Présentation

Avesnelles est un village du sud-est du département du Nord, au cœur du Parc naturel régional de l’Avesnois, dans la vallée de l’Helpe Majeure. Contigu à Avesnes-sur-Helpe (sous-préfecture), il se situe à 15 kilomètres de Fourmies, à 11 kilomètres du département de l’Aisne et à 15 kilomètres de la Belgique. Il appartient historiquement au Hainaut. À la limite de son territoire et de celui de Flaumont-Waudrechies se trouve un oppidum gaulois de 14 hectares à murus gallicus, l’un des plus anciens témoignages d’occupation humaine de l’Avesnois.

Étymologie

La commune était anciennement désignée sous le nom d’« Avesnelles-Saint-Denis », reflet d’une appartenance monastique à l’abbaye de Saint-Denis. Jean Mossay rapproche le site de la localité appelée Avisina, donnée par Charlemagne à l’abbaye en 775 — une identification qui reste discutée, Avisina pouvant aussi désigner le site voisin d’Avesnes. Les Albums de Croÿ (1597) attestent la forme Avesnelles pour cette date.

Géographie

Avesnelles est traversée par l’Helpe Majeure (69 km), qui prend sa source à Ohain et rejoint la Sambre canalisée à Noyelles-sur-Sambre. Son territoire, entre bocages et reliefs vallonnés, s’inscrit dans la zone de production du fromage de Maroilles. Les communes limitrophes sont Avesnes-sur-Helpe, Étrœungt, Flaumont-Waudrechies, Haut-Lieu et Sémeries.

Histoire

L’oppidum gaulois

À la limite d’Avesnelles et de Flaumont-Waudrechies se trouve un oppidum couvrant 14 hectares, délimité par deux enceintes accolées. À l’est, une élévation circulaire de 60 mètres de diamètre ; au sud, l’entrée principale. Des fouilles en 1986 et 1987 ont révélé que le mur d’enceinte était de type murus gallicus — technique gauloise caractéristique associant bois, pierres et ferrures. Dès 1884, Alexandre Bertrand le comptait parmi les neuf oppida gaulois identifiés en France.

Une ancienne bourgade franque

Avesnelles est une ancienne bourgade franque. Jean Mossay la rapproche de l’Avisina donnée par Charlemagne à l’abbaye de Saint-Denis en 775, bien que cette identification reste discutée. Des fouilles archéologiques ont mis au jour des objets conservés au musée de la Société archéologique d’Avesnes-sur-Helpe.

Le cimetière mérovingien et l’église

L’église Saint-Denys est bâtie au XVe siècle sur l’emplacement d’un ancien cimetière d’origine mérovingienne, en pierre bleue du pays. Au XVIe siècle, elle est fortifiée par l’adjonction d’un porche carré servant de refuge à la population lors des guerres opposant le Hainaut et la France — Avesnelles se trouvant à une dizaine de kilomètres de l’ancienne frontière.

Les liens avec Avesnes — l’eau et la guerre

Au XVIe siècle, la source du Fourmanoir à Avesnelles alimente Avesnes-sur-Helpe en eau potable, acheminée par des tuyaux de chêne cerclés de fer passant sous le rempart du « Boulevard Furieux ». Un charpentier d’Avesnelles, Gilles Noiset, en assure l’entretien. Comme l’ensemble du Hainaut, Avesnelles est rattachée au royaume de France par le traité des Pyrénées en 1659.

L’essor textile (1838–1970)

En 1838, la première filature est créée par Émile Tordeux et Auguste Flament au lieu-dit du Taille-Pieds. En 1874, trois filatures sont en activité. Après 1918, elles sont intégrées dans la Société des Filatures de la région de Fourmies regroupant 25 usines et 350 000 broches. En 1890, le prolongement de la ligne de chemin de fer Lille–Valenciennes jusqu’à Aulnoye et Anor marque l’apogée du village. À partir des années 1970, le déclin du textile entraîne un retournement durable.

Le Maroilles d’Avesnelles

Longtemps liée à la production du fromage de Maroilles, Avesnelles possédait un site de production racheté en 1925 par Paul Fauquet, fondateur d’une marque qui deviendra célèbre dans toute la région.

Patrimoine

Église Saint-Denys

Construite au XVe siècle en pierre bleue au centre de l’ancien cimetière mérovingien, l’église Saint-Denys présente une tour-porche du milieu du XVIe siècle renfermant un portail de style gothique flamboyant. Le chœur est refait vers 1760 ; les chapelles latérales datent de 1590 ; les bas-côtés sont ajoutés en 1938. Parmi les éléments notables : des vantaux de porte Renaissance (1560) et des fonts baptismaux de 1535.

Oppidum gaulois

L’oppidum de 14 hectares à murus gallicus, à la limite d’Avesnelles et de Flaumont-Waudrechies, fouillé en 1986–1987, constitue l’un des témoignages les plus anciens de l’occupation humaine dans l’Avesnois.

Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours

Édifiée en pierre bleue du pays, cette chapelle complète le patrimoine religieux du village.

Stèle Léo Lagrange

Une stèle commémorative à la mémoire de Léo Lagrange est érigée place Marcel-Hardy.

Albums de Croÿ (1597)

La vue d’Avesnelles de 1597, extraite des Albums de Croÿ, constitue le plus ancien document iconographique connu du village.

Personnalités liées à la commune

Prosper Auguste Dusserre (1833–1897), archevêque d’Alger.

Léo Lagrange (1900–1940), homme politique, sous-secrétaire d’État aux Sports et aux Loisirs du Front populaire. Une stèle lui est dédiée place Marcel-Hardy.

Jean Pecqueriaux (1891–1938), sprinteur, champion de France du 100 mètres en 1910.

Héraldique

Le blason d’Avesnelles se blasonne : « Écartelé : aux 1 et 4, d’argent à trois fasces de gueule (Croÿ) ; aux 2 et 3, contre-écartelé France-Albret-Bretagne ; et sur le tout de l’écartelé, de gueules à trois roses d’or (Arenberg). »