Raillimont se situe à 25 kilomètres au sud est de Vervins. Village-rue installé sur la rive gauche de la vallée de la Serre, est l’une des communes les plus récentes de la Grande Thiérache : elle ne fut érigée en entité administrative autonome qu’en 1872.

Toponymie

Le lieu est attesté sous la forme Roillemont en 1340, puis Rayllimont en 1671. Le nom viendrait de rodilo, désignant une personne d’origine germanique.

Histoire

Un parchemin de 1300, recensant les foyers d’une partie des villages de Thiérache, dénombre 102 foyers à Raillimont — indice d’un peuplement déjà notable bien avant l’érection en commune. En 1018, le seigneur Hildegaud donna Raillimont au chapitre de Rozoy-sur-Serre, qu’il venait de fonder, afin d’en tirer des revenus : le chapitre en resta le seul détenteur jusqu’à la Révolution, tandis que le lieu relevait plus largement de la seigneurie de Rozoy-sur-Serre. Simple hameau, Raillimont n’était pas une entité administrative autonome et dépendait de la commune de Rouvroy-sur-Serre.

Ce n’est que par décret du 24 septembre 1872 que Raillimont fut détaché de Rouvroy-sur-Serre et érigé en commune indépendante ; le recensement de 1871 ayant été repoussé à 1872 pour cause de guerre, les premières données démographiques propres à la commune datent de cette année-là. Raillimont fut alors rattachée à l’arrondissement de Laon et au canton de Rozoy-sur-Serre, avant de rejoindre l’arrondissement de Vervins en 2017 puis le canton de Vervins en 2015.

L’église paroissiale est placée sous le vocable de saint Théodulphe, dit Thiou, abbé bénédictin du monastère de Lobbes, près de Tournai, devenu évêque au VIIe siècle ; il aurait participé au synode d’Attigny convoqué par Pépin le Bref en 765. Le village conserve aussi une chapelle de 1949, restaurée en 1995 puis en 2018, ainsi qu’un lavoir et un calvaire.

Les armoiries communales, créées par Jean-François Binon, se blasonnent : d’azur au chevron d’argent failli à senestre, accompagné en chef de deux épis de blé tigés et feuillés d’or, et en pointe d’une volute de crosse du même. Le chevron failli — brisé — symbolise la séparation d’avec Rouvroy-sur-Serre en 1872 ; les épis de blé rappellent la vocation agricole du village ; la volute de crosse représente l’église paroissiale, consacrée à saint Théodulphe.

Sources

Matton, notice toponymique (archives de l’Empire, Trésor des chartes ; archives communales de Rozoy-sur-Serre) ; J. P. Semblat, Dictionnaire des noms de lieux de l’Aisne, 2010 ; I. P. Mien-Péon, Le canton de Rozoy-sur-Serre, 1865 ; Wikipédia (notice communale) ; Geneawiki ; L’Armorial des villes et villages de France ; Cassini (EHESS).

Illustration photo Marc Roussel