Présentation

Virelles est sans doute la plus ancienne localité du pays de Chimay : le testament de sainte Aldegonde, en 661, mentionne la villa de Virellis — deux siècles avant que Chimay n’apparaisse dans aucun document. Aujourd’hui, le village est surtout connu pour son étang de 80 hectares, l’un des plus grands plans d’eau naturels de Belgique, devenu réserve naturelle et porte d’entrée du parc national de l’Entre-Sambre-et-Meuse.

Étymologie

La forme la plus ancienne, Virellis (661), évolue en Veriel en 1310. Hagemans rattache le nom au roman villare ou à un terme désignant les prés et pâturages. Virelles est mentionné dans les documents bien avant Chimay — ce que Hagemans lui-même reconnaît avec une pointe d’étonnement.

Géographie

Section de la ville de Chimay (province de Hainaut), Virelles se situe à environ 3 km au nord-est du centre-ville. Le territoire est dominé par l’étang qui occupe une cuvette naturelle, entourée de roselières, de prairies humides et de boisements. L’Eau Blanche passe à proximité.

Histoire

Un village plus ancien que Chimay

En 661, le testament de sainte Aldegonde, confirmé par le roi mérovingien, place la villa de Virellis dans le pagus Laumensis — le pays de Lomme, dépendance de l’évêché de Liège. Au VIIe-VIIIe siècle, Virelles est ainsi rattachée à la juridiction liégeoise, aux côtés de Pesche, Couvin et Vaux. Cette dépendance est antérieure à la constitution de la seigneurie de Chimay.

Dans l’orbite de Chimay

Malgré cette ancienneté, Virelles entre dans la mouvance de Chimay au cours du Moyen Âge central. L’acte du 6 novembre 1336, par lequel Jean de Hainaut transmet la seigneurie à sa fille Jeanne, mentionne « une partie de Virelles » parmi les dépendances. Le château de Virelles — dont les parties les plus anciennes ne remontent pas au IVe siècle comme le voudrait la tradition locale — est attesté avant les destructions de la guerre de Trente Ans. En 1637, lors du siège de Chimay par le duc de Candale, le château de Virelles est brûlé.

Patrimoine

L’étang de Virelles

Avec ses 80 hectares de plan d’eau et 160 hectares de zone protégée, l’étang de Virelles est l’un des sites naturels majeurs de Wallonie. Classé réserve naturelle, cogéré par le WWF-Belgique et Natagora, il accueille l’Aquascope — centre d’éducation à l’environnement doté d’observatoires et de sentiers pédagogiques. Depuis 2023, il constitue l’une des portes d’entrée officielles du parc national de l’Entre-Sambre-et-Meuse.

Église et Vieux Château

L’église de Virelles, reconnaissable à son clocher bulbeux, possède une nef unique et trois autels en marbre rouge régional. Elle conserve un trésor modeste mais de qualité : ostensoir-soleil, calice Louis XV, ciboire du XVIIIe siècle. L’immeuble dit le « Vieux Château », rue de Chimay, est inscrit sur la liste de sauvegarde du patrimoine wallon depuis 1998.

Sources historiques

L’attestation de 661 (Virellis) provient du testament de sainte Aldegonde, cité par Hagemans (Histoire du pays de Chimay, 1866, l. 1301-1305 et 1959-1969). Le rattachement au pagus Laumensis et à l’évêché de Liège est documenté par le même auteur (l. 1920-1922). Le château brûlé en 1637 figure dans le récit du siège de Chimay (Hagemans, l. 18125-18228). L’inscription du « Vieux Château » sur la liste de sauvegarde est publiée au Moniteur belge (arrêté du 26 février 1998, etaamb.openjustice.be). Les informations sur l’Aquascope et l’étang proviennent du WWF-Belgique (wwf.be) et de chimayville.be.

Illustration photo Jean-Pol Grandmont