Présentation
Sars-Poteries est une commune du département du Nord, située dans l’arrondissement et le canton d’Avesnes-sur-Helpe. Le village se trouve en Avesnois, dans le parc naturel régional, à une altitude variant de 163 à 229 mètres. Ses habitants sont appelés les Sarséens.
Étymologie
Le nom apparaît sous la forme Sars en 1186 dans les annales du Hainaut de Jacques de Guise, puis en 1206 dans le cartulaire de l’abbaye d’Alne. Le terme sars provient du latin sartum, qui désigne une terre défrichée, gagnée sur la forêt. La seconde partie du nom, Poteries, fut ajoutée en référence aux nombreuses fabriques de poteries qui existaient au village de temps immémorial.
Histoire
Sars-Poteries formait en 1186 une paroisse du décanat d’Avesnes, dont l’abbaye de Liessies avait la collation de la cure. Le village appartenait à la terre et pairie d’Avesnes, où les seigneurs conservèrent des propriétés, le terrage et des rentes jusqu’à la Révolution. La paroisse englobait également le village de Beugnies. Les registres de l’état civil remontent à 1638.
Le village doit sa renommée à ses poteries et à ses cendres fossiles. En 1777, on découvrit dans le sous-sol des gisements de cendres noires fossiles, employées comme amendement agricole. L’exploitation, qui débuta aussitôt, enrichit les particuliers et tous les villages d’alentour. Les filons étaient séparés par de la terre potasse dont les potiers se servaient dans leurs fabriques. L’industrie potière aurait été importée à Sars par des potiers de Bouffioulx, en Belgique. En 1838, on comptait neuf poteries de terre et huit poteries de grès.
En 1801-1802, une première verrerie fut fondée au village, la verrerie « d’en-bas », produisant du verre à vitres et du verre de table. En 1845, sous la direction d’Eugène Imbert, l’activité se diversifia. Une deuxième verrerie, « d’en-haut », ouvrit en 1869. Les deux établissements, réunis par Henri Imbert en 1883, employèrent jusqu’à 900 ouvriers. Pendant leurs pauses, les verriers avaient l’autorisation de façonner pour leur plaisir des objets en verre, appelés « bousillés », qu’ils offraient à leurs proches. Parmi ces créations figuraient des épis de faîtage en verre coloré, dont les ouvriers ornaient leur toit. Les deux verreries fermèrent fin 1937.
Napoléon et la garde impériale passèrent à Sars-Poteries dans les premiers jours de juin 1815, se rendant à l’armée qui se réunissait sur la frontière.
En 1958, le curé Louis Mériaux commença à collecter les bousillés chez les habitants. Son exposition de 1967 conduisit à la création d’un musée du verre dans le château Imbert, ancienne demeure du directeur des verreries. En 1982, il organisa le premier Symposium international du Verre contemporain. En 2016, les collections déménagèrent vers le MusVerre, bâtiment de 3 400 m² conçu par l’architecte Raphaël Voinchet, qui présente à la fois les bousillés et des œuvres d’art contemporain en verre.
Patrimoine
Au cœur du village, à 140 mètres au nord-ouest de l’église, se dresse la Pierre Dessus-Bise (dite Sybise), un grès conique de 1,51 mètre de hauteur et de 2,85 mètres de circonférence à la base. Au sommet, un trou carré de trois centimètres aurait servi, selon certains, à fixer un drapeau de kermesse, selon d’autres à sceller la chaîne du pilori. L’église remonte au-delà du XVIIe siècle.
Illustration photo VVVCFFrance