Présentation

Marlemont, village de la Thiérache ardennaise situé à 15 kilomètres au sud-est d’Aubenton, compte parmi les dix-sept villages de l’avouerie des Potées, terre du chapitre métropolitain de Reims — mais c’est aussi, avec Maubert-Fontaine, l’une des rares fondations neuves du chapitre sur ce territoire, au début du XIIIe siècle. Sa butte, l’un des points les plus élevés du département, domine les villages voisins.

Géographie

Le territoire, d’environ 1 006 hectares, relevait de la coutume de Reims et fournissait des marnes et de la terre à briques.

Histoire

Une fondation du chapitre de Reims

Marlemont est fondé en 1215 par le chapitre de la cathédrale de Reims, à qui la terre appartenait, après que la paix eut été conclue avec Nicolas de Rumigny et que le chapitre eut entrepris de restaurer les Potées et de rebâtir Maubert-Fontaine — Roland avance pour sa part 1216, écart d’un an entre les deux sources qui n’a pas été tranché. En 1468, après la destruction de Liège par Charles le Téméraire, des Liégeois seraient venus se réfugier à Marlemont comme à Maubert-Fontaine. Le village fut ensuite plus ou moins pillé et incendié à plusieurs reprises : par les Impériaux, au temps des guerres entre Charles Quint et Henri II, sous la Ligue, puis lors des deux prises de Rocroi.

La butte et le château du Bois-Bigot

Sur la butte de Marlemont, au lieu-dit la Potence, s’élevait le château du Bois-Bigot, détruit en 1590 par les calvinistes de Sedan. Au siècle dernier, un moulin, aujourd’hui disparu, s’y dressait sur l’un des points les plus élevés du département, utilisé comme repère pour le tracé des triangles de la carte d’état-major ; en 1865, une statue en fer de la Vierge y fut érigée.

Patrimoine

Église Sainte-Marie-Madeleine

L’église remonterait, dans sa partie la plus ancienne, à la seconde moitié du XIIe siècle, comme en témoignent les baies en lancette et le larmier du mur nord de la nef, aujourd’hui visibles dans les combles du collatéral nord. Les collatéraux furent surélevés, peut-être au XVIIe siècle, pour y ménager des ouvertures de tir — celles du côté nord subsistent, au niveau du collatéral et du chevet. Le clocher fut élevé vers 1840, puis le vaisseau central de la nef surélevé en brique pour recevoir un plafond ; l’ensemble des baies fut repris au XIXe siècle.

Sources historiques

Albert Meyrac, Géographie illustrée des Ardennes, 1900 — chanoine C.-G. Roland, Histoire généalogique de la maison de Rumigny-Florennes, Annales de la Société archéologique de Namur, t. XIX, 1891 — Inventaire général du patrimoine culturel, région Grand Est, dossier IA08001580.

Illustration photo Havang(nl)