Présentation

Bancigny est un petit village de l’ancienne Thiérache, bâti au milieu d’une vaste plaine ondulée à 45 kilomètres au nord de Laon et à 12 kilomètres au sud-est de Vervins. Avec seulement 26 habitants en 2023, il figure parmi les cinq communes les moins peuplées de l’Aisne. Son territoire est traversé par le Huteau et le ruisseau du Robinet. La ferme du Moulin est un écart du village.

Malgré sa taille modeste, Bancigny conserve une église fortifiée remarquable et une histoire seigneuriale bien documentée depuis le XIIe siècle.

Étymologie

Selon Marie-Thérèse Morlet, Bancigny dérive de Banciniacum, formé sur un anthroponyme Bancinius, lui-même dérivé de Bancius. Le suffixe gallo-romain -acum indique un domaine rural : Bancigny désignerait le domaine d’un personnage portant ce nom.

Géographie

La commune est traversée par le Huteau (14 km), qui prend sa source à Coingt et se jette dans la Brune en limite de Hary et de Thenailles. La carte de Cassini (XVIIIe siècle) représente Bancigny comme une paroisse bâtie sur la rive gauche du Huteau, avec un moulin à eau dont les vestiges subsistent. Le territoire appartient au bassin Seine-Normandie. Les communes limitrophes sont Plomion, Nampcelles-la-Cour, Dagny-Lambercy et Jeantes.

Histoire

La seigneurie de Bancigny

Au XIIe siècle, Bancigny appartient aux seigneurs de Rozoy. Julienne, fille de Nicolas, seigneur de Rozoy, l’apporte en dot à Gautier de Ligne (1187–1216). Leur fils Nicolas de Ligne fonde vers 1213 une chapellenie dotée d’une rente de 10 livres de Laon ; sa mère y ajoute en 1218 quatre vases de la grosse dîme de Bancigny.

La seigneurie passe ensuite à Godefroy de Louvain (1216–1244), avoué de Harrigny, époux de Marie d’Oudenarde. Son frère, le duc de Brabant, lui succède en 1245. Plus tard, Ferry de Lorraine, seigneur de Rumigny et d’Aubenton, tient Bancigny par sa femme Marguerite de Joinville, comtesse de Vaudémont.

En 1590, le domaine de Bancigny est érigé en comté. En 1714, Denis-Christophe-Antoine, comte des Ursins, en devient seigneur par sa femme Mélanie-Monique-Joséphine de Mérode.

Lors de la Révolution française, Bancigny devient commune et est rattaché au canton de Plomion dans le district de Vervins, puis au canton de Vervins en 1801.

« Au 12e siècle, ce village appartenait aux seigneurs de Rozoy. Julienne, fille de Nicolas, seig. de Rozoy, le porta en dot à Gautier de Ligne. »
— Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne

N. Terrien, enfant de Bancigny

Melleville signale que Bancigny est la patrie de N. Terrien, auteur d’un traité d’arithmétique publié en 1854.

Patrimoine

Église fortifiée Saint-Nicolas

L’église Saint-Nicolas est l’élément patrimonial majeur de Bancigny. Construite en pierre et brique, sa façade est flanquée de deux grosses tours circulaires de défense percées de meurtrières. Elle conserve des fonts baptismaux de pierre sculptée du XIIe siècle, témoignage de l’ancienneté de la paroisse. Une carte postale vers 1910 documente son aspect avant les remaniements du XXe siècle.

Ferme avec porche-colombier

À proximité de l’église, une ferme présente un porche-colombier typique de l’architecture rurale thiérachienne — élément de prestige et d’utilité pratique caractéristique de la région.

Moulin du Huteau

Les vestiges de l’ancien moulin à eau sur le Huteau, visible sur la carte de Cassini au XVIIIe siècle, subsistent encore de nos jours sous forme de la ferme du Moulin.

Pour aller plus loin

  • Marie-Thérèse Morlet — La Toponymie de la Thiérache, Revue Internationale d’Onomastique, vol. 5–7, 1953–1955
  • Melleville — Dictionnaire historique du département de l’Aisne
  • Wikipedia — Bancigny