Présentation

Rougeries est un village de l’ancienne Thiérache, à 28 kilomètres au nord de Laon et 8 au sud-ouest de Vervins. Sous l’Ancien Régime, la commune relevait de la généralité de Soissons, du bailliage, de l’élection et du diocèse de Laon. Son patron est saint Maurice.

La commune comptait 251 habitants en 2022. Son histoire est indissociable de celle de Voharies, hameau voisin longtemps associé à Rougeries dans les sources administratives et seigneuriales.

Étymologie

La plus ancienne mention connue du village remonte à 1123, sous la forme Rogerie, dans le cartulaire de l’abbaye de Saint-Michel. Les attestations suivantes dessinent une évolution régulière : Territorium de Rogeris (1161, cartulaire de la seigneurie de Guise), Rogeries (1168, Saint-Michel), Rouguery (1496), Rougerix (1531), Rogery (1573), avant la fixation progressive en Rougeries.

Selon Marie-Thérèse Morlet, le nom dérive de Rotgeriaca, formé sur le nom d’homme germanique Hrotger (Förstemann), issu d’une forme primitive Hrodgaer.

Sources : Matton, Dictionnaire topographique de l’Aisne ; Morlet, La Toponymie de la Thiérache.

Géographie

Rougeries s’étend sur 4,13 km², entre 95 et 165 mètres d’altitude, dans un vallon drainé par le Vilpion. En 1760, Melleville relevait, avec Voharies, 8 charrues de terres labourables, 30 arpents de prés et 9 arpents de bois.

Histoire

Les seigneurs de Rougeries

La seigneurie de Rougeries est documentée depuis le XIIe siècle. En 1163, Pierre de Rougeries, fils d’Ermentrude, est le premier seigneur attesté, aux côtés de sa sœur Brunesende. En 1309, Jean de Rougeries porte le titre.

En 1453, Charles de Fay d’Athies, seigneur de Puisieux, acquiert Rougeries. Son descendant Raoul de Fay d’Athies (1553), fils d’Antoine, est seigneur de Marfontaine, Rougeries et Voharies. En 1575, Marguerite de Cochet, veuve de Jacques de Fay, épouse François de Proisy, seigneur de la Bove, et lui apporte la terre de Rougeries.

En 1690, Emmanuel de Proisy, seigneur de Marfontaine et Rougeries, n’eut qu’une fille qui porta ces terres à Emmanuel-Joseph d’Haillancourt. En dernier lieu, le duc de Noailles fut seigneur de Rougeries.

Source : Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne.

La papeterie

Au XVIIIe siècle, une fabrique de papier fonctionnait à Rougeries. Cette activité s’inscrivait dans un réseau de papeteries thiérachiennes utilisant la force hydraulique des ruisseaux locaux — on en trouvait également à Romery, Saint-Gobert, Voulpaix, Wiège-Faty et Vervins.

Le chemin de fer

Rougeries a possédé une gare sur la ligne de Guise à Hirson, qui fonctionna de 1910 à 1978. Quatre trains s’arrêtaient chaque jour dans chaque sens, desservant les communes voisines de Saint-Gobert, Romery et Marly-Gomont.

La Première Guerre mondiale

Le 29 août 1914, Rougeries se trouva sur la ligne des combats lors de la bataille de Guise. La commune subit d’importants dégâts. Quarante-neuf noms de soldats tués ou disparus sont inscrits sur le monument aux morts — un tribut exceptionnellement lourd pour un village de cette taille.

Patrimoine

L’église paroissiale est dédiée à saint Maurice. Les sources consultées ne fournissent pas de description détaillée de l’édifice.

Sources

Melleville (1865) indique, avec Voharies, 53 feux et 246 habitants en 1760, 339 habitants en 1818, 321 en 1856. Le pic démographique est atteint en 1831 (552 habitants). Les registres paroissiaux et d’état civil conservés aux Archives départementales de l’Aisne couvrent la période 1668-1912.

Illustration photo René Hourdry