Présentation

Wassigny, bourg de l’ancien Cambrésis bâti dans une plaine haute et accidentée, est aujourd’hui chef-lieu de canton. Son ancienneté est attestée dès le VIe siècle, bien avant les premières mentions toponymiques conservées.

Étymologie

Les formes anciennes se succèdent : Vassenis (1190), Wassignis (1274), Wassegnies (1275, charte de l’Hôtel-Dieu de Laon), Wasseignies (1297), villa de Wassignys (1339), Vassignies (1351, cartulaire de la seigneurie de Guise), Vassigny (1396), Wassegnie (1573), Vassignyes (1586). Selon Morlet, Wassigny procède du latin Wassiniacum, formé sur le nom gaulois Vasso, qui aurait subi l’influence germanique et changé son initiale v en w. Ernest Nègre y verrait plutôt un nom de personne d’origine germanique, Watzo.

Géographie

Le bourg est bâti à 55 km au nord de Laon et 40 km au nord-ouest de Vervins ; son territoire couvre 6,79 km², entre 137 et 161 mètres d’altitude.

Histoire

Wassigny est fort ancien : il en est fait mention dès le VIe siècle dans les Miracles de saint Gibrien, écrits par un auteur contemporain. Faisant partie du duché de Guise et ressortissant à son bailliage, le bourg voit ses habitants tenus, avant le XIVe siècle, de moudre au moulin banal d’Origny ; Jean, seigneur de Wassigny, rachète ce droit au seigneur de Guise en 1359.

La seigneurie est attestée dès 1232 avec Amaury de Bernot, chevalier, puis son fils Amaury II. Gilles de Wassigny, écuyer, leur succède en 1260. Le domaine passe ensuite aux seigneurs de Rozoy, puisque Jean d’Oudenarde, seigneur de Rozoy, le donne en fief en 1265 à Robert III, sire d’Apremont. En 1330, Jean, sire de Wassigny, chevalier, est accusé de crime de lèse-majesté ; il est décapité à Laon l’année suivante par sentence du bailli du Vermandois, et sa terre, évaluée 500 livres parisis, est saisie et donnée par le roi à Charles de Bretagne, seigneur de Guise.

La seigneurie se poursuit avec Jacquemart de Flavigny (1419), Jeanne de l’Escale (1452), Jean de Pavant (1580), les Fay d’Athies (1596, puis vers 1600), et Georges de Héricourt, seigneur de Noyelle, qui l’acquiert vers 1650 par son mariage avec Madeleine de Fay avant de se remarier avec Anne de Caulaincourt puis Jeanne Tassart. Louis de Héricourt lui succède en 1711 ; en dernier lieu, la terre de Wassigny est réunie au domaine de Guise.

Ce bourg est la patrie d’Adam de Wassigny, abbé général de Prémontré en 1327.

En 1790, Wassigny devient chef-lieu d’un canton du district de Vervins, regroupant Wassigny, Andigny, Hannapes, Mennevret, Molain, Ribeauville, Saint-Martin-Rivière, Vaux-en-Arrouaise et Vénérolles.

Patrimoine

Le plan cadastral de 1830 dessine trois moulins aujourd’hui disparus. Le bourg s’est trouvé, à l’époque du chemin de fer, au croisement des lignes de Laon au Cateau et de Busigny à Hirson ; le dernier tronçon encore exploité pour le trafic de marchandises, entre Busigny et Guise, a fermé dans les années 1980.

Sources

Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l’Aisne (1865) ; Matton, Dictionnaire topographique de l’Aisne ; Morlet, Toponymie de la Thiérache.

Illustration photo CC BY-SA 3.0