Présentation

Malzy est un village de l’ancienne Thiérache, sur la rive droite de l’Oise. Lieu de passage depuis l’Antiquité — les Atrébates s’y installèrent vers 200 av. J.-C. — il est lié depuis le VIIe siècle à sainte Aldegonde, dont la chaussure fut longtemps conservée dans l’église. Il conserve une église fortifiée inscrite aux Monuments historiques et un remarquable réservoir de 1896 aux cinq fontaines portant les prénoms de leur bienfaiteur. Sa patronne est sainte Aldegonde.

Étymologie

Selon Marie-Thérèse Morlet, Malzy dérive d’un Malisiacum — formé sur le gentilice latin Malisius. Un cognomen féminin Mallisa est attesté dans une inscription romaine (CIL X 2578). Le hameau du Brûlé représente un substantif verbal de brûler — lieu défriché par le feu.

Histoire

Sainte Aldegonde et la chaussure (VIIe siècle)

L’histoire de sainte Aldegonde nous apprend qu’il existait déjà un village et une seigneurie à Malzy au VIIe siècle — la sainte patronne y vint en visite à plusieurs reprises et y perdit une chaussure, longtemps conservée et exposée dans l’église.

Corvées, misère et libre circulation (1580–1587)

En 1580, le gouverneur du château de Guise contraignit les habitants de Malzy à charrier à la corvée 14 chênes de la forêt d’Épaissenoux jusqu’à son château. Le 19 octobre 1587, Nicolas Cossé de Malzy alla plaider à Guise auprès d’un envoyé du roi Henri III, la libre circulation dans le duché et la misère des habitants affamés.

Campements militaires (1636–1657)

En 1636, les troupes françaises de Richelieu s’installèrent tout au long de l’Oise. Le 7 juillet 1657, une armée de Louis XIV prit campement à Malzy.

L’espion de 1916

Le 2 août 1916, un espion français fut déposé de nuit au lieu-dit les trois pigeons pour surveiller les troupes ennemies. Il demeura onze mois dans le secteur, aidé par la population.

Patrimoine

Église fortifiée — inscrite MH

L’église fortifiée de Malzy est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques. Sa reconstruction date du XVIIe siècle : 1663 est gravé dans la charpente du chœur, 1680 porté en brique vernissée sur la nef. Le chœur à chevet plat est flanqué de deux tours circulaires à meurtrières. L’intérieur conserve un remarquable autel en bois doré à six tableaux représentant les sacrements, un confessionnal sculpté, une chaire aux quatre évangélistes et un baptistère en marbre blanc. Les statues de saint Joseph et de sainte Aldegonde sont en place.

Le réservoir Larue (1895–1896) — cinq fontaines

Au XIXe siècle, le riche avocat Pierre François Édouard Larue, natif de Vervins, finança la construction d’un réservoir pour alimenter en eau tous les habitants. Les travaux furent commencés le 20 septembre 1895 et la remise officielle à la commune eut lieu le 14 août 1896. L’ouvrage comprend deux bassins communicants de 30 mètres de profondeur, en brique rouge de Belgique, surmontés de voûtes remarquables. Cinq fontaines alimentèrent le village, portant chacune un prénom de la famille Larue : Marie, Louise, Furcy, Édouard et Aldegonde — la sainte patronne. Pierre Larue mourut à Brandouzy le 15 octobre 1902 à 74 ans.

Personnalités

Jean-Louis, baron de Viefville des Essarts, député à l’Assemblée Constituante, est né à Malzy.

Pour aller plus loin

  • Norbert Quint — L’histoire de Malzy (article Terascia)
  • Marie-Thérèse Morlet — La Toponymie de la Thiérache, Revue Internationale d’Onomastique, vol. 5–7, 1953–1955
  • Melleville — Dictionnaire historique du département de l’Aisne
  • Terascia.com — Malzy : l’Histoire
  • Wikipedia — Malzy