Jean Mermoz, le célèbre aviateur, né à Aubenton le 9 décembre 1901 et disparu dans  l’océan Atlantique le 7 décembre 1936, était une figure légendaire de l’aéropostale et surnommé l’« Archange ». Christian Libes-Mermoz, petit cousin de Jean Mermoz et président  de l’association «Mémoire de Mermoz» retrace son histoire.

Jean Mermoz : l’Afrique, expérience de terrain qui façonne et forge le corps et les sentiments

2nd partie

Le 25 mars 1924 Jean Mermoz est libéré de son engagement militaire et rendu à la Vie Civile. Fort du dynamisme et de l’enthousiasme de la jeunesse, nanti de son expérience des vols en territoire insoumis et d’un pécule de libération, il pense trouver, de droit et rapidement, un poste de Pilote dans l’une des compagnies aériennes qui, au lendemain de la Guerre, tentent leur chance. Or il traversera un peu plus de trois mois en de vaines recherches d’emplois au travers de la solitude et de la précarité après l’épuisement de son pécule ( confection d’enveloppes – Cascade sur avion Sopwith sur l’Oise …) cela jusqu’au 14 octobre date où il reçoit un courrier de la CGEA/LAL le convoquant à Toulouse pour une éventuelle embauche. Reçu par Didier Daurat, ancien As de la Guerre et Directeur de l’Exploitation, il doit faire montre de ses qualités de pilote par un essai conventionnel qu’il émaille de figures acrobatiques et de réponses vaniteuses lui attirant l’opinion de Daurat :” Mauvais caractère : on vous dressera ” .

Didier Daurat

Didier Daurat, pionnier de l’Aéropostale

Embauché comme mécano, avant de devenir pilote aventurier

Embauché il est affecté plusieurs mois à la mécanique pour apprendre les moteurs, leurs montage, démontage, réglage et entretien. Et c’est le véritable envol en janvier 1925 par une affectation sur la Ligne Toulouse – Barcelone. Vols par tous les temps sur de robustes Breguet 14, lents, sans aucun des appareils élémentaires d’aujourd’hui et ouverts aux vents et pluies. Très rapidement Mermoz se fait remarquer par son audace , son courage et sa conscience professionnelle .
Le 25 mai à Alicante une forte tempête balaie le ciel; le pilote chargé du courrier refuse de partir. R Berjaud Chef d’Escale le remplace ; accompagné de son mécanicien et d’un passager il s’envole et s’écrase immédiatement en flammes . Mermoz prend la suite, décolle et rejoint Malaga. A Barcelone où il vit il devient rapidement un Pilote exemplaire au sens aigu du devoir tout en étant, en même temps, bon vivant joyeux et sportif ! Retrouvant son ancien camarade de régiment Guillaumet il lui conseille de rejoindre, en 1925, les Lignes Latécoère. Il est nommé le 2 mars 1926 à Casablanca et décide de s’y installer . Là il revoit les horizons, la chaleur, et le sable de Syrie .

Lignes Aeriennes Latécoère

Lignes Aeriennes Latécoère

Sa première aventure africaine a lieu le 27 mai ; parti de Casablanca le 22 pour Dakar, le Bréguet de Mermoz et Ataf son interprète Chleuh, vole normalement jusque Agadir. Il est accompagné par un second Bréguet piloté par Eloi Ville. Après trois heures de vol de concert les deux avions pénètrent dans un ban de brume épaisse . Ils s’écartent et se perdent . Le moteur du Bréguet de Mermoz tombe en panne et oblige le pilote à se poser en bord de mer. Après une nuit d’attente de secours qui ne viendront pas les deux hommes prennent la direction du sud croyant rejoindre Cap Juby ; Après 30 kms ils font demi tour et repartent vers le nord; sans plus de succès jusque retour à leur avion. Assoiffés et déshydratés ils boivent l’eau du radiateur de l’avion qui leur déclenchent d’atroces douleurs abdominales ; nouveau départ et choc avec une tribu Maure qui les fait prisonniers et les libérera le 27 contre rançon. Retour en France pour un premier congé chez sa mère infirmière à Lille .

Cap Juby

Cap Juby

Aviateur, un métier à haut risque

Fin aout 1926, Mermoz remis de sa convalescence, est affecté à Cap Juby petit poste perdu sur la côte du Rio de Oro entre Agadir et Villa Cisnéros. Vie aride, confort inexistant mais vols fréquents. Un peu d’ennui donne envie d’aller voir ailleurs ; aussi propose-t-il ses services à la CIDNA pour un éventuel poste sur l’Orient . Le courrier est glissé, par étourderie, dans une enveloppe adressée à Daurat ! Celui ci , compréhensif, passe l’éponge; et se noue, entre les deux hommes, une estime mutuelle fort utile. Le 17 octobre Georges Pivot et Marcel Reine tombent aux mains des Maures pour une semaine de captivité. Le 11 novembre deux autres Breguet ( Eugène Gourp/Lorenzo Pintado et Henri Erable/Ataf ) sont contraints de se poser. Assaillis par une bande de Maures, Erable et Pintado sont tués; Gourp blessé gravement à la cuisse est ligoté sur un chameau et emmené jusque Casablanca où il décèdera dans d’atroces souffrances en arrivant. Mermoz et Ville partis de Cap Juby à leur recherche auront plus de chance ; car bien que posés en raison d’une panne de l’avion de Ville, celui ci a le temps de sauter dans l’avion de Mermoz; et c’est sous les balles qu’ils redécollent. Cette tragédie a marqué les pilotes de la Ligne d’autant plus que les cadavres de Erable et Pintado gisent toujours dans les sables près la carcasse de leur avion. Ordre a été donné par le Colonel Espagnol, responsable du territoire, de ne pas tenter de les récupérer. Ayant obtenu dérogation à cet ordre, Mermoz, le 15 octobre 1927, découvre le site du drame, s’ y pose ; et ne retrouve rien sauf une mèche de cheveux d’Erable. Il la récupère et ira, plus tard, la remettre à la mère du pilote.

L’année 1927 se termine bien pour Mermoz car il sait que Daurat l’enverra bientôt en Amérique du sud. Il est revenu à Toulouse et a en charge les essais des nouveaux modèles de la Sidal . L’idée de la traversée de l’Atlantique Sud est dans l’air . Et, pour cela, Mermoz doit se familiariser avec le nouveau Laté 26-2R baptisé “Spirit of Montaudran”. Accompagné par Elisée Négrin, co-pilote, Mermoz réussit, le 11 octobre, une belle et grande performance : 4270 kms en 22 h 30 !

À suivre…

Christian Libes-Mermoz


Chers Amis de Terascia,

Originaire de Thiérache, j’ai été élevé à Mainbressy, ai fréquenté l’Ecole publique jusque l’Exode de 1940 et suis revenu à chaque vacances scolaires. Plus tard, j’ai repris la maison familiale jusqu’à sa revente dans les années 70. Permettez moi aujourd’hui de vous présenter l’association “Mémoire de Mermoz” dont les buts principaux sont de défendre et illustrer le souvenir de Jean Mermoz et ses Compagnons des Lignes Aériennes Latécoère et Aéropostale.

Composée par quelques membres des familles des pionniers, des passionnés de l’histoire aéronautique française, des pilotes actifs et en retraite, des historiens et chercheurs, l’association “Mémoire de Mermoz” rassemble une équipe dont les liens principaux sont : la composition d’un Bulletin mensuel de liaison et informations – l’organisation de voyages commémoratifs sur les sites de l’histoire de Jean Mermoz – la présentation et tenue d’expositions avec conférences – les recherches sur le respect de l’histoire des Lignes Latécoère et Aéropostale et la transmission du vrai.

Elle est ouverte à tous les Amis de Thiérache qui peuvent, facilement, y adhérer en retournant le petit bulletin joint accompagné d’un chèque de 20 €  à : 
Mémoire de Mermoz – 15 allée A Marquet –  95560 Montsoult.
Un accusé réception, accompagnant le dernier Bulletin publié, sera retourné immédiatement.

Et, pour illustrer le Bulletin mensuel, informer et enrichir les connaissance de nos adhérents et amis, nous recherchons toutes pièces, photos; tous documents; et toutes archives concernant Jean Mermoz qui pourraient être retrouvés dans quelques greniers, armoires, ou archives oubliées. Photocopiés ces documents publiés dans le Bulletin en en citant leurs origines, vous seront immédiatement retournés.

Au plaisir de continuer à vous informer de l’histoire de Jean Mermoz.

Christian Libes-Mermoz
Président de “Mémoire de Mermoz”

Exposition itinérante Jean Mermoz proposée par l’association Mémoire de Mermoz.
Contact : c.libes@orange.fr