Présentation
Monceau-Imbrechies est un double village de la Fagne, né de la réunion de deux localités distinctes dont les dîmes figurent dans la dotation du chapitre de Chimay dès le Xe siècle. Imbrechies, petite seigneurie tenue en fief de la terre de Chimay, a connu une succession de maîtres de forges qui ont exploité le fer local jusqu’au début du XIXe siècle. Le château d’Imbrechies, construction du XVIIe siècle classée au patrimoine wallon, a été le théâtre des premiers combats de la libération de la Belgique en septembre 1944.
Géographie
Monceau-Imbrechies, en Thiérache Belge, est une section de la commune de Momignies (province de Hainaut), à environ quatre kilomètres à l’est du chef-lieu, entre Macon au sud-ouest et Seloignes au nord-ouest. Le territoire (5,26 km²) culmine à 295 mètres et descend à 201 mètres dans les vallons, dans le paysage ondulé de la Fagne bocagère. Il fait partie du parc national de l’Entre-Sambre-et-Meuse.
Histoire
Deux villages, une dotation
Monceau et Imbrechies sont deux localités distinctes dès le haut Moyen Âge. Vers 940, Eilbertus et son épouse Theresinda dotent le chapitre de Chimay des dîmes de « Maçon, Imbrechies et Monceaux ». En 1191, l’obit de Roger, évêque de Cambrai, mentionne des revenus sur les mêmes dîmes. Le 6 novembre 1336, l’acte par lequel Jean de Hainaut transmet la seigneurie de Chimay à sa fille Jeanne cite nommément Monceau parmi les « neuf villes du Sart de Chimay ».
La seigneurie d’Imbrechies
Imbrechies forme une petite seigneurie tenue en fief de la terre de Chimay. En 1408, Jean de Boussu en est dépossédé pour avoir pris le parti des Liégeois contre le comte de Hainaut — épisode qui illustre les tiraillements entre les deux principautés dans cette zone frontalière. Baudart de Cuvillers, prévôt de Beaumont, en fait l’acquisition. La seigneurie passe ensuite à Guillaume de Bouzanton (1530), puis à Jean de Houssin (1650) et enfin à un sieur Ducarme, maître de forges et exploitant de minières à Villers-la-Tour, à la fin du XVIIIe siècle.
Le fer et les mines
Les propriétaires d’Imbrechies sont, à partir de 1554, maîtres de forges — une activité qui fait écho à la métallurgie ancienne documentée dans tout le pays de Chimay par Hagemans. Des mines de fer sont découvertes au milieu du XVIIIe siècle et occupent une part importante de la population jusqu’aux premières années du XIXe siècle. Après leur abandon, le village redevient strictement agricole.
2 septembre 1944
Le 2 septembre 1944, les troupes américaines libèrent Monceau puis montent au château d’Imbrechies, d’où elles ouvrent le feu sur les Allemands en retraite par la route de Trélon à Salles. La riposte coûte la vie à douze soldats américains, dont un capitaine — premières victimes alliées au service de la libération de la Belgique. La parcelle où se sont déroulés les combats est classée comme site depuis le 29 août 1990. Un musée (Musée 40-44 Lieutenant Cook) y a été construit en 1994.
Patrimoine
Château d’Imbrechies
Ancienne demeure seigneuriale du XVIIe siècle, à deux niveaux sur plan carré, érigée en moellons bruts et pierre de taille calcaire. La façade et les toitures sont classées au patrimoine wallon depuis le 12 octobre 1981.
Église Saint-Marcoul
Bâtie en 1832, l’église est dédiée à saint Marcoul, patron traditionnel des écrouelles. Monceau-Imbrechies n’est devenu paroisse autonome qu’en 1803 — avant cette date, les actes religieux relevaient vraisemblablement de Macon.
Sources historiques
La dotation d’Eilbertus (~940) et l’obit de Roger de Cambrai (†1191) sont documentés par Hagemans (Histoire du pays de Chimay, 1866, l. 2762, 2843 et 5015). L’acte de 1336 est conservé aux archives de Chimay (publié sur chimayville.be). La succession seigneuriale d’Imbrechies (dépossession de Jean de Boussu en 1408, acquisitions successives, maîtres de forges) et les épisodes de 1944 proviennent de la notice historique du CPAS de Momignies (cpas.momignies.be). Le classement du château (1981) et de la parcelle des combats (1990) est documenté par l’Agence wallonne du Patrimoine (qrwallonie.be). La date de construction de l’église (1832) est attestée par le registre du patrimoine touristique (sitytrail.com).
Illustration photo Jean Pol Grandmont