Clairfayts – 59740

Présentation

Clairfayts est un village de l’Avesnois, frontalier avec la Belgique, au cœur du Parc naturel régional. Son nom, issu du latin Claro Fageto, désigne une clairière dans la hêtraie — témoignage de son origine par défrichement. Village d’un exceptionnel intérêt patrimonial, il conserve une église du XVIe siècle aux mobiliers classés et une chapelle du XVe siècle abritant une Vierge romane. Il fut le théâtre d’affrontements lors de la percée de Rommel en mai 1940. La commune comptait 357 habitants en 2023.

Étymologie

Le nom de Clairfayts vient du mot fayt (picard : le hêtre) et de clair : clairière dans la hêtraie. La forme latine Claro Fageto (1334) confirme cette étymologie limpide — le village est né d’un défrichement au cœur des grandes forêts de l’Avesnois.

Géographie

La commune est traversée par plusieurs ruisseaux — Orbay, Franoye, Fontaine-Saint-Liénard, Riamé — qui alimentent les étangs de Clairfayts (0,9 ha). Le territoire associe terres labourables, prairies et bois importants, dans un paysage de bocage typique de l’Avesnois. Clairfayts est frontalière avec la Belgique.

Le hameau d’Épinoy, autrefois commune distincte, est rattaché à Clairfayts en 1825.

Histoire

Origines médiévales — l’abbaye de Liessies

Au Moyen Âge, Clairfayts dépend du décanat de Maubeuge et est étroitement lié à l’abbaye de Liessies, qui y possédait terres, rentes et droits seigneuriaux. La seigneurie compte parmi ses figures notables Jean de Clairfayts (1334), vassal du roi de Bohême comte de Hainaut, et Michel de Sars, prévôt de Maubeuge au XVe siècle. Le village conserve les traces d’une maison forte, dite la Cour, avec ses fossés et son puits.

La Première Guerre mondiale

Les Allemands arrivent à Clairfayts le 25 août 1914. Le village reste en zone occupée jusqu’en novembre 1918.

Rommel à Clairfayts — mai 1940

Le 15 mai 1940, le général Rommel à la tête de la 7e Panzerdivision est retenu à Cerfontaine (Belgique) car son flanc nord est encore tenu par les troupes françaises. Le 16 mai, il reçoit l’autorisation d’avancer vers l’ouest. À 15h15, ses chars atteignent Sivry. Arrivé au bureau de douane de Clairfayts, un groupe de reconnaissance essuie le feu nourri des fortins de Riamé et de la Perche à l’Oiseau. Rommel est également marqué par l’explosion des mines de la place d’Épinois. Plusieurs chars allemands sont détruits avant que les défenseurs du 84e Régiment d’Infanterie de Forteresse ne capitulent devant des forces très supérieures. Une stèle à Clairfayts rappelle cette héroïque défense.

« Dans ses mémoires, Rommel dit redouter le passage de la ligne Maginot prolongée. Une ligne de blockhaus construite en 1936–1937 s’étire tout le long de la frontière belge jusqu’à la mer. » — Wikipedia, Clairfayts

Patrimoine

Église de la Conversion-de-Saint-Paul (1556)

Édifiée vers 1556 en brique et pierre, à l’initiative de Louis de Blois, réformateur de l’abbaye de Liessies, l’église conserve un mobilier exceptionnel :

  • Une tribune-chaire du XVIe siècle, provenant de Liessies
  • Un calice et une monstrance-reliquaire du XVIe siècle
  • Une croix-reliquaire (1560) contenant un fragment de la Vraie Croix
  • Une cloche de 1502, classée Monument historique
  • Des tombes de la famille de Croy-Solre (XIXe–XXe siècles)

Chapelle d’Épinoy (1472)

Perchée sur un piton rocheux, la chapelle d’Épinoy est un chef-d’œuvre du gothique tardif, construite en 1472. Elle abrite une Vierge à l’Enfant en bois polychrome datée de l’an 1200 — l’une des plus anciennes de toute la région. Le calvaire d’Épinoy complète ce site remarquable.

Mémorial des Passeurs

Un Mémorial des Passeurs honore la mémoire de ceux qui, durant les deux guerres mondiales, aidèrent des soldats et civils à franchir la frontière belge.

Chapelles

Un grand nombre de chapelles et oratoires sont dispersés sur le territoire : chapelle Huart (Notre-Dame-de-Carpe), Notre-Dame-de-Grâce, Notre-Dame-de-Lourdes, Notre-Dame-de-Walcourt, chapelle-potale à Épinoy, chapelle du Cromboulie, chapelle de la Loupette.

Héraldique

Le blason de Clairfayts : « D’argent à la croix d’azur. » Ces armes sont identiques à celles de la commune de Croix (Nord), dont le territoire fut administré par le comte de Clairfayts jusqu’à la Révolution française.

Pour aller plus loin