Présentation

Noircourt est un village discret de la Thiérache, sur la rive droite du Hurtaut, situé à 35 kilomètres au sud d’Hirson. Son nom — Nigra curtis, la cour noire — plonge directement dans le Moyen Âge. Son église Saint-Nicolas, l’une des plus belles de la région, conjugue pierre calcaire blanche du XIIe siècle et brique rouge des XVe–XVIe siècles, et abrite des fresques contemporaines de l’artiste néerlandais Henk Beeckman (1964). En 1883, Noircourt céda une partie de son territoire pour créer la commune du Thuel. Son patron est saint Nicolas.

Étymologie

Le nom dérive du bas latin nigra curtis — la cour noire — désignant probablement un domaine agricole dont les bâtiments de bois et de torchis étaient assombris par le temps et la fumée. Les formes médiévales sont cohérentes sur ce point.

Histoire

La scission de 1883 — naissance du Thuel

En 1883, Noircourt céda une partie de son territoire pour créer la commune du Thuel. À la veille de cette séparation, le village comptait encore plus de 400 habitants — une vitalité démographique aujourd’hui oubliée.

La ligne de chemin de fer (1909–1947)

De 1909 à 1947, Noircourt fut desservi par une ligne secondaire reliant Asfeld à Montcornet via Dizy-le-Gros (44 km). Reprise pour le trafic betteravier par la sucrerie de Montcornet jusqu’en 1961, la gare est aujourd’hui disparue.

Patrimoine

Église Saint-Nicolas — pierre blanche et brique rouge (inscrite MH 1932)

L’église Saint-Nicolas est l’une des plus belles de Thiérache. Sa singularité tient au mariage de deux esthétiques : la pierre calcaire blanche des parties basses (XIIe–XIIIe s.) et la brique rouge des fortifications des XVe–XVIe siècles. Deux hautes tours de guet en encorbellement flanquent le porche occidental, offrant un angle de tir de 270°. Deux autres tours en pierre flanquent le transept ; une tour ronde borde le côté nord. L’ensemble est inscrit aux Monuments historiques depuis 1932.

L’intérieur conserve un maître-autel en marbre provenant de l’abbaye des Prémontrés de Chaumont-Porcien (Ardennes), et les fresques et vitraux de Henk Beeckman (1964), artiste néerlandais qui figura la Création du monde — mariage saisissant entre l’écrin médiéval fortifié et l’art sacré contemporain.

La cloche Élisabeth (1602)

La cloche originelle de 1602 portait l’inscription : + ELISABETH SUIS NOMMÉE PAR DAMOISELLE ELISABETH DE MARGIVAL DAME DE NOIRCOURT 1602. Fendue, elle fut refondue en 1857 et baptisée Marie Euphémie.

Illustration photo Havang(nl)