Présentation

Là où la Calestienne bascule vers l’Ardenne, Vierves-sur-Viroin (Viêpe en wallon) se déploie à flanc de coteaux dans un lacet du Viroin — cette rivière née de la rencontre de l’Eau Noire et de l’Eau Blanche qui rejoint la Meuse à Vireux-Molhain, en Thiérache ardennaise. Village d’environ 500 habitants, classé parmi les Plus Beaux Villages de Wallonie, Vierves fut au Moyen Âge le siège d’une seigneurie dont les avoués tenaient Fumay et Revin sur la Meuse. Du XVIe siècle à 1852, la baronnie de Hamal y regroupa Vierves, Oignies-en-Thiérache, Treignes, Le Mesnil et les deux Matagne — un fief liégeois qui fut rattaché au département des Ardennes de 1793 à 1815.

Géographie

Le territoire communal (11 km², section de Viroinval) se situe à la croisée de la Calestienne calcaire et des premières pentes ardennaises. Le Viroin coule dans le creux de la vallée, bordé de coteaux escarpés. Le village fait partie du parc naturel Viroin-Hermeton et du parc national de l’Entre-Sambre-et-Meuse. L’habitat dense, en pierre locale, s’ordonne autour de ruelles pentues qui descendent vers la rivière.

Histoire

Les premiers seigneurs de Vierves

Roland reconstitue la lignée des seigneurs de Vierves à partir du XIe siècle. Guillaume de Vierves (Virvia), vicomte d’Anseremme, meurt vers 1090. Son fils probable, Milon de Vierves, est avoué de Fumay, Revin et Osoigne — un faisceau d’avoueries qui fait de lui un personnage considérable sur la Meuse et ses abords. En 1110, au concile de Reims, Aselard de Chimay fait restituer aux bénédictins de Fleury-sur-Loire les droits que Milon avait établis sur leur villa d’Osoigne, près de Matagne-la-Petite. Robert de Vierves, attesté en 1107, acquiert des biens au Mesnil-Saint-Martin. N’ayant probablement eu que des filles, la seigneurie passe par mariage à Robert de Barbençon, mentionné comme sire de Vierves en 1260.

La baronnie de Hamal

Au XVIe siècle, la seigneurie entre dans la famille de Hamal, qui la constitue en baronnie. Le fief regroupe alors Vierves, Oignies-en-Thiérache, Treignes, Le Mesnil, Matagne-la-Grande et Matagne-la-Petite. Les barons de Hamal exercent la charge de hauts baillis de l’Entre-Sambre-et-Meuse sous le régime français. Leur domination dure jusqu’en 1852.

Le XVIe et le XVIIe siècle laissent des traces sombres : le château est le théâtre de procès de sorcières et subit un incendie — vers 1762 ou 1775 selon les sources — avant d’être reconstruit dans l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui.

Le département des Ardennes (1793-1815)

Le 3 juin 1793, Vierves et les localités de la baronnie sont rattachées au département des Ardennes — les riverains de la Meuse rejoignant administrativement les communes françaises dont ils partagent le bassin versant. Le second traité de Paris, en 1815, les transfère en province de Namur.

Patrimoine

Château des comtes de Hamal

D’origine médiévale (XIe siècle), le château a été reconstruit au XVIIIe siècle après l’incendie. Il domine le village depuis le rebord du plateau.

Église Saints-Rufin-et-Valère

L’église actuelle, construite en 1788, a été rénovée vers 1900 par l’architecte Van Gheluwe. Le cimetière abrite un mausolée néoclassique de 1906.

Lavoir couvert

Le lavoir du XIXe siècle, classé au patrimoine wallon, est l’un des éléments les plus photographiés du village.

Sources historiques

Roland, dans son Histoire généalogique de la Maison de Rumigny-Florennes (1891, p. 117-118), reconstitue la transmission de la seigneurie de Vierves et ses avoueries. Villermont consacre une étude à la « Baronnie de Vierves » dans les Annales de la Société archéologique de Namur (t. 30). Hemricourt, dans le Miroir des nobles de Hesbaye, décrit les armes des Vierves-Barbençon : d’azur à trois lions d’or, couronnés et armés de gueules.

Illustration photo Hektor