Présentation
Sorbais est un village de l’ancienne Thiérache, sur la rive droite de l’Oise, à neuf kilomètres de Vervins. Village d’importance sous l’Ancien Régime — 180 feux en 1760 —, il dépendait de la châtellenie d’Hirson et paraît avoir appartenu de tout temps aux seigneurs de Guise. Son église Saint-Martin, dont la nef remonte à la fin du XIe siècle, conserve un clocher fortifié de 1578 et une remarquable statuaire médiévale.
Étymologie
Selon Marie-Thérèse Morlet, le toponyme pourrait représenter un Sorbacum ou Surbacum, dérivé d’un cognomen *Sorbus ou *Surbus non attesté par ailleurs. Matton relève la forme Sorbois en 1125 dans le cartulaire de Chaourse, puis Sourbais et Sorbays en 1333-1335 dans le cartulaire de la seigneurie de Guise, Sobay en 1567, et Sorbai en 1636 dans la Gazette de France.
Géographie
Le village est implanté sur la rive droite de l’Oise, à 55 kilomètres au nord de Laon, dans un paysage de bocage vallonné entre 170 et 230 mètres d’altitude. La rue Lecomte formait une entité distincte avec son propre maire et ses échevins ; la commune partageait des pâturages communs avec Froidestrées.
Histoire
Sous l’Ancien Régime, Sorbais relève de la généralité de Soissons, du bailliage et de l’élection de Guise, et du diocèse de Laon. Le village dépend de la châtellenie d’Hirson et du canton de La Capelle. Melleville note qu’il « paraît avoir appartenu de tout temps aux seigneurs de Guise et ne pas avoir eu de seigneurs particuliers ». Le patronage de l’église est assuré par l’abbaye de Saint-Denis.
Patrimoine
L’église Saint-Martin est un édifice composite dont l’histoire se lit dans la pierre et la brique. La nef, en appareil de pierre à l’intérieur, présente les caractéristiques des églises du diocèse de Laon de la fin du XIe ou du début du XIIe siècle : grandes arcades à peine brisées sur piles carrées à imposte moulurée, fenêtres hautes dans l’axe des piles, nef plafonnée et bas-côtés en appentis.
Le solide clocher-porche de quatre niveaux, daté de 1578, est caractéristique des constructions fortifiées de Thiérache, même s’il est aujourd’hui dépourvu de ses éléments défensifs. Le chœur, voûté en brique sur croisées d’ogives prismatiques en pierre, date du XVIe ou du XVIIe siècle. L’église abrite une très belle statue en pierre de la Vierge du XVe siècle et un saint Martin à cheval du XVIe siècle, inspiré d’un modèle bourguignon attribué à Jean de la Huerta.
Sources
- Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne, 1865, t. II
- Matton, Dictionnaire topographique du département de l’Aisne
- Morlet, La Toponymie de la Thiérache, 1953-1955
- Sauvegarde de l’Art Français, notice église Saint-Martin