Harcigny – 02140

Présentation

Harcigny est un village de l’ancienne Thiérache, situé sur le bord d’un ruisseau à 8 kilomètres au sud-est de Vervins. Donnée à l’abbaye de Bucilly au Xe siècle, la commune la conserva jusqu’à la Révolution — près de neuf siècles de possession monastique. Elle est surtout connue pour avoir vu naître Guillaume de Harcigny (v. 1300–1397), médecin célèbre qui soigna Charles VI de son premier accès de folie. Son patron est saint Martin.

Géographie

Harcigny est traversé par le Vilpion, cours d’eau prenant sa source à Plomion et rejoignant la Serre. La commune comprend la ferme de Gironsart (attestée comme Gilonsart en 1214) et la haie d’Harcigny — qui contenait encore 14 muids de bois en 1211.

Histoire

Don à l’abbaye de Bucilly (Xe siècle)

Harcigny appartenait anciennement aux comtes de Vermandois. Au Xe siècle, le comte Albert le donna à l’abbaye de Bucilly, qui le conserva jusqu’à la Révolution. En 1126, la charte de l’évêque Barthélemy mentionne l’allodium de Harcigny parmi les biens attribués à la communauté de Thenailles. Le village ne paraît pas avoir eu de seigneurs laïcs, et faisait néanmoins partie de la châtellenie de Rozoy.

Guillaume de Harcigny — médecin du roi (v. 1300–1397)

Harcigny est la patrie de Guillaume de Harcigny, l’un des médecins les plus réputés du XIVe siècle. Après une formation à Laon puis à Paris, il voyagea en Italie, en Terre sainte, en Syrie et en Égypte. Il acquit une grande réputation et devint célèbre pour avoir soigné le roi Charles VI lors de sa première crise de démence en 1392. Il mourut en 1397. Son tombeau, endommagé à la Révolution, a été restauré et se trouve aujourd’hui dans la chapelle templière de Laon.

« Guillaume d’Harcigny, médecin célèbre de la fin du 14e siècle, était né dans ce village. » — Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne

Patrimoine

Église fortifiée Saint-Martin — entièrement en briques

L’église Saint-Martin est une église fortifiée remarquable par sa construction entièrement en briques — singularité dans une région où la brique coexiste généralement avec la pierre bleue ou le grès. Elle fut souvent réparée de la fin du XVIe jusqu’au début du XIXe siècle, témoignant des périodes d’insécurité liées aux guerres franco-espagnoles. Harcigny conserve également de belles maisons thiérachiennes.

Pour aller plus loin

  • Melleville — Dictionnaire historique du département de l’Aisne
  • Bénédicte Doyen — Châteaux, abbayes et peuplement en Thiérache, Revue archéologique de Picardie, 2000
  • Wikipedia — Harcigny
  • Chapelle templière de Laon — tombeau de Guillaume de Harcigny