Présentation

Rouvroy-sur-Audry, village de la Thiérache ardennaise situé à 25 kilomètres à l’est d’Aubenton et bâti sur la rivière d’Audry, a absorbé, le 1er novembre 1967, l’ancienne commune de Servion, dont l’église fortifiée Saint-Étienne reste, aujourd’hui encore, le monument le plus remarquable de l’ensemble.

Géographie

Le territoire de Rouvroy, d’environ 381 hectares, et celui de Servion, d’environ 338 hectares, relevaient l’un et l’autre de la coutume de Vitry ; on y trouvait des pierres de taille, des moellons, des marnes et de la terre à briques. Servion était arrosé par un ruisselet se jetant dans l’Audry.

Histoire

Le fief de Sonrue

À Servion, l’écart de Sonrue, aujourd’hui disparu, ne conserve que son nom pour rappeler l’ancien fief qui dépendait de la châtellenie de Wathephal — elle-même écart de Remilly-les-Pothées — laquelle exerçait juridiction sur Bolmont, Giraumont, Hardoncelle, Servion, Sonrue et Remilly.

1870 : l’invasion prussienne

En 1870, lors de l’invasion prussienne des Ardennes, un ouvrier employé au château du Breuil, apprenant que son village était pillé, se précipita à Rouvroy pour retrouver sa femme ; les soldats le saisirent et le mirent à mort avec une sauvagerie particulière. Le village de Rouvroy fut ensuite entièrement incendié ; quiconque tentait de sauver un objet s’exposait à des menaces de mort. Les pertes matérielles dépassèrent 175 000 francs.

Patrimoine

Église Saint-Étienne de Servion

La nef, dont les baies obturées trahissent l’origine, pourrait dater de la fin de l’époque romane et du début du gothique, tout comme le chœur. Une niche du mur nord porte la date de 1572. C’est à la fin du XVIe siècle, ou plus probablement au XVIIe, que fut élevé le puissant massif occidental qui défend l’entrée : une travée centrale, refuge percé de nombreuses ouvertures de tir et pourvu de latrines et d’une cheminée à l’étage, encadrée de deux tourelles défensives dont l’une abrite l’escalier à vis. Le comble de la nef servait lui aussi de refuge, avec des bretèches dont seuls des vestiges intérieurs subsistent. Une stèle gallo-romaine, représentant un homme et une femme, a été remployée dans l’arc d’entrée de la nef ; découverte le 4 septembre 1970 lors de travaux, elle suggère un remploi de pierre antique dans la construction. Les baies furent reprises aux XVIIIe et XIXe siècles, peut-être en 1829, date portée par le linteau du portail occidental refait à cette époque.

Désaffectée du culte, l’église est aujourd’hui un centre culturel entretenu par l’association des Compagnons de Saint-Étienne, qui y organise expositions, concerts et conférences ; le clocher et l’édifice sont inscrits et classés au titre des monuments historiques depuis le 11 mai 1981.

Sources historiques

Albert Meyrac, Géographie illustrée des Ardennes, 1900 — article « Église Saint-Étienne de Servion », Wikipédia — base Mérimée — Inventaire général du patrimoine culturel, région Grand Est, dossier IA08001512.

Illustration photo Cheacutemi