Présentation
Dimont est un village de l’Avesnois, situé à l’est de Solre-le-Château, dans un paysage de bocage et de bois. Attesté dès 921 sous la forme latine Magnus Mons — le « Grand Mont » —, il regroupe depuis la Révolution le hameau d’Offies. L’église Saint-Georges, antérieure à 1600, conserve une pierre tombale de 1596. Dimont faisait partie de la terre et pairie d’Avesnes et relevait avant 1789 de la prévôté de Maubeuge.
Étymologie
La forme la plus ancienne, Magnus Mons (921, diplôme de Charles le Simple), signifie « Grand Mont ». Les formes médiévales — Dimont (1177, titre du chapitre de Maubeuge), Dymont (vers 1200, cartulaire de l’abbaye d’Alne), Duismont (1246, cartulaire d’Artois), Dymont (1349, pouillé de Cambrai) — montrent une contraction progressive du latin vers le toponyme actuel. La commune voisine de Dimechaux, dont les formes médiévales (Dimencel, 1202) évoquent un diminutif de Dimont, tire sans doute son nom de cette proximité : le « petit Dimont ».
Géographie
Dimont est installé sur les collines à l’est de Solre-le-Château, dans un paysage typique de la haute vallée de la Solre : prairies humides, haies bocagères et fermes dispersées. Les lieux-dits recensés en 1866 comprenaient Offies, les Foyaux, le Fond Saint-Pierre, les Terrettes, la Tête des Loups, les Préelles, la Rue-Haute, le Pied du Château de Dimont et le Pied du Château d’Offies — ces deux derniers témoignant de l’existence de sites fortifiés disparus.
Histoire
Une donation carolingienne (921)
En 921, Charles le Simple, roi de France, fit don à l’abbaye de Maroilles d’une manse avec ses dépendances située dans ce village — même donation que pour la voisine Dimechaux. En 1186, Dimont formait une paroisse du décanat d’Avesnes, à la collation de la commanderie de Piéton (ordre de Saint-Jean de Jérusalem), qui y possédait des biens. Le village faisait partie de la terre et pairie d’Avesnes. Encore en 1787, le duc d’Orléans y possédait un moulin, avec d’autres biens et des rentes.
Offies — un hameau hospitalier
Le hameau d’Offies — probablement l’Ozies de Jacques de Guise, paroisse du décanat de Maubeuge en 1186 — forma un village distinct jusqu’à la Révolution. Au XIIe siècle, c’était un fief appartenant à Henri, châtelain de Mons, qui le donna en 1198 au chapitre de Sainte-Waudru. Celui-ci le céda bientôt à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La chapelle d’Offies est le but d’un pèlerinage encore fréquenté chaque année le 24 juin par les bergers, qui viennent y invoquer leur patron.
Patrimoine
Église Saint-Georges
L’église Saint-Georges de Dimont est de construction antérieure à 1600. Elle conserve une pierre tombale de 1596.
Chapelle d’Offies
La chapelle d’Offies était encore à la fin du XIXe siècle le but d’un pèlerinage fréquenté chaque 24 juin, fête de la Saint-Jean : les bergers de la région venaient y invoquer leur patron — tradition pastorale sans doute liée à la présence historique de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem sur ce fief.
Sources historiques
- Bulletin de la Commission historique du département du Nord, t. IX, 1866, p. 177-178 — notice communale
Illustration photo Budotradan