Pierre d’Haudroy, symbole de la rencontre des plénipotentiaires

L’après guerre

L’occupant allemand a laissé le pays exangue. A force de punitions, d’amendes… on ne trouve plus de monnaie française. Il faut instaurer un système nouveau, celui des bons d’échanges, garantis (après la fin de la guerre) par la banque de France.La guerre a sérieusement mis à mal toute l’économie de la région de Thiérache. Encore que, n’étant pas à proximité immédiate du front, certaines régions ont été laissées encore plus pauvres. L’occupant s’est très rapidement saisi de la grande majorité du cheptel bovin, et les oseraies ont été transformées en pâturages. Il n’y a donc plus de matière d’oeuvre pour la vannerie. Un système de parrainage entre des communes de l’intérieur, non occupées, et des communes occupées vit le jour ; Lyon parraina Saint-Quentin. Le Laos, parraina Origny-en-Thiérache, en souvenir de Monseigneur Pigneau de Behaine, dont le souvenir était encore très important. Fougères parraina Ohis. C’est ainsi que cette commune spécialisée dans la fabrication de chaussures, offrit en premier une paire de chaussures à chacun des habitants d’Ohis (600 à cette époque !), et une paire de bottines à chacun des 71 enfants de la commune.Le 11 décembre 1919, on charge à Fougères, dans un wagon, 759 paires de chaussures et 170 poules pondeuses, ainsi que quantité d’autres colis ! le wagon arrivera le 14 décembre à Ohis. L’année suivante, le comité Fougerais fait expédier à sa filleule, une cloche de 384 Kg, pour remplacer celle qui avait été fondue par les Allemands.

La forêt de Saint-Michel

La forêt de Saint-Michel est divisée en neuf séries de taillis-sous-futaie. Six séries sont aménagées à la révolution de trente ans et divisées en 30 coupes. Des dégagements d’essences précieuses avec étêtement des bois blancs et émondage des réserves sont effectuées dans les taillis de six ans, des nettoiements dans ceux de douze ans et des éclaircies dans ceux de dix-huit ans. En 1914, le cube moyen à l’hectare était de 80 mètres, houppiers compris. On réservait par hectare : 65 baliveaux, 25 modernes, 8 anciens, le tout d’un volume approximatif de 53 mètres cubes, alors que celui de l’abandon s’élevait à 53 mètres cubes (houppiers compris), plus 120 stères de chauffage dont 90 de rondins et 30 de charbonnette provenant du taillis. Cette forêt a fait l’objet d’une exploitation systématique de la part des Allemands, sans qu’ils aient toutefois pu parachever leur oeuvre de destruction qui s’est trouvée interrompue par l’armistice. Sur 2 900 hectares, le volume de la futaie est réduit au tiers de ce qu’il était en 1914. Ce tiers réduit, constitué par les sujets les moins précieux comme essence et comme venue, est en outre fortement déprécié du fait de mutilations d’origines diverses (dont de nombreux éclats d’obus, et autres projectiles). Le taillis a été détruit sur 1 250 hectares et partiellement sur 1 650. Dans la précipitation de leur départ, les Allemands ont abandonné sur le parterre des coupes : 8 000 mètres cubes de chênes ; 1 200 mètres cubes de hêtres ; 500 mètres cubes de charmes et divers ; 60 000 stères de bois de chauffage.

Signature de l'armistice

Signature de l’armistice

La restauration de la forêt, après 1918

Pendant une période transitoire, les taillis ont été réalisés à des âges divers voisins du terme de 30 ans, en commençant par les coupes les plus endommagées afin de donner aux peuplements les soins culturaux appropriés. La révolution de 30 ans, ou de 33 ans a été conservée. Des reboisements ont été effectués dans les parties les plus appauvries : en chênes, partout où des limons de plateaux constituent un sol forestier de premier ordre, c’est-à-dire sur les 9/10° de l’étendue de la forêt ; en hêtres sur le versant des vallées où affleurent les schistes de Revin ; et en résineux, pins sylvestres, et épicéas, ces derniers dans les parties marécageuses.

Le 11 novembre 1918

JMG