Présentation

Gercy est un village de l’ancienne Thiérache, bâti sur la rive gauche du Vilpion, à 4 kilomètres au sud de Vervins. Ancienne seigneurie des Coucy, des Bar, des Luxembourg, passée dans le domaine royal sous Henri IV, elle conserve les vestiges imposants de son château-fort médiéval : une motte et une basse-cour fossoyée rectangulaire de plus de 40 mètres. Son patron est saint Michel.

Étymologie

Selon Marie-Thérèse Morlet, Gercy dérive de Gericiacum, formé sur le gentilice romain Géricius, dérivé du cognomen Gérus. Ce cognomen est attesté dans une inscription du Languedoc à Nîmes : Dis Massibus L Tulli Geri (CIL XII 3636).

Géographie

Gercy est bâti sur la rive gauche du Vilpion. Doyen note que la commune figure parmi les sites de peuplement les plus anciennement attestés en Thiérache. Un plan de route du XVIIIe siècle montre la maison forte de Gercy à l’intérieur même du village — disposition non exceptionnelle mais caractéristique des maisons fortes de la région.

Histoire

La seigneurie — des Coucy au duc d’Orléans

La terre de Gercy appartint successivement aux sires de Coucy — Enguerrand y construisit une chapelle en 1161 et y établit un chapelain — puis à Robert de Bar, comte de Marle. Elle entra ensuite dans le domaine royal. Henri IV la vendit en 1690 à Pierre Gemart, capitaine d’infanterie. La chaîne seigneuriale se poursuit avec François de Gemart (gouverneur de Vervins, 1605–1641), Abraham de Rambourg (1670), Jean-Louis-Emmanuel de Rambourg (1730–1738). En dernier lieu, la seigneurie appartint au duc d’Orléans.

Le château — Armagnacs, Luxembourg et démolition (1412–1475)

Le château-fort de Gercy fut un enjeu militaire pendant la guerre de Cent Ans. En 1412, les Armagnacs s’en emparèrent sur les Bourguignons. Les milices des communes voisines furent aussitôt rassemblées, assiégèrent le château, le reprirent et décapitèrent les prisonniers. En 1423, Jean de Luxembourg s’en rendit maître. En 1475, lors du traité avec le roi, le duc de Bourgogne s’engagea à le démolir. Il en reste aujourd’hui une motte et une basse-cour fossoyée rectangulaire de plus de 40 mètres.

Le culte réformé au château (1681)

Les protestants avaient autrefois à Gercy un prêche — détruit en 1664. Dix-sept ans plus tard, en 1681, Abraham de Rambourg, seigneur de Gercy, obtint du roi l’autorisation de pratiquer le culte réformé dans son château, pour lui, sa famille et 50 personnes du dehors.

« Il y avait autrefois à Gercy un château-fort dont les Armagnacs s’emparèrent en 1412 sur les Bourguignons. Les milices des communes voisines furent réunies aussitôt et conduites au siège de ce château qui fut repris et les prisonniers décapités. » — Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne

Patrimoine

Vestiges du château-fort

Sur le site de l’ancien château-fort (démoli en 1475) subsistent une motte féodale et une basse-cour fossoyée rectangulaire de plus de 40 mètres — l’un des plus beaux exemples de site castral médiéval conservé en Thiérache.

Pour aller plus loin

  • Marie-Thérèse Morlet — La Toponymie de la Thiérache, Revue Internationale d’Onomastique, vol. 5–7, 1953–1955
  • Melleville — Dictionnaire historique du département de l’Aisne
  • Bénédicte Doyen — Châteaux, abbayes et peuplement en Thiérache, Revue archéologique de Picardie, 2000
  • Wikipedia — Gercy