Présentation
Village de l’ancienne Thiérache situé sur la Serre, Résigny relevait sous l’Ancien Régime de l’intendance de Soissons et des bailliage, élection et diocèse de Laon. Érigé en marquisat, il dépendait des châtellenies de Rozoy-sur-Serre et de Brunehamel. Sa paroisse était rattachée à la cure de Grandrieux.
Étymologie
Le nom apparaît sous la forme Lisiniacum en 867 dans un diplôme de Charles le Chauve (Doublet, Histoire de l’abbaye de Saint-Denis, p. 802), puis Resignis en 1405 (Trésor des chartes) et Rezigny en 1564 (titres de l’abbaye de Bonnefontaine, archives des Ardennes).
Selon Morlet, le toponyme est formé sur le gentilice romain Licinius, bien attesté en Gaule. Toutefois, la transformation de Lisiniacum en Résigny est qualifiée d’« anormale » par l’auteur, qui envisage une possible réfection par *Recinius (de Recius).
Géographie
Résigny s’étend sur environ 783 hectares le long de la Serre, entre Rozoy-sur-Serre et Brunehamel.
Histoire
Origines médiévales
En 1018, Hildegaud, seigneur de Rozoy, dote le chapitre collégial qu’il vient de fonder dans l’enceinte de son château de biens considérables, parmi lesquels le domaine de Résigny, qui devient un alleu du chapitre de Rozoy.
Seigneurs de Résigny
Melleville donne la succession des seigneurs : en 1480, Robert de Résigny, chevalier, et Jean son frère, écuyer ; en 1558, Antoine de Margival, seigneur dudit lieu et de Résigny ; en 1679, François le Picart, chevalier de Saint-Louis, mestre de camp de carabiniers, mort en 1713, époux de Marie de Fontaine d’Ivy.
Le hameau de Tran
Selon la tradition, le hameau de Tran occupe l’emplacement d’une ancienne ville ; on a découvert des vestiges d’habitations dans les terres voisines. Il existait à Tran une chapelle dédiée à saint Martin. La terre de Tran, comme celle de Gratreux, appartenait à l’abbaye de Bonnefontaine.
Économie ancienne
En 1760, le terroir comptait trois charrues, cent arpents de prés et cent soixante arpents de bois. Le sol, peu favorable au blé, orientait l’économie vers les bois, les prairies et les arbres fruitiers. En 1865, on comptait encore à Résigny plus de soixante métiers pour le tissage des étoffes de laine et de coton.
Patrimoine
Église Saint-Nicolas
L’église actuelle, dédiée à saint Nicolas, a été construite entre 1859 et 1862 sur les dessins de l’architecte Charles-Napoléon Pinguet-Védie.
Ferme seigneuriale dite la cense de Résigny
L’ancienne ferme seigneuriale, dite « la cense de Résigny », est recensée à l’Inventaire général du patrimoine culturel. Elle appartenait aux seigneurs de Vervins et dépendait en 1794 de l’hôtel-Dieu voisin. Certaines élévations — escalier demi-hors-œuvre, porche cintré — remontent au XVIIe siècle. La façade sur rue a été remontée en 1750, date portée en brique vernissée.
Sources historiques
Marie-Thérèse Morlet, « La toponymie de la Thiérache », Revue internationale d’onomastique, 1953-1955. — Auguste Matton, Dictionnaire topographique du département de l’Aisne, 1871. — Maximilien Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne, 1865, t. II. — I. P. Mien-Péon, Le canton de Rozoy-sur-Serre, 1865. — Inventaire général du patrimoine culturel, notice IA02000404 (ferme seigneuriale).
Illustration photo Havang(nl)