Présentation

Saint-Aubin est une commune du département du Nord, située dans l’arrondissement et le canton d’Avesnes-sur-Helpe. Le village se trouve en Avesnois, au cœur du parc naturel régional, à quelques kilomètres d’Avesnes-sur-Helpe. Il est traversé par la Tarsy. Ses habitants sont appelés les Saint-Aubinois.

Étymologie

Le nom apparaît dès 1089 sous la forme Sanctus Albinuus dans le cartulaire de l’abbaye de Marchiennes, puis Sanctus Albanus en 1105 dans celui de l’abbaye d’Hautmont, Saint-Aubin en 1133 et Saint-Aubain en 1186. La forme latine Albinus renvoie à saint Aubin, évêque d’Angers mort en 550, auquel l’église fut primitivement consacrée. Pendant la Révolution, la commune porta simplement le nom d’Aubin.

Histoire

L’église de Saint-Aubin formait dès 1186 une paroisse du décanat d’Avesnes. Au XIIe siècle, Odon, évêque de Cambrai, en confirma la possession à l’abbaye d’Hautmont avec les revenus de l’autel et sept manses de terre. Les religieux d’Hautmont demeurèrent collateurs de la cure et percepteurs de la dîme — de là le nom de « cense de la Dîme » donné à la ferme qu’ils possédaient sur les lieux.

Les seigneurs d’Avesnes avaient à Saint-Aubin un manoir féodal, mentionné dans un accord de 1199. Par cet acte, Gautier d’Avesnes, ayant fait ériger une chapelle dans ce manoir avec le consentement de l’abbé d’Hautmont, s’engagea à y entretenir un chapelain. L’abbaye conservait la dîme du croît des troupeaux et des produits du manoir.

Avant 1241, les chevaliers du Temple possédaient un autre manoir sur le territoire. Un acte de cette année témoigne d’un litige entre Bouchard d’Avesnes et Renaud, maître de la milice du Temple, au sujet d’un vivier et de terres acquises par l’ordre. À la suppression des Templiers en 1314, la propriété passa aux chevaliers de Rhodes, puis aux chevaliers de Malte en 1530. La « cense du Temple », avec ses murs épais, sa tour flanquante et sa chapelle romane du XIIe siècle pouvant contenir deux à trois cents personnes, conserve encore les traces de cette histoire. La chapelle, ornée de solives ogivales sculptées et d’un plafond jadis peint, servit longtemps de laiterie avant d’être transformée en grange en 1832.

Saint-Aubin et Dourlers ne formèrent qu’une seule commune jusqu’en 1725. Le village faisait partie de la terre du Sart-de-Dourlers, dont le moulin banal, très ancien, se trouvait au centre du village.

Lors de la bataille de Wattignies, les 15 et 16 octobre 1793, Saint-Aubin fut le théâtre de combats entre troupes françaises et autrichiennes. Les deux partis n’étaient séparés que par une rue dont les maisons furent alternativement prises et reprises. Les soldats français restèrent maîtres du village sans qu’aucun incendie ne résultât de cette vive collision.

Patrimoine

L’église, dont la nef remonte au XVe siècle et le massif clocher carré à 1500, possédait des abords fortifiés. Les collatéraux sont plus récents. La commune conserve également un oratoire Notre-Dame-de-Walcourt (1812), aux Bodelets.

Héraldique

Les armes de la commune se blasonnent : d’azur au chevron d’argent, accompagné en chef de deux étoiles à six rais du même et en pointe d’un soleil d’or.

Illustration photo Chatsam