Présentation
Le seul village de Belgique à porter la Thiérache dans son nom. Oignies-en-Thiérache (Wegniye en wallon) est un village-clairière de quelque 800 habitants, perché à 365 mètres d’altitude au cœur de la grande forêt ardennaise — le point le plus haut et le plus méridional de la commune de Viroinval. La frontière française et la vallée de la Meuse ne sont qu’à quelques kilomètres au sud : le bassin ardoisier de Fumay, en Thiérache ardennaise, constitue son prolongement naturel. On l’appelait autrefois le « village des veuves ».
Géographie
Le village est enveloppé d’une ceinture forestière de sept kilomètres dans toutes les directions — vers Olloy au nord, vers Fumay au sud et vers la vallée de la Meuse à l’est. Le territoire (26 km²) fait partie du parc national de l’Entre-Sambre-et-Meuse et du parc naturel Viroin-Hermeton. Oignies s’appelait simplement « Oignies » jusqu’en 1963, date à laquelle le suffixe « en-Thiérache » fut ajouté pour le distinguer d’Oignies-en-Hainaut.
Histoire
Des sires de Vierves à la baronnie de Hamal
Le village fait partie de la principauté de Liège. Roland signale qu’une branche de la maison de Diest détint une part considérable du patrimoine des premiers sires de Vierves à Oignies, Franc-Mesnil et Vierves. Ils se titraient « de Oignies » et portaient d’or à deux fasces de sable ; la lignée s’éteignit au XVe siècle. Oignies passe ensuite à la baronnie de Hamal, avec Vierves, Treignes, Le Mesnil et les deux Matagne.
Le département des Ardennes (1793-1815)
Le 3 juin 1793, un arrêté des représentants du peuple Hentz et Laporte rattache Oignies et Le Mesnil au canton de Fumay, département des Ardennes. Pendant vingt-deux ans, le village partage le sort administratif de ses voisins français de la Meuse. Le second traité de Paris, en 1815, le transfère en province de Namur.
Le « village des veuves »
L’exploitation des ardoisières — des carrières de schistes dans le prolongement du bassin de Fumay — domine la vie du village du XVIIIe au XXe siècle. À la fin du XIXe siècle, quelque trois cents ouvriers et artisans travaillent dans les galeries. La poussière de schiste provoque la silicose : les hommes meurent dans la quarantaine, laissant le village à leurs veuves. Le surnom de « village des veuves » est resté.
Patrimoine
Église Saint-Barthélemy
Église néo-romane consacrée en 1861.
La Cathédrale de Lumière
En 1995, Oignies se trouve au centre géographique de l’Europe des Quinze. Pour marquer l’événement, le maître verrier Bernard Tirtiaux érige en forêt une sculpture de verre monumentale — la Cathédrale de Lumière — qui joue avec les reflets du sous-bois.
Sources historiques
Roland, dans son Histoire généalogique de la Maison de Rumigny-Florennes (1891, p. 117, note), mentionne la branche de Diest à Oignies d’après Hemricourt (Miroir des nobles de Hesbaye, p. 108). Le pouillé du diocèse de Liège de 1558 porte Oyegnies dans le doyenné de Chimay, archidiaconat de Famenne. Le doyen Le Tellier, cité par Hagemans (Histoire du pays de Chimay, 1866), mentionne un monastère de chanoines réguliers à Oignies. Le rattachement au département des Ardennes est documenté par André Lépine dans les Cahiers du Musée de Cerfontaine (n° 246). L’association Ardenne Wallonne a publié en 2020 une revue consacrée à l’ardoise transfrontalière.