Présentation

Village de l’Avesnois méridional, Prisches s’étend sur un vaste territoire de 2 323 hectares entre les vallées de la Sambre et de l’Helpe Majeure. Rattaché à la terre et pairie d’Avesnes avant la Révolution, le village doit sa notoriété historique à la charte-loi de 1158, l’une des plus anciennes franchises accordées dans le comté de Hainaut.

Le paysage est celui du bocage avesnois : prés, pâtures et terres labourables se partagent un terroir où l’élevage bovin et la fabrication du fromage de Maroilles constituent depuis longtemps les activités dominantes.

Étymologie

Le nom apparaît sous des formes variées au fil des siècles : Prices en 1169 (cartulaire de l’abbaye de Maroilles), Perices en 1174 (charte de Jacques d’Avesnes), Prichez en 1186 (Jacques de Guise, Annales du Hainaut, XII, 339), Prisches en 1237 (bulle du pape Grégoire IX), Priches en 1290 (cartulaire de l’abbaye de Maroilles), Prisch en 1299 (testament de Hugues Ier de Châtillon), Prisse en 1648 (Vinchant, Annales du Hainaut).

Géographie

Le territoire communal, l’un des plus étendus de l’Avesnois, se répartit en terres labourables, prés et pâtures, avec quelques bois résiduels. Plusieurs hameaux ponctuent ce vaste finage : Lignières, Les Vallées, Malgarni, Le Pas de Vache, La Comtée, Heruart, Le Grand Béart et Le Petit Béart.

Le hameau de Lignières (Liniecis en 1131, charte de l’évêque de Cambrai Liétard) est attesté dès le VIIe siècle comme dépendance de l’abbaye de Maroilles.

Histoire

Origines médiévales

Vers 670, une ferme située au hameau de Lignières est donnée par Odran, seigneur de Chimay, à l’abbaye de Maroilles, qui possédera par la suite diverses propriétés en ce lieu. En 1186, Prisches est mentionné comme paroisse du décanat d’Avesnes. Un petit hospice y soignait vieillards et infirmes au Moyen Âge.

La charte-loi de 1158

L’événement majeur de l’histoire de Prisches est l’octroi, en 1158, d’une charte-loi par la seigneurie d’Avesnes. Ce texte de franchises fixe les droits et devoirs réciproques des paysans et de leur seigneur. La charte de Prisches est considérée comme l’une des premières du genre dans le comté de Hainaut et servit de modèle à une trentaine d’autres seigneuries du Hainaut et du Vermandois.

Léo Verriest en a donné une étude détaillée dans la Revue belge de philologie et d’histoire en 1923. En 1958, la commune a érigé un monument commémoratif pour le 800e anniversaire de cette charte.

Personnalités ecclésiastiques

Jean de Prisches fut nommé en 1311 abbé du monastère de Vicogne.

Guerres et destructions

Le village fut presque entièrement détruit et abandonné lors des guerres entre Charles Quint et François Ier. Prisches ne retrouva pas immédiatement sa prospérité : en 1787, le duc d’Orléans y percevait encore le terrage et des rentes.

En 1794, les troupes autrichiennes commirent à Prisches les plus horribles excès : bestiaux enlevés, habitants massacrés, village incendié. Plus de 200 maisons furent détruites dans cet épisode.

Patrimoine

Église Saint-Nicolas

L’église Saint-Nicolas a été bâtie en 1550. Elle conserve des parties des XVIIIe et XIXe siècles, et son chevet date du XIXe siècle. On signale les restes des retranchements qui entouraient cet édifice au Moyen Âge — témoignage d’un dispositif défensif comparable à celui des églises fortifiées de Thiérache.

Chapelles et calvaires

La chapelle Sainte-Marie a été construite en 1776. Le village conserve également un calvaire Cochet du XIXe siècle.

Bâtiments civils

Un hôpital est mentionné dès 1701, avec des constructions au XIXe siècle. La mairie est un édifice du XIXe siècle.

La pierre des Vallées

Au hameau des Vallées, à demi enfouie dans un carrefour, se trouve une pierre longue d’un mètre dix centimètres, large de quatre-vingt-dix centimètres et épaisse de trente centimètres. Une ancienne tradition locale y voit un autel druidique — attribution invérifiable mais témoignage d’une mémoire populaire attachée au mégalithisme.

Monument de la Charte

Un monument commémoratif a été érigé en 1958 pour le 800e anniversaire de la charte-loi de 1158.

Personnalités

Charles Louis Laurent Boyaval, né à Prisches le 11 janvier 1736, cultivateur et administrateur du département du Nord, est élu en septembre 1792 député à la Convention nationale — douzième et dernier élu du Nord.

Économie ancienne

Au XIXe siècle, le terroir de Prisches vivait principalement de l’élevage bovin et de la fabrication du fromage de Maroilles. Les cultures comprenaient le blé, l’épeautre, le méteil, le seigle, l’orge, l’avoine, les fèves, le colza, le lin, le houblon et les pommes de terre. On comptait un moulin à eau, deux moulins à vent et deux brasseries.

Sources historiques

Bulletin de la Commission historique du département du Nord, 1866 (texte numérisé, Gallica). — Annuaire statistique du département du Nord, 1838 (texte numérisé, Gallica). — Léo Verriest, « La fameuse charte-loi de Prisches (Ancien Hainaut) », Revue belge de philologie et d’histoire, t. 2, n° 2, 1923, p. 327-349. — Geneawiki, fiche Prisches (patrimoine bâti). — Wikipédia, « Charles Louis Boyaval ».

Illustration photo Hektor