Présentation

Petit village de la Thiérache axonaise, Renneval relevait de la châtellenie de Montcornet sous l’Ancien Régime. Sa seigneurie, partagée en deux moitiés rattachées à cette châtellenie dès 1383, témoigne d’un maillage féodal dense dans cette partie du Vermandois thiérachien.

Étymologie

Le nom est attesté sous la forme Raineval en 1220 (cartulaire de l’abbaye de Saint-Denis), puis Rayneval en 1317, Reneval en 1340 (Trésor des chartes, reg. 55), Raineval en 1405, Reyneval en 1531 (collation des bénéfices du diocèse de Laon), Raynneval en 1571 (chambre des comptes de la Fère), Rainevalle en 1675, Rennevalle en 1684 et Reineval en 1687 (état civil, tribunal de Laon).

Selon Morlet, le toponyme dérive de Ragani vallis ou Ragini vallis, composé du nom d’homme germanique Raganus ou Ragino et du nom commun roman vallis (vallée) : le « val de Ragan ».

Géographie

Renneval se situe entre Rozoy-sur-Serre et Montcornet, dans le paysage ondulé de la Thiérache de l’Aisne.

Histoire

En 1383, la moitié de la seigneurie de Renneval faisait partie de la châtellenie de Montcornet, et l’autre moitié en relevait également. Le village appartenait au canton de Montcornet en 1793, avant d’être rattaché à celui de Rozoy-sur-Serre en 1801.

Les sires de Renneval

La figure la plus marquante de la maison de Renneval est Raoul II, chevalier et sire de Renneval, qui servit les rois de France Jean II le Bon, Charles V le Sage et Charles VI. Présent à Paris en avril 1360 lors du siège mené par le roi d’Angleterre, il accompagna souvent le roi dans ses voyages et fut l’un des douze chevaliers désignés pour gouverner le royaume durant la démence de Charles VI. Son sceau portait une croix chargée de cinq coquilles, un casque couronné surmonté d’une tête de dragon volant, avec la légende « Raoul de Renneval, pannetier de France ».

Renneval et la Hollande

La déclaration du 29 décembre 1698 permettait aux protestants fugitifs de rentrer en France et de reprendre possession de leurs biens, à condition de vivre dans la religion catholique. Jean-Charles de Renneval, ancien porte-étendard des gardes du corps du roi, profita de cette permission et abjura le protestantisme. Blessé et ne pouvant plus servir, il se retira sur sa terre de Renneval où il vécut sans alliance.

En 1708, il abandonna de nouveau la France pour cause de protestantisme. Ses biens furent séquestrés et mis en régie le 28 juillet 1709. Il mourut à Voorburg, près de La Haye.

Son frère François, comte de Renneval, était passé au service des Provinces-Unies et commandait les troupes entretenues dans la colonie de Surinam. Il avait épousé le 26 mai 1702 Anne-Élisabeth de Glimmer, d’une famille patricienne d’Amsterdam.

Patrimoine

Église Notre-Dame

L’église Notre-Dame de Renneval est un édifice des XVIe et XVIIe siècles qui conserve une porte d’entrée en plein cintre moulurée attribuée au XIIe siècle. Son chevet fortifié, flanqué de deux tours percées de meurtrières et surmonté d’une salle de refuge équipée d’une bretèche, l’inscrit dans la série des églises fortifiées de Thiérache. Le chœur est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 24 octobre 1927.

Sources historiques

Marie-Thérèse Morlet, « La toponymie de la Thiérache », Revue internationale d’onomastique, 1953-1955. — Auguste Matton, Dictionnaire topographique du département de l’Aisne, 1871. — I. P. Mien, Le canton de Rozoy-sur-Serre, 1865. — Base Mérimée, notice PA00115883 (église Notre-Dame).

Illustration photo René Hourdry