Présentation
Vincy-Reuil-et-Magny, petit village de l’ancienne Thiérache sur la rive droite de la Serre, réunit depuis la Révolution trois paroisses distinctes — Vincy, Reuil et Magny —, chacune porteuse de sa propre église et de sa propre histoire seigneuriale.
Étymologie
Vincy est attesté sous les formes Vinci (1229, charte de l’Hôtel-Dieu de Laon), Vinciacus (1251, cartulaire de Saint-Martin de Laon), Vinci-juxta-Moncornet (XIIIe s., cartulaire de Thenailles), puis Vincy-Roit-et-Maigny (1416). Reuil, de son côté, est l’une des formations toponymiques les plus anciennes de la région : selon Morlet, le nom repose sur l’élément gaulois -ialos (« espace découvert, clairière »), plus ancien que les noms en -acum, désignant les premiers espaces défrichés. Combiné à un premier élément terminé en o, il forme le suffixe -oialos. La forme ancienne reconstituée, Rotoialum ou Ratuialum, se retrouve aussi dans le nom de Rouen (Ratumagus > Rouen ; Rotoialum > Rueil). Les formes attestées sont Rueil (1244), Royt (XIVe s.), Roit (1405), Roye (1411), Roeu (1504), Reux (carte de Cassini). Un homonyme existe dans la Marne.
Géographie
Le village est situé sur la rive droite de la Serre, à 45 km au nord-est de Laon ; le territoire réunissant Vincy, Reuil et Magny couvre 11,78 km², entre 112 et 203 mètres d’altitude.
Histoire
Le fief de Vincy relevait de Vigneux. La seigneurie de Vincy est attestée dès 1190-1206 avec Gobert de Vincy, chevalier, suivi d’Henri de Marle (1221-1235) et de Gilles de Vincy (1229), dont l’épouse Élisabeth était fille de René de Marle et sœur de Barthélemi de Nampcelle. Vers 1670, François Petré, prévôt du Laonnois, acquiert la seigneurie ; en dernier lieu, MM. Baudier et de Colnet en étaient seigneurs.
Un prieuré, du titre de Saint-Godehard, est fondé à Vincy en 1175. C’est également à Vincy que de nombreux auteurs situent la bataille livrée par Charles Martel en 716 contre Chilpéric et Ragenfrède, victorieuse pour le premier ; Dom Lelong, cependant, place cet épisode à un autre Vincy, près de Crèvecœur — une incertitude qu’il convient de conserver telle quelle.
Avant la Révolution, les paroisses de Vincy (Notre-Dame) et de Magny (Saint-Léger) relevaient du chapitre de la collégiale de Rozoy ; à Magny, le chapitre de Rozoy et le curé se partageaient les dîmes. Reuil possédait sa propre église, dédiée à saint Martin. Les trois paroisses fusionnent entre 1790 et 1794 pour former la commune de Vincy-Reuil-et-Magny, rattachement consolidé en 1800.
Sur le plan administratif, la commune relève de l’ancien canton de Montcornet, créé en 1790, puis du canton de Rozoy-sur-Serre, avant d’être rattachée au canton de Vervins en 2015 ; par arrêté préfectoral du 30 décembre 2016, elle passe de l’arrondissement de Laon à celui de Vervins à compter du 1er janvier 2017.
Patrimoine
Des trois églises paroissiales d’origine — Notre-Dame à Vincy, Saint-Martin à Reuil, Saint-Léger à Magny —, la commune conserve la mémoire dans son organisation toponymique, le moulin de Reuil étant encore aujourd’hui un lieu-dit.
Sources
Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l’Aisne (1865) ; Matton, Dictionnaire topographique de l’Aisne ; Morlet, Toponymie de la Thiérache.
Illustration photo Havang(nl)