Présentation
Bousignies-sur-Roc est une commune du Hainaut français dans une situation géographique singulière : 70 % de ses limites sont la frontière franco-belge. Sept routes relient le village à ses voisins, dont une seule conduit à une commune française (Cousolre) — les six autres mènent en Belgique. Ancien hameau de Cousolre érigé en commune à la Révolution, le village fut un centre marbrier important et conserve des curiosités naturelles et architecturales remarquables. Il comptait 369 habitants en 2023.
Géographie
La commune est traversée par la Hante et la Thure, qui marque à l’ouest la frontière belge de façon sinueuse. La commune est entourée de bois parcourus de chemins de douaniers. Elle possède même une carrière de calcaire (Dhordain) dont la seule entrée se trouve en Belgique, à Bersillies-l’Abbaye. Une maison du village, bien que située en France, n’est accessible que par un ponton traversant la Thure côté belge.
L’appellation -sur-Roc rappelle les pentes rocheuses calcaires qui caractérisent le relief local.
Histoire
Origines — hameau de Cousolre
Hameau de Cousolre au XIIIe siècle, Bousignies-sur-Roc appartint au chapitre des Dames Chanoinesses de Maubeuge et à l’abbaye des Dames de Beaumont. Le village est rattaché à la France avec Maubeuge lors du traité de Nimègue (1678).
L’affaire des chevaux — traité de Ryswick (1699)
Semi-enclavé en Belgique, le territoire de Bousignies fit l’objet d’une demande d’échange par l’Autriche lors des Conventions de Limites de 1699, voulant sécuriser la route stratégique Mons–Beaumont. La France refusa avec un argument inattendu : un comptage révéla que Bousignies comptait deux fois plus de chevaux que le village belge proposé en échange (Bersillies-l’Abbaye), rendant l’échange inéquitable au regard des réquisitions militaires.
Bousignies-sur-Roc fut également le dernier village du Hainaut français à avoir eu sur son territoire une enclave des Pays-Bas autrichiens (la terre du Culot du Bois), rattachée à la commune lors du traité de Courtrai (1827).
Louis XIV à la ferme de Hurtebise
La ferme de Hurtebise (XVIIe siècle), située sur l’ancienne route reliant Beaumont à Mons, à 2,5 km au nord-ouest du village, est liée à une tradition locale : Louis XIV s’y serait arrêté et y aurait couché lors d’un de ses passages dans la région.
La Première Guerre mondiale
Le 24 août 1914, des troupes françaises séjournent à Bousignies avec mission de soutenir les forces en Belgique à Fontaine-Valmont. Elles doivent se replier sur Solre-le-Château lors de la Grande Retraite qui suit la Bataille des Frontières.
Le massacre de mai 1940
Le 15 mai 1940, une escadrille de Stukas allemands bombarde et mitraille en piqué une colonne de réfugiés civils belges dans la Côte de Gérard-Croix, causant la mort de 82 personnes.
La borne frontalière déplacée (2021)
En 2021, Bousignies-sur-Roc fait la une des médias lorsqu’il est découvert qu’un agriculteur belge a déplacé une borne frontalière entre le village et Erquelinnes, faisant ainsi reculer la frontière entre France et Belgique.
Patrimoine
Église Sainte-Aldegonde
L’église Sainte-Aldegonde du XVIIIe siècle conserve un magnifique Christ en croix du XVe siècle. La chapelle de Sainte-Aldegonde date de 1681.
La fontaine pétrifiante
Dans le bois de Squinchaux se trouve une fontaine pétrifiante, du même type que la célèbre fontaine de Saint-Alyre près de Clermont-Ferrand. L’eau, très chargée en carbonate de calcium, recouvre en quelques heures à quelques jours les objets immergés, leur donnant l’apparence de la pierre.
Le pont romain sur la Hante
En direction de Montignies-Saint-Christophe (Belgique), un vieux pont d’une vingtaine de mètres posé sur 13 arches enjambe la Hante. La tradition locale le dit romain — il permettrait à la chaussée Bavay–Trèves de traverser la rivière, dont le courant est particulièrement rapide. Son âge exact reste incertain, mais l’ouvrage est ancien.
Mémorial RAF (1944)
Le 26 mars 1944, un avion de la Royal Air Force s’écrase sur le territoire de la commune. Un mémorial rue Terre du Mont commémore cet événement.
Chapelles et oratoires
Plusieurs chapelles et niches sont dispersées dans la commune : chapelle Notre-Dame-de-Lourdes, chapelle rue de Sartiau, chapelle Maria-Anna à Landignies, chapelle Notre-Dame du Sacré-Cœur à Landignies, niche Notre-Dame de Fatima et niche saint Antoine de Padoue.
Sources historiques
« Un comptage montra que le village de Bousignies-sur-Roc comptait deux fois plus de chevaux que celui de Bersillies-l’Abbaye. L’échange devenait alors inéquitable. »
— Wikipedia, Bousignies-sur-Roc
« La ferme de Hurtebise, XVIIe, est située sur l’ancienne route qui reliait Beaumont à Mons. On dit que Louis XIV s’y arrêta et y coucha. »
— Terascia.com, Bousignies-sur-Roc : l’Histoire
Pour aller plus loin
- Wikipedia — Bousignies-sur-Roc
- Parc naturel régional de l’Avesnois
Illustration photo – Havang(nl)