Présentation

Le Quesnoy est une ancienne place forte du Hainaut, dont l’histoire militaire s’étend du XIIe siècle à la Seconde Guerre mondiale. Fortifiée par Baudouin IV dès 1150, enrichie par Charles Quint puis par Vauban, elle fut définitivement rattachée à la France par le traité des Pyrénées en 1659. Le 4 novembre 1918, les soldats néo-zélandais l’arrachèrent à ses défenseurs allemands en escaladant ses remparts à l’échelle — sept jours avant l’armistice. Ses remparts intacts offrent aujourd’hui l’une des plus belles promenades fortifiées du Nord.

Étymologie

Le Quesnoy signifie en picard ce que chênaie signifie en français — un bois de chênes. Le terme picard quesne (chêne) dérive du gaulois *cassăno-, et le suffixe -oy représente le latin -etum (ensemble d’arbres de même espèce). La forme flamande est Kiezenet.

Histoire

Baudouin IV — le bâtisseur (1150)

En 1150, Baudouin IV de Hainaut entoura la cité de fossés et de remparts et construisit un château qui devint le cœur des fortifications. En 1161, il accorda aux habitants une charte de privilèges. En 1169, son fils Baudouin V y épousa Marguerite d’Alsace — noces somptueuses auxquelles assista en personne l’empereur Frédéric Barberousse.

Une cité convoitée — de Charles Quint à Turenne

Au cœur des guerres entre François Ier et Charles Quint, Le Quesnoy fut doté d’une nouvelle enceinte bastionnée à partir de 1534, dessinée par l’ingénieur italien Frate da Modena. Prise par Turenne en 1654, elle fut définitivement rattachée à la France par le traité des Pyrénées en 1659.

Vauban (1668–1673)

Vauban, qui fit en quelque sorte ses « classes » au Quesnoy, transforma les cinq bastions existants en un corps de place de huit bastions. Les secteurs nord et sud restent les plus représentatifs de son œuvre. Les remparts ainsi aménagés sont aujourd’hui classés et constituent l’un des patrimoines militaires les mieux conservés du Nord.

Le 4 novembre 1918 — les Néo-Zélandais escaladent les remparts

Occupée par les Allemands depuis le 23 août 1914, la ville fut libérée le 4 novembre 1918 par la Division néo-zélandaise. Face à une garnison de plus de 1 000 soldats qui refusaient de se rendre, les soldats néo-zélandais escaladèrent les remparts à l’aide d’échelles, au prix de combats de rues. La ville fut préservée. Sept jours plus tard, l’armistice était signé. Un jardin des Néo-Zélandais et un monument inauguré en 1923 en présence du maréchal Joffre commémorent cet épisode.

Mai 1940 — les remparts de Vauban arrêtent les Panzers

Le 18 mai 1940, la 5e Panzerdivision se présenta devant Le Quesnoy. Ses chars furent bloqués trois jours par les remparts de Vauban — jugés pourtant démodés — et leurs portes étroites. Cette résistance contribua à ralentir la progression allemande et exposa la 7e Panzerdivision lors de la contre-attaque britannique à Arras le 21 mai.

Patrimoine

Les remparts restaurés offrent de belles promenades. Du château, il subsiste la porte du XVIe siècle, des substructions et des caves. L’hôtel de ville, le beffroi et une partie de l’hôpital datent du XVIIIe siècle. À proximité : la forêt de Mormal (5 km) et le château de Potelle (2 km).

Pour aller plus loin

  • Wikipedia — Le Quesnoy
  • Jardin des Néo-Zélandais · Monument commémoratif 1923

Illustration photographique – Tiotr