Présentation

Mont-Saint-Jean est un petit village de la haute Thiérache, à la limite des Ardennes, longtemps dépendance de l’abbaye Saint-Jean de Laon fondée en 641. Son église à la Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste — vocable rare — fut reconstruite en brique en 1748–1749 après sa destruction par les Espagnols au XVIIe siècle. Les 15 et 16 mai 1940, des combats retardataires d’une violence extrême y opposèrent des régiments français en retraite aux avant-gardes de la 6e Panzerdivision. Son patron est saint Jean-Baptiste.

Histoire

Dépendance de l’abbaye Saint-Jean de Laon

Dès l’Ancien Régime, Mont-Saint-Jean relevait non d’un seigneur laïc mais de l’abbaye bénédictine Saint-Jean de Laon, fondée en 641. Le lieu-dit Terre des moines perpétue ce souvenir. L’abbaye lui donna son saint patron — Jean-Baptiste — et façonna durablement l’identité du village.

L’église détruite par les Espagnols, reconstruite en 1748

L’église fut détruite par les troupes espagnoles vers le milieu du XVIIe siècle, probablement lors des guerres franco-espagnoles qui ravagèrent la Thiérache. Elle fut entièrement rebâtie en brique en 1748–1749. Elle conserve un escalier en vis et des lambris de couvrement remarquables de cette époque.

15–16 mai 1940 — 44 morts français en deux jours

En mai 1940, lors de la percée allemande, Mont-Saint-Jean se retrouva sur la route des Panzers. Les 15 et 16 mai 1940, des combats retardataires opposèrent les colonnes françaises en retraite — soldats des 337e, 265e, 248e et 62e régiments d’infanterie — aux avant-gardes de la 6e Panzerdivision. Certains, encerclés, combattirent jusqu’à épuisement de leurs munitions. Quarante-quatre combattants français sont répertoriés Morts pour la France sur le territoire de la commune durant ces deux jours — bilan exceptionnellement lourd pour un village de cette taille.

Patrimoine

La microtoponymie — trésor linguistique

La commune conserve des noms de lieux d’une franchise désarmante : Rateintout et Coi du vent — témoignages du parler local et d’un esprit paysan caustique qui décrivait sans détour un hameau balayé par les courants d’air.

Monument aux morts (années 1920)

Le monument aux morts fut réalisé par les marbriers hirsonnais François et Félix Laffineur — famille que l’on retrouve dans plusieurs villages du canton d’Aubenton — au début des années 1920.

Illustration photo Szeder László