Présentation
Moustier-en-Fagne est l’un des plus anciens villages de l’Avesnois, attesté dès 697. Né d’une donation monastique à l’abbaye de Lobbes, longtemps frontier entre la France et les Pays-Bas autrichiens, il conserve une maison espagnole de 1560 inscrite aux Monuments historiques et des bornes frontières du XVIIe siècle. Avec 61 habitants, c’est l’une des plus petites communes du Nord.
Étymologie
Le nom dérive du latin monasterium — le monastère — combiné à Fagne (zone marécageuse et forestière). Les formes Villa Monasterii (1150) et Monasterium in Fania (1185) rappellent directement l’origine monastique du village.
Histoire
Saint Dodon et la donation à Lobbes (697)
En 697, le noble saint Dodon donna le village à l’abbaye de Lobbes en entrant dans la vie religieuse. Il se retira dans une cellule proche du village, où il mourut et fut enterré. Le prieuré qui porta son nom resta actif jusqu’à la Révolution. En 844, l’évêque de Cambrai Théodoric le fit reconstruire après les premières destructions.
Un village de 5 feux en 1496
En 1496, Moustier ne compte que 5 feux — quelques maisons basses, une bergerie et le prieuré. Sous domination espagnole, une maison espagnole est construite en 1560, dotée d’un souterrain pour évacuer les provisions lors des pillages.
Frontière franco-autrichienne (1678)
Le 16 août 1678, sous Louis XIV, l’Espagne céda Moustier à la France. Le village devint frontière entre la France et les Pays-Bas autrichiens — les nombreuses bornes frontières qui parsèment encore le village en témoignent.
1793 — dévastations révolutionnaires
En 1793, les Autrichiens dévastèrent en partie Moustier, tandis que les Français pillaient et incendiaient l’abbaye Saint-Pierre de Lobbes — fin d’une relation monastique millénaire.
Patrimoine
Maison espagnole (1560) — inscrite MH
La maison espagnole (dite aussi Notre-Dame-des-Prés), datée de 1560 et inscrite aux Monuments historiques, présente un pignon à gradins caractéristique de l’architecture des anciens Pays-Bas espagnols. Elle dissimule un souterrain d’évacuation des provisions en temps de guerre.
Vestiges du prieuré Saint-Dodon
Du prieuré subsistent la chapelle du XVIe siècle, la maison du prieur du XVIIIe siècle, un oratoire de 1745 et la châsse de saint Dodon (1856). L’écusson aux clefs de saint Pierre de l’abbaye de Lobbes est encore visible sur les bâtiments.