Englancourt – 02260
Présentation
Englancourt est un village de l’ancienne Thiérache, bâti sur la rive droite de l’Oise, à 55 kilomètres au nord de Laon et à 11 kilomètres de Vervins. Dominé par une motte féodale de 80 mètres de diamètre, il conserve deux monuments d’exception : l’église fortifiée Saint-Nicolas, dont le donjon est en son cœur, et le château de la Plesnoye, classé aux Monuments historiques. Son patron est saint Nicolas.
Étymologie
Selon Marie-Thérèse Morlet, Englancourt dérive de Anglane corte — formé sur un thème ethnique Angl-, peut-être en lien avec les Angles (peuple germanique), ou sur un nom propre d’homme Angil. Le suffixe -court (corte) désigne un domaine, une cour seigneuriale.
Géographie
Englancourt domine la vallée de l’Oise et offre un panorama remarquable sur le bocage thiérachien. Le territoire est irrigué par plusieurs ruisseaux affluents de l’Oise naissante. Le hameau de Rue-Lagasse, rattaché à Englancourt, possède une église de 1855 et une ancienne école de 1853 reconvertie en gîte rural. Un ancien moulin à eau subsiste sur la rivière.
Histoire
La chapelle d’Adeline de Guise (1200)
En 1200, Adeline, dame de Guise, fonde une chapelle à Englancourt et lui donne la sixième partie de la dîme d’Esquchéries, un muid de froment à Hambruit et une terre arable à Gomont. La même année, la première forme du nom (Ainglencourt) est attestée. En 1188, Robert d’Englancourt avait déjà donné aux moines de Thenailles huit muids de froment pour qu’ils établissent une chapelle dans leur grange de Chans.
La seigneurie — des Englancourt aux La Fons
Après les seigneurs d’Englancourt (Robert, 1188 ; Gérard dit le Sénéchal, 1274), la terre entre dans les mains des seigneurs de Guise. Charles, duc de Bretagne, la donne en 1360 en douaire à sa fille Maria, qui avait épousé Louis, duc d’Anjou. En 1650, Charles de La Fons, seigneur de La Plesnoye et d’Englancourt, est en possession du domaine.
Le château de la Plesnoye — détruit par les Espagnols (1650)
La Plesnoye (La Planois au XIIIe siècle) était autrefois un fief doté d’un château. En 1650, les Espagnols le détruisent pour se venger de Charles de La Fons, qui les avait contraints à quitter le siège de Guise. Le château actuel fut reconstruit en 1665 avec une cour d’honneur, un corps de logis rectangulaire, deux tourelles d’angle circulaires et des façades ornées de dessins de briques vernissées. Ce magnifique ouvrage est classé aux Monuments historiques.
Patrimoine
Église fortifiée Saint-Nicolas — le donjon en cœur d’église
L’église Saint-Nicolas est une singularité parmi les édifices fortifiés de Thiérache : elle ne comporte pas de clocher, et son donjon se trouve en son cœur, derrière l’autel, accessible par un escalier très étroit bâti dans l’épaisseur du mur. Le donjon est un quadrangulaire en brique flanqué de deux tours de 26 mètres de hauteur totale, avec une importante salle de refuge dans sa partie supérieure. La façade est encadrée de deux tourelles en encorbellement avec des bases en grès et des meurtrières. Les vitraux ont été entièrement restaurés.
La Vierge aux paupières battantes (1955)
En octobre 1955, une habitante du village aperçut la statue de la Vierge de l’église battre des paupières. Croyant au miracle, des milliers de personnes affluèrent dans la petite église — épisode qui marqua durablement la mémoire locale.
La motte féodale
Une motte féodale de 80 mètres de diamètre atteste des origines médiévales du village — vestige d’une fortification de terre antérieure au château de pierre.
Sources historiques
« Englancourt : Anglane corte, formé sur un thème ethnique « Angl-« . Il pourrait aussi tirer son origine d’un Angil. » — Marie-Thérèse Morlet, La Toponymie de la Thiérache, 1953–1955
« La Plesnoye fut détruite en 1650 par les Espagnols, pour se venger de Charles de La Fons, auquel il appartenait, et qui les avait contraints à quitter le siège de Guise. » — Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne
Pour aller plus loin
- Marie-Thérèse Morlet — La Toponymie de la Thiérache, Revue Internationale d’Onomastique, vol. 5–7, 1953–1955
- Melleville — Dictionnaire historique du département de l’Aisne
- Wikipedia — Englancourt
- Base Mérimée — château de la Plesnoye (classé MH)