Présentation

Fligny s’étage sur la pente nord d’une colline, non loin de la frontière belge, dans le canton de Rocroi. Le village, ancienne succursale de la paroisse de Signy-le-Petit, conserve sous le vocable de saint Étienne l’une des églises fortifiées de la Thiérache ardennaise.

Géographie

Le ruisseau du Bosneau traverse le territoire d’est en ouest, grossi sur sa droite par le ruisseau de la prairie du Mont-Hédin et par celui de la Petite Eau ; réunis au moulin Sabouret, ils forment la rivière d’Any, qui rejoint le Gland à Saint-Michel-en-Thiérache (Aisne). Le sous-sol superpose un étage liasique (marbre noir, calcaire ferrugineux) et un étage jurassique, avec ses carrières dans les calcaires de l’oolithe inférieure. En 1900, Meyrac y recensait trois écarts : les Buttes-Waroquet, la Gare et Sabouret.

Histoire

Une possession de Saint-Nicaise dès 1113

Une bulle pontificale du 11 avril 1113 reconnaît aux moines de Saint-Nicaise de Reims, à Fligny, un moulin banal, des terres, un pré et le quart des dîmes : le village avait donc déjà, au début du XIIe siècle, une existence organisée. Devenu deuxième secours de la paroisse de Signy-le-Petit, son église est attestée sous le vocable de saint Étienne protomartyr par le Pouillé de 1306.

Seigneurie et rachat, 1240-1439

En 1240, Gautier de Rumigny, qui tenait Fligny en apanage, cède ses droits sur le territoire à l’abbaye de Saint-Michel-en-Thiérache. En 1351, Robert de Rumigny, seigneur d’Any, confirme à cette même abbaye une rente de vingt jallois d’avoine à prélever chaque Noël sur le terrage de Fligny. Engagé, comme Tarzy et la Neuville-aux-Joûtes, à un prince de la maison de Lorraine à l’occasion des troubles de la guerre de Cent Ans, le village est racheté en 1439 par Antoine de Vaudémont, seigneur de Rumigny, à Guillaume de Lorraine qui le détenait alors.

1549 : une supplique au duc de Guise

En 1549, les habitants de Fligny s’adressent à leur seigneur Claude de Lorraine, duc de Guise, pour obtenir un droit d’usage dans les bois limitrophes, invoquant un territoire « froid, stérile, de petit rapport dont bonnement ils ne peuvent vivre ».

1555 : la vengeance du prince d’Orange

Cette année-là, le prince d’Orange, gouverneur de Charlemont nommé par Charles Quint, échoue à s’emparer de Marienbourg que la France venait de fortifier ; il ne peut que ruiner le château de Fagnolle, et ses troupes se vengent en dévastant la contrée, incendiant à cette occasion Fligny et Tarzy.

Patrimoine

Église Saint-Étienne

L’église Saint-Étienne de Fligny compte parmi les églises fortifiées de la Thiérache ardennaise. Selon un panneau descriptif apposé sur la façade, elle fut incendiée par les Impériaux en 1520 puis par les troupes du prince d’Orange en 1555, avant d’être rebâtie en 1570 sous l’autorité de François de Lorraine. Nef et chœur, dont les maçonneries distinctes ne sont pas chaînées entre elles, pourraient toutefois relever de deux campagnes différentes, le chœur actuel datant peut-être du XVIIe siècle. Les combles, aménagés en refuge, conservent des ouvertures de tir aujourd’hui obturées dans la nef.

Vestiges disputés d’un château

Fligny eut, comme la plupart des villages voisins, un château fort attribué aux Armagnacs pendant la guerre de Cent Ans, dont on ne voyait déjà plus trace en 1555. Une autre forteresse, signalée par Hubert au lieu-dit Moulin-Sabouret « du temps de la Ligue », pourrait n’en être qu’un relèvement tardif ou un ouvrage distinct.

Sources historiques

Dom Albert Noël, Notice historique sur le canton de Signy-le-Petit, 1881, p. 6-13 et 55-61 — Albert Meyrac, Géographie illustrée des Ardennes, 1900, p. 508 — Hubert, Géographie des Ardennes, 3e éd., Jolly, Charleville, 1856 — Inventaire général du patrimoine culturel, région Grand Est, dossier IA08002040 — Wikipédia.

Illustration photo Havang(nl)