revue. Le roi Louis-Philippe lui-même traversa l’Avesnois en 1833, au retour du siège. De grandes manœuvres eurent lieu sous la direction du maréchal Gérard, en présence de nombreux officiers belges — période de tension diplomatique liée à l’indépendance de la Belgique.

Patrimoine

Église Saint-Maurice

L’église Saint-Maurice, construite avant 1600, conserve au pied du maître-autel la dalle funéraire de Jean de Courtrai, chevalier mort le 3 août 1317, et de Catherine son épouse — dalle à effigies gravées en creux, classée monument historique en 1922. L’épitaphe en picard porte : « Chi gist messire Jehans de Courtrai chevalier qui trespassa en l’an de grace M CCC et XVII trois jours en aoust ». Les registres de l’état civil remontent à 1659.

Sources historiques

  • Bulletin de la Commission historique du département du Nord, t. IX, 1866, p. 176-177 — notice communale
  • Mossay (J.), « L’occupation russe de 1815-1818 dans l’arrondissement d’Avesnes » et « Les grandes manœuvres au camp de Dimechaux en 1833 », in Mémoires de la Société archéologique et historique de l’arrondissement d’Avesnes, t. XVI, 1936, p. 56-63 et 67-68
  • Base POP/Palissy, notice PM59000383 — dalle funéraire de Jean de Courtrai (1317), classée MH le 25/10/1922

Illustration photo Chatsam