Présentation
Cartignies est l’un des plus anciens villages de l’Avesnois, attesté dès 899 sous la forme Castricinium. Traversé par l’Helpe Mineure, au cœur du Parc naturel régional de l’Avesnois, le village s’est formé autour d’une ferme de l’abbaye de Liessies. On dit localement : « Vieux comme les chemins de Cartignies » — expression qui traduit l’ancienneté perçue du village dans la mémoire populaire. La commune comptait 1 209 habitants (les Castriciniens) en 2023. Elle est décorée de la Croix de Guerre 1939–1945.
Étymologie
Le nom de Cartignies est un type toponymique gaulois ou gallo-romain, formé sur l’anthroponyme latin Cartinius suivi du suffixe -(i)acum de localisation et de propriété, d’origine gauloise. La forme actuelle en -ies est liée à l’attraction des variantes en -(i)acas, caractéristiques du nord de la France et de la Belgique. Le village est en homonymie avec Cartigny (Somme) et Cartigny-l’Épinay (Calvados).
La forme de 899 (Castricinium) est une latinisation fantaisiste. Une tradition locale évoque un fondateur nommé Heinitz dont le nom, associé à Castrum, aurait donné Cartegny puis Cartignies.
Géographie
Cartignies est traversé par l’Helpe Mineure (50 km), la Rivièrette (20 km) et le ruisseau de Chevireuil (10 km). La commune se trouve à 7 kilomètres d’Avesnes-sur-Helpe et à 10 kilomètres du département de l’Aisne. Le territoire, longtemps très boisé et intégré à la grande Haie d’Avesnes, n’est défriché qu’à partir de 1860.
Histoire
Une ferme abbatiale au cœur du village
À l’origine, le village s’est bâti autour d’une ferme appartenant à l’abbaye de Liessies (XIIe siècle). De cette ferme, il subsiste les étables voûtées en briques — le reste ayant été détruit à la Révolution. Les abbayes de Saint-Amand, Honnecourt, Liessies et Vicogne y possédaient de vastes domaines.
Louis XI à Cartignies (1477)
En 1477, l’armée de Louis XI prend position à Cartignies avant l’assaut contre Avesnes. Des monnaies et bagues retrouvées sur place en témoignent.
La Première Guerre mondiale
À compter du 26 août 1914, Cartignies se trouve en zone occupée. Le village est libéré par des troupes britanniques le 6 novembre 1918.
La Croix de Guerre 1939–1945
Le 21 mai 1950, Cartignies reçoit la Croix de Guerre 1939–1945 — distinction rare pour un village de l’Avesnois, saluant son attitude durant l’Occupation.
La tornade du 9 mai 1958
Une tornade de forte intensité (EF3) traverse la commune le 9 mai 1958, endommageant plusieurs habitations et corps de ferme et déracinant des pommiers, sans faire de victime humaine.
Patrimoine
Église Saint-Sauveur
L’église Saint-Sauveur, connue dès 870, est érigée en 1650 et remaniée en 1687. Elle conserve un riche mobilier classé : retable du XVIIIe siècle, confessionnal en chêne, statues anciennes et un Christ en croix du XVIIe siècle. À l’entrée se trouve un Christ aux liens semblable à celui de Sémeries.
Étables voûtées de la ferme abbatiale
Vestige de la ferme de l’abbaye de Liessies, les étables voûtées en briques constituent le seul témoignage architectural subsistant de l’établissement médiéval.
Kiosque à musique pédonculé
Cartignies possède un joli kiosque à musique pédonculé (1920), typique de l’Avesnois.
Chapelles et oratoires
De nombreuses chapelles et oratoires jalonnent les chemins ruraux du territoire, témoins de la dévotion populaire locale.
Personnalités liées à la commune
Pierre Mauroy (lien avec la commune).
Pierre Dubois, elficologue.
Héraldique
Le blason de Cartignies : « Bandé d’or et de gueules. » Ce blason est partagé avec plusieurs communes de l’Avesnois, dont Avesnes-sur-Helpe, Damousies, Felleries, Larouillies et Ramousies.