Présentation

Vigneux-Hocquet, gros village de l’ancienne Thiérache posé dans une plaine élevée, doit à l’abbaye de Saint-Médard-lès-Soissons, propriétaire du lieu, d’avoir été relevé par charte après une ruine survenue au XIIe siècle.

Étymologie

Le village, appelé autrefois Vignoy ou Vignois, apparaît sous les formes latines Vinetum et Viniacum. Les chartes donnent Vinoit (1165), Viniacus (1169, cartulaire de l’abbaye de Saint-Médard), Vinnoit (1171), Vinioit et Vignoit (1172), Vinoiz (1182), Vinetum (1210), Vignoi (1220), Vignetum (1261), Vigneulx (1568), Vignieux (1603, titres de la chartreuse du Val-Saint-Pierre). Le nom dérive du latin vinetum, le vignoble — la toponymie atteste donc d’une culture de la vigne sur le territoire au Moyen Âge. Le hameau du Hocquet, rattaché plus tard à la commune, est mentionné sous la forme Hauquet en 1626.

Géographie

Le village est situé dans une plaine élevée, à 40 km au nord-est de Laon ; le territoire actuel, réunissant Vigneux et le Hocquet, couvre 13,72 km², entre 116 et 201 mètres d’altitude, sur le ruisseau du Poncelet (aujourd’hui ruisseau de Vrigny).

Histoire

Vassal de Coucy, Vigneux appartenait à l’abbaye de Saint-Médard-lès-Soissons, qui en détenait la terre, le terrage, la forêt, les serfs et la dîme. Le village, trouvé ruiné au XIIe siècle, reçoit en 1162 la loi de Vervins pour l’aider à se rétablir : la charte, conclue entre l’abbaye et Henri de Marle, sénéchal de Marle et avoué de Vigneux, sous l’autorité de l’évêque de Laon Gauthier, répartit les profits de la justice et du moulin par moitié entre l’abbaye et l’avoué, tandis que le prieur ou son délégué conserve le droit de pêche dans le vivier chaque fois qu’il se rend à Vigneux. Un prieuré, dédié à sainte Léocade, est fondé au XIIe siècle par la même abbaye ; le village possédait aussi une léproserie. Le marquisat relevait, au XIVe siècle, de Montcornet.

La seigneurie laïque, distincte de la tutelle abbatiale, se transmet sur plus de six siècles : Henri de Marle, sénéchal et avoué (1162), puis ses descendants Adam (1187), Gobert (1206), Hugues (1217), Henri II (1218), jusqu’à Gobard de Marle (1307 et 1407-1427). Elle passe ensuite aux Régnier — Crépin de Régnier, anobli en 1461 pour services militaires (1395), puis François, Charles et François II de Régnier, ce dernier brigadier des armées, mort en 1763 — avant d’échoir en dernier lieu à la famille de Villelongue.

Vigneux est la patrie du comte de Villelongue, général des armées suédoises, mort en 1746. Des médailles romaines ont été trouvées à plusieurs reprises sur le territoire du village.

La commune du Hocquet, constituée à la Révolution, fusionne avec Vigneux le 14 septembre 1887 pour former Vigneux-Hocquet.

Patrimoine

L’église Saint-Martin, inscrite aux monuments historiques en 1987, s’inscrit dans le réseau des églises fortifiées de la vallée de la Serre : un donjon de pierre de plan carré, seul niveau véritablement défensif, précède une nef reconstruite et un chœur daté de 1537. Une tradition locale évoque un souterrain reliant l’édifice à des bâtiments ecclésiastiques voisins.

Sources

Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l’Aisne (1865), y compris le texte de la charte de rétablissement de 1162 (cartulaire de Saint-Médard, f° 46) ; Matton, Dictionnaire topographique de l’Aisne.

Illustration photo René Hourdry