Présentation
Lesquielles-Saint-Germain est un village de l’ancienne Thiérache, attesté dès 1133, dont le nom évoque les joncs et roseaux qui bordaient autrefois ses cours d’eau. Village gardien des reliques de sainte Grimonie — recueillies lors d’un incendie de La Capelle au Moyen Âge — il conserve des fonts baptismaux du XIe siècle classés Monument historique. Sa gare, active de 1875 à 1950, avait la particularité d’accueillir deux lignes à deux écartements de voie différents.
Étymologie
Selon Marie-Thérèse Morlet, Lesquielles dérive d’un Liskaria — formé sur le nom commun germanique liska : jonc, laîche (plante de la famille des cypéracées). Phonétiquement, Liskaria aurait dû donner Lesquières ; le toponyme a été contaminé par scala (échelle), d’où la graphie actuelle. Saint-Germain est un hagiotoponyme — probablement une référence à Germain le Scot. Homonymes : La Lechère (Isère, Ain), Leschères (Haute-Marne).
Histoire
Gardien des reliques de sainte Grimonie
Lors d’une guerre médiévale, le village de La Capelle fut livré aux flammes. Des habitants sauvèrent les reliques de sainte Grimonie et les confièrent à Lesquielles, qui conservait déjà les reliques de sainte Preuve de Laon — la compagne écossaise de Grimonie selon la tradition. Le village devint ainsi gardien d’un double trésor hagiographique.
La gare aux deux voies (1875–1950)
De 1875 à 1950, Lesquielles-Saint-Germain possédait une gare dans le bas du village (aujourd’hui rue de la Gare, transformée en habitation) avec la particularité d’accueillir deux lignes à deux écartements différents : la ligne à voie métrique (1 m) de Bohain à Guise, et la ligne à voie normale (1,435 m) de Laon au Cateau. Ces deux voies se côtoyaient jusqu’à Guise.
Patrimoine
Église Saint-Germain — fonts baptismaux du XIe siècle
L’ancienne église Saint-Germain, aujourd’hui désaffectée, conserve des fonts baptismaux du XIe siècle en marbre noir, classés Monument historique en 1907. Ces fonts sont parmi les plus anciens du département.
Église Saint-Jean-Baptiste
L’église Saint-Jean-Baptiste, construite au XXe siècle dans le hameau principal, est aujourd’hui l’église paroissiale active. La dualité des deux paroisses reflète l’histoire de deux communautés progressivement réunies.
Illustration photo René Hourdry