Présentation
Vénérolles, village de l’ancienne Thiérache posé dans une vaste plaine ondulée, doit son nom à un diminutif latin du mot « villa » et son histoire à une double tutelle : celle d’une prévôté dépendant de l’abbaye de Saint-Médard-lès-Soissons, et celle d’une lignée de seigneurs laïcs, les Martigny.
Étymologie
Les formes anciennes se succèdent : Altare de Villereio (1163), parrochia de Vellereio (1171), nemus de Veleroy (1208, cartulaire de l’abbaye de Saint-Médard), Veleroile / Veleroi (1208, cartulaire de la seigneurie de Guise), Villeroy (1216), Veleroyles (1227), Veleroles (1229, cartulaire de l’abbaye de Foigny), Territorium de Venneroiles (1243), Vellerolles (1247), Veneroiles (1253), Vennerolles (1780). Selon Morlet, Vénérolles est un « villaretum », diminutif formé sur le bas-latin villare (« partie de la villa ») : villaretum devient Villerolum, puis Vellerole, avant d’aboutir à Venerolles par dissimilation du second l en n.
Géographie
Le village s’étend sur un territoire vallonné de 8,89 km², entre 106 et 186 mètres d’altitude, drainé par le canal de la Sambre à l’Oise, le Noirrieu et l’Iron.
Histoire
Vénérolles relevait autrefois d’une prévôté placée sous le vocable de Saint-Timothée, dépendant de l’abbaye de Saint-Médard-lès-Soissons, à laquelle le village appartenait ; au moment de la Révolution, cette prévôté jouissait de 3 000 livres de rentes.
Une seigneurie laïque coexistait avec cette tutelle abbatiale. En 1171, Gautier de Vadencourt en est seigneur — le même qui portait alors le titre d’avoué de Vénérolles, selon les sources concernant sa propre terre de Vadencourt. Au XVIe siècle, la seigneurie passe à Nicolas de Martigny, troisième fils de Clément de Martigny, seigneur d’Hannape, également seigneur de Lart, Coqueraumont et Étreux, puis à son fils Antoine de Martigny, qui « servit avec distinction ». Au siècle suivant, François de Martigny poursuit la tradition militaire de la famille : lors d’un engagement à Aubevan, en Beauce, il s’empare d’un drapeau qui fut longtemps porté dans les processions de Vénérolles. De son épouse Marie Joly naissent plusieurs enfants, dont Raphaël, chevau-léger, et deux filles mariées respectivement à Clément Briscet et à Claude Poulain, avocat au Parlement.
Patrimoine
L’église Saint-Timothée conserve un chœur qui pourrait dater du XVIe siècle ; la sacristie et la chapelle sud sont édifiées au XVIIIe siècle. Entre 1883 et 1884, l’architecte Pierre Bénard dirige la reconstruction du mur nord de la nef et de la façade, en brique associée à la pierre de taille calcaire et au silex.
Sources
Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l’Aisne (1865) ; Matton, Dictionnaire topographique de l’Aisne ; Morlet, Toponymie de la Thiérache.
Illustration photo René Hourdry