Présentation
Beaumé est un petit village de l’ancienne Thiérache, bâti sur le bord d’un ruisseau dans un paysage de vallons bocagers, à 60 kilomètres au nord-est de Laon et à 23 kilomètres à l’est de Vervins. Autrefois simple dépendance de Leuze, il ne fut érigé en paroisse séparée que peu d’années avant 1780. Son patron est saint Nicolas.
La commune comptait environ 80 habitants au début du XXIe siècle, contre un maximum de 477 en 1856. Elle conserve une église fortifiée et quelques granges anciennes.
Étymologie
L’étymologie de Beaumé est remarquablement bien documentée et concordante entre Morlet et Melleville. Selon Marie-Thérèse Morlet, le toponyme représente un Bellus-mansus : le beau manse. Le manse était à l’origine une grande exploitation rurale tenue par un unique fermier, comprenant terres, bois et prés. Plus tardivement, le manse a fini par constituer un village — ce qui correspond précisément à l’histoire de Beaumé, longtemps simple ferme avant de devenir paroisse.
Melleville confirme en notant que Beaumé « n’était vraisemblablement qu’une simple ferme dans l’origine, comme l’indique son nom : bellus mezus, belle manse ou ferme ».
Géographie
Le territoire de Beaumé (9,18 km²) présente un habitat très dispersé, typique de la Thiérache, avec une altitude variant de 168 à 254 mètres. Plusieurs petits cours d’eau le traversent — le Goujon, le ruisseau du Bois Carbonnet, le fossé de la Courte-Soupe. Les dépendances de la commune incluent les hameaux de la Courte-Soupe, la Rue des Marais, la Rue des Maupins, Bois du Croux, Mont-Plaisir, ainsi que les fermes du Mont-du-Faux et de la Grange-aux-Bois, et l’Hermitage comme maison isolée.
Histoire
Une ferme devenue village
L’histoire de Beaumé illustre parfaitement l’évolution toponymique décrite par Morlet : une grande exploitation rurale médiévale — le manse — qui s’est progressivement densifiée pour former un hameau, puis un village. Beaumé dépendait autrefois de Leuze et ne fut érigé en paroisse séparée que peu d’années avant 1780.
La seigneurie de Beaumé
En 1326, Hugues de Lorraine, sire de Martigny, Leuze et Beaumé, est le premier seigneur connu. La seigneurie passe ensuite à Charles de Castres (1690), puis à la famille Desforges : Nicolas Desforges, écuyer (vers 1700), Henri-Thimothée Desforges (1750) et Paul-Nicolas Desforges (1760). Cette famille avait été anoblie en 1661 pour la part brillante qu’elle avait prise à la défense de Guise assiégé par les Espagnols.
« Beaumé n’était vraisemblablement qu’une simple ferme dans l’origine, comme l’indique son nom : bellus mezus, belle manse ou ferme. Ce village dépendait autrefois de Leuze ; il ne fut établi en paroisse séparée que peu d’années avant 1780. » — Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne
Patrimoine
Église fortifiée Saint-Nicolas
L’église Saint-Nicolas est l’édifice patrimonial principal de Beaumé. Fortifiée, elle domine le bourg et constitue un bel exemple de l’architecture défensive thiérachienne.
Granges anciennes
Le village conserve quelques granges anciennes témoignant de sa vocation agricole originelle de grande exploitation rurale.
Paysage et excursions
Le circuit par la Courte-Soupe, le Mont-du-Faux et la Grange-aux-Bois offre un point de vue remarquable sur le village et son environnement bocager.
Sources historiques
« Beaumé représente un Bellus-mansus : beau manse. Le manse était à l’origine une grande exploitation rurale tenue par un unique fermier et comprenait : terres, bois, prés. Plus tardivement, le manse a fini par constituer un village. » — Marie-Thérèse Morlet, La Toponymie de la Thiérache, 1953–1955
Pour aller plus loin
- Marie-Thérèse Morlet — La Toponymie de la Thiérache, Revue Internationale d’Onomastique, vol. 5–7, 1953–1955
- Melleville — Dictionnaire historique du département de l’Aisne
- Wikipedia — Beaumé