Présentation

Éteignières s’étend sur le revers d’une colline, à la lisière du canton de Rocroi et de celui de Signy-le-Petit, entre Auvillers-les-Forges et Regniowez. Longtemps simple annexe d’une paroisse voisine, le village a fini par prendre le pas sur elle.

Géographie

Le territoire, boisé à l’ouest, est traversé par la Sormonne et par plusieurs ruisselets, dont le ruisseau de l’Écaillère, qui alimente l’étang du même nom avant de rejoindre la Sormonne près de Marby. Le sous-sol superpose un étage ardoisier (carrières de schistes bleus, aujourd’hui abandonnées), un étage liasique (calcaires ferrugineux autrefois exploités en castine pour les hauts-fourneaux de La Roche et de Signy) et un étage moderne (minerai de fer, terre à briques, terre de potier). On y recensait, en 1900, une dizaine d’écarts et censes dispersés — le Bas Taillis, le Haut Taillis, les deux Escaillère, le Moulin de Foulzy entre autres.

Histoire

Une annexe devenue paroisse

Éteignières apparaît au début du XIVe siècle sur le rôle des paroisses du doyenné de Rumigny, mais seulement comme la seconde annexe, par l’importance, de la paroisse-mère de Foulzy — elle-même détachée d’Antheny. Il faut attendre le XVIIe siècle, lorsque les chanoines de la Sainte-Chapelle de Paris héritent en alternance avec le chapitre de Reims des droits de collation, pour qu’Éteignières soit érigée en vicariat indépendant, avec pour hameau rattaché Regniowez.

1636 : l’entrée espagnole par Regniowez

Selon Dom Noël, ce fut en juin 1636 que les Espagnols, rejoints par des gens de Chimay, entrèrent en France par la frontière du Hainaut du côté de Regniowez et brûlèrent Éteignières, avec la Neuville-aux-Tourneurs, Tarzy et Fligny. Le registre du curé d’Aouste, source distincte et antérieure, situe pour sa part l’événement au 4 juillet 1636. Dom Noël ajoute que l’année suivante aurait vu Turenne prendre une revanche éclatante de ces ravages.

L’anecdote de la pomme de terre

C’est vers 1696, d’après un rapport de Feuillet de Fontenelle rapporté par Meyrac, que des forgerons de Beaulieu et d’Éteignières, partis établir des forges et des verreries au Canada, auraient rapporté la pomme de terre dans la région — une tradition locale, non recoupée ailleurs.

Patrimoine

Église Sainte-Anne

Une plaque commémorative intérieure fait remonter la reconstruction de l’édifice actuel au milieu du XIXe siècle, à l’initiative du curé Bernard, en poste de 1849 à 1860. La nef à trois vaisseaux, précédée d’un avant-corps portant le clocher, associe pierre de taille calcaire, brique et moellon de schiste ; le chœur, en abside à trois pans, est couvert de fausses voûtes d’ogives comme la nef l’est de voûtes d’ogives.

Sources historiques

Dom Albert Noël, Notice historique sur le canton de Signy-le-Petit, 1881, p. 48-55 — Albert Meyrac, Géographie illustrée des Ardennes, 1900, p. 507-508 — registre paroissial du curé d’Aouste — Inventaire général du patrimoine culturel, région Grand Est, dossier IA08002039 — Wikipédia.

Illustration photo Havang(nl)