Présentation

Champlin, 73 habitants, est un village traversé par la RD 877 bordée de tilleuls, labellisé 1 fleur, dans la Thiérache ardennaise. Avec Antheny et Auge, il formait autrefois un seul ensemble villageois. L’église Sainte-Marguerite conservait une boîte aux saintes huiles en argent du XVIIIe siècle, aujourd’hui déposée au Trésor des Ardennes, à la basilique de Charleville-Mézières.

Histoire

Un village de la châtellenie de Girondelle

Champlin relevait, pour moitié au moins, de la châtellenie de Girondelle, qui englobait entre 1230 et 1400 une douzaine de villages de part et d’autre de la Sormonne. Meyrac, citant des notes manuscrites de Feuillet de Fontenelle communiquées par l’archiviste Paul Laurent, rapporte que Champlin fut pillé et brûlé en 1648 par les Espagnols — épisode qui s’inscrit dans le cycle de destructions de la guerre de Trente Ans et de la Fronde dont souffrit tout ce secteur, d’Auvillers à Girondelle.

Patrimoine

Église Sainte-Marguerite (anciennement Saint-Nicaise)

L’église, aujourd’hui dédiée à sainte Marguerite, portait encore le vocable de Saint-Nicaise en 1844, lorsque le curé Geoffroy — le même qui consigna la légende de la Motte d’Antheny — en rédigea l’historique. Le lien avec l’abbaye Saint-Nicaise de Reims, décimateur attesté pour Antheny en 1689, se retrouve ici dans le vocable même de l’édifice. Un pan de mur d’origine conserve une petite baie romane qui pourrait faire remonter la construction au XIe ou au XIIe siècle. Le chevet présentait encore deux tourelles à la place des pans coupés jusqu’en 1834 — dispositif défensif comparable à ceux des églises fortifiées voisines. Lors de travaux de déblaiement de la partie occidentale, les substructions de deux autres tours furent mises au jour de chaque côté du portail, confirmant un programme de fortification d’ampleur pour un édifice de cette taille.

L’édifice actuel, remanié en 1829, présente un plan allongé avec nef à vaisseau unique, chœur à travée droite et abside à trois pans. Le clocher hors-œuvre, bâti en pierre de taille calcaire blanche, marque la façade occidentale et accueille un vestibule au rez-de-chaussée, surmonté d’une chambre des cloches et d’une flèche polygonale en ardoise. Dans le chœur, un dallage de carreaux d’ardoise de trois teintes simule un effet de cubes en perspective. La boîte aux saintes huiles en argent du XVIIIe siècle, classée monument historique en décembre 2019, est aujourd’hui conservée au Trésor des Ardennes à Charleville-Mézières.

Sources historiques

Albert Meyrac, Géographie illustrée des Ardennes, 1900, p. 486 (notice Antheny : « Antheny, Champlin et Auge ne formaient autrefois qu’un seul village ») et p. 496 (notice Girondelle : châtellenie englobant Champlin), mention hors zone (ligne OCR 4735, notes de Feuillet de Fontenelle communiquées par Paul Laurent) — Abbé Geoffroy, curé de Champlin, historique de l’église, 1844, cité par Gertrude — Collection Gourjault : extraits des registres du Conseil d’État, 3 p. ; « Foulzy-Girondelle-Champlain », papiers de justice, 4 p. — Inventaire général du patrimoine culturel, notice IA08001595 (église Sainte-Marguerite).

Illustration photo Havang(nl)