Présentation

Signy-le-Petit, commune de la Thiérache ardennaise, occupe un carrefour où se touchent les Ardennes, l’Aisne et la Belgique, à la lisière d’une vaste forêt. Fondé au XIIIe siècle par les seigneurs de Rumigny, le village fut plusieurs fois détruit puis relevé au fil des siècles, jusqu’à cette église fortifiée aux murs de trois mètres d’épaisseur qui domine aujourd’hui son centre.

Étymologie

La forme latine Signiacum parvo apparaît dès 1145, dans une bulle du pape Eugène III énumérant les possessions de l’abbaye de Cuissy ; le pouillé du diocèse de Reims de 1306 la reprend sous la graphie Sygniacum parvo.

Géographie

Le territoire, boisé sur plus de 290 hectares, est arrosé par le Gland, qui y pénètre par le bois des Haigues après avoir pris sa source à Regniowez. Le sous-sol, ardoisier au nord et liasique au sud, a longtemps porté une exploitation de minerai de fer, notamment aux castinières des Fosses-Rousseaux. Deux étangs, de la Motte et de la Vieille Forge, occupent aujourd’hui d’anciens sites d’exploitation. La ligne Maginot traversait la commune.

Histoire

Une fondation seigneuriale, distincte de celle des Potées

Contrairement aux villages fondés par le chapitre de Reims sur la terre des Potées, Signy-le-Petit naquit d’une initiative des seigneurs de Rumigny sur leur propre domaine. Dès 1132, l’un d’eux avait donné la chapelle de Gland à l’abbé de Cuissy pour y établir une communauté prémontrée, transférée en 1162 aux chanoines de Bucilly. Le village lui-même fut fondé en 1217 par Nicolas de Rumigny, qui y fit bâtir une maison-forte ; son fils Enguerrand, qui reçut Signy en apanage, en devint le premier seigneur en titre. En 1251, les paroisses d’Antheny, Signy et Tarzy furent définitivement bornées d’un commun accord entre le chapitre de Laon et les abbés de Bucilly et de Saint-Nicaise de Reims.

Un village frontalier, plusieurs fois détruit

En 1340, le comte de Hainaut, remontant de Chimay à travers les bois de la Thiérache, brûla les deux Signy sur son passage. Deux siècles plus tard, en 1521, la retraite des troupes impériales après le siège de Mézières dévasta de nouveau le village. En 1636, ce fut au tour des Espagnols, entrés par Regniowez, d’incendier Signy-le-Petit avec Éteignières, Tarzy, Fligny et la Neuville-aux-Tourneurs — l’église elle-même fut détruite dans cet épisode. Elle ne fut relevée qu’à la fin du XVIIe siècle, cette fois fortifiée.

Patrimoine

Église Saint-Nicolas

Reconstruite après les ravages de la guerre de Trente Ans, l’église fortifiée impose ses murs de schiste, épais de trois mètres à la base de la tour, sa massive tour-porche flanquée de deux échauguettes, son mâchicoulis et ses bretèches. La clef de voûte de la travée centrale porte la date de 1684, la tour-porche celle de 1686 ; d’autres éléments de l’édifice portent par ailleurs des millésimes plus anciens (1656, 1680) dont l’articulation exacte avec ces deux dates n’est pas établie. À l’intérieur, la nef est voûtée de briques sur croisée d’ogives de pierre jaune ; les chapelles du transept conservent des autels de bois à colonnes corinthiennes du XVIIIe siècle, un retable peint de la Nativité et une statue en bois de saint Nicolas de la même époque. L’édifice est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 16 février 1926.

Sources historiques

Dom Albert Noël, Notice historique sur le canton de Signy-le-Petit, 1881 — Albert Meyrac, Géographie illustrée des Ardennes, 1900 — Pouillé du diocèse de Reims, 1306 — Base Mérimée, notice PA00078527.

Illustration photo Harrie Gielen