Présentation

Dourlers est l’un des villages les plus anciens de l’Avesnois, traversé par l’aqueduc romain qui alimentait Bavay en eau de source. Attesté dès 1083, il fut le théâtre d’un épisode célèbre de la bataille de Wattignies (1793) et conserve des vestiges romains, un château restauré et un hospice du XVe siècle. Au cœur du Parc naturel régional de l’Avesnois, il est traversé par la Tarsy.

Géographie

Dourlers est traversé par la Tarsy, affluent de la Sambre, et par la vallée de la Braquenière. Le territoire est marqué par les prairies, les haies bocagères et les vallons boisés typiques de l’Avesnois. L’aqueduc romain traversait le village en direction de Bavay, enjambant la vallée de la Braquenière sur un pont dont subsistent des vestiges.

Histoire

L’aqueduc romain — le mur des Sarrasins

Le territoire de Dourlers était traversé par un aqueduc romain alimentant Bavay (Bagacum) en eau potable depuis la fontaine de Floursies (devenue fontaine Saint-Éloi au XIe siècle). L’aqueduc franchissait la vallée de la Braquenière sur un pont romain. Le principal vestige — un mur large d’un mètre et s’élevant à deux mètres, situé près du cimetière — est appelé depuis le Moyen Âge le mur des Sarrasins. Le nom de Quartes donné à Pont-sur-Sambre exprime à l’origine le croisement entre la Sambre et cet aqueduc.

Le château et la seigneurie

Un château médiéval existait à Dourlers, probablement bâti sur un emplacement romain. Ruiné par les troupes du général Mansfeld en 1622, il fut reconstruit par Pierre Bady, architecte des bâtiments de Louis XIV. La seigneurie est tenue au XVIIIe siècle par la famille Bady : Antoine François Bady, grand bailli d’Avesnes, y est enterré le 4 août 1735. Son fils Antoine François Joseph Bady (1713–1780), également grand bailli d’Avesnes, nommé le 16 mars 1738. Saccagé en 1793, le château fut restauré au XIXe siècle par le marquis de Nédonchel.

La bataille de Wattignies — le tambour Stroh (15 octobre 1793)

Le 15 octobre 1793, Dourlers est le terrain d’un épisode célèbre de la bataille de Wattignies, opposant les troupes françaises aux Autrichiens. Le village change plusieurs fois de mains au cours de la journée. C’est ce jour-là, à côté de l’église, que le petit tambour Stroh, âgé de 15 ans, trouve la mort — dont Michelet a vanté l’héroïsme. L’enfant mourut avec aux lèvres les mots : « Vive la République. » Vingt-deux maisons furent incendiées par les obus autrichiens lors des combats.

Patrimoine

Église de l’Immaculée-Conception (1859)

Une église est attestée à Dourlers dès 1083, lorsque l’évêque Gérard de Cambrai en confie le bénéfice à l’abbaye d’Hautmont. L’édifice fut plusieurs fois remanié puis entièrement reconstruit en 1859 dans un style Renaissance, sous l’impulsion du marquis de Nédonchel.

Chapelle Saint-Julien — l’hospice du XVe siècle

Sur la route de Dourlers à Beugnies, la chapelle Saint-Julien est le vestige d’un hospice du XVe siècle — asile pour les pèlerins qui y trouvaient un lit et du pain pour une nuit. L’édifice fait l’objet depuis 2018 d’une campagne de sauvetage menée par les jeunes bénévoles du Club du Vieux Manoir.

Carrière de marbre

Dourlers possédait une carrière de marbre dit brèche du Hainaut, ayant quelque ressemblance avec la brèche d’Alep.

Kiosque à musique et château

Le village conserve un kiosque à musique de type kiosque à danser et le château de Dourlers, restauré au XIXe siècle, ainsi qu’un cimetière militaire au fond du cimetière communal.

Pour aller plus loin

  • Wikipedia — Dourlers
  • Club du Vieux Manoir — restauration chapelle Saint-Julien
  • Parc naturel régional de l’Avesnois